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Transports en Ile-de-France : l'ouverture à la concurrence commencera en 2023

ARTICLE. L’arrivée de nouveaux exploitants devrait se faire progressivement entre 2023 et 2033, avec un premier appel d’offres qui sera lancé dès l’an prochain. Le début d’une privatisation inquiétante pour les salariés et les usagers.

Transports en Ile-de-France : l'ouverture à la concurrence commencera en 2023

C’est encore une brillante idée de l’Europe : l'ouverture à la concurrence des lignes SNCF et RATP a été votée par le conseil d'administration d'Ile-de-France Mobilités, en charge des transports dans la région. L'autorité régionale des transports prépare son premier appel d'offres mi-2021qui concernera les lignes de trams-trains T4 et T11, mais aussi la branche Esbly-Crécy de la ligne P. Le nouvel exploitant sera choisi en 2022 et l’exploitation débutera en décembre 2023.

Ile-de-France Mobilités prévoit également la mise en concurrence des futurs trams-trains T12 et T13, dont la construction est toujours en cours. L’appel d'offres sera lancé en 2022 pour une mise en service en décembre 2024. Progressivement, les lignes J, L de la gare Saint-Lazare seront concernées en 2025 et les N et U de la Gare Montparnasse un an plus tard. La ligne R de la Gare de Lyon se verrait concernée en décembre 2026 ou 2027, tandis que ligne P (Gare de l'Est) et le RER E le seront en décembre 2027. Les lignes D et C seront les dernières à subir ces changements : les trains concurrentiels ne circuleront qu’à partir de décembre 2032 et décembre 2033.

La SNCF, qui perd son monopole, « a l'intention de se présenter à tous les appels d'offres (...) pour espérer conserver le maximum de parts de marché », a assuré son PDG Jean-Pierre Farandou. « Je suis conscient que face à nous, nous aurons des concurrents déterminés, pour qui cette ouverture est stratégique. Ça veut dire des gens qui se sont préparés, qui ont montré qu'ils savaient déjà faire du ferroviaire », a-t-il expliqué à l'AFP.

Face aux critiques de cette mise en concurrence qui pourrait avoir des effets délétères sur la qualité du réseau, Valérie Pécresse, présidente d’IDFM, a affirmé que cette ouverture à la concurrence n’était pas synonyme de privatisation (!), « même si elle permet effectivement à un opérateur privé de faire rouler des trains sur le réseau francilien. Cela nous permettra de challenger la SNCF, à la fois sur la qualité de service et aussi sur le prix ». Avant de vanter le modèle allemand, qui a, selon elle, permis d'augmenter la fréquentation des transports et fait baisser les coûts d'exploitation en augmentant la productivité.

Pas certain que cette explication rassure les salariés et les associations d’usagers : « Ce qui nous fait peur, c'est de mettre en concurrence en premier les lignes du réseau Saint-Lazare, qui est très complexe, avec un train toutes les 30 secondes, sans avoir de retour d’expérience », s’inquiète Arnaud Bertrand, président de l'association d'usagers Plus de Trains.  « Comment on fait si cela ne marche pas. Regardez pour le Vélib', avec le changement d'opérateurs, il y a eu des problèmes pendant un an. On ne peut pas risquer d'avoir la même chose sur les trains de banlieue ».

Une privatisation qui va forcément impacter le réseau et les agents, car le coût va devenir l'élément clé des futurs contrats. Face au gouvernement qui poursuit et amplifie sa politique de démantèlement, les syndicats dénoncent « une véritable provocation à l’encontre de ceux qui depuis le début de la crise sanitaire sont en première ligne ». « Les libéraux veulent nous faire croire que la concurrence est la solution, nous pensons que c’est le problème et pour résoudre le problème des services publics qui ont fait toutes leurs preuves pendant la crise sanitaire, nous devons plutôt les renforcer et leur donner des moyens plutôt que de les détruire et services des intérêts privés », s’indigne Romain Pitelet, secrétaire général à la CGT Cheminot Paris Rive Gauche.

Dès l’annonce du vote, les syndicats de la SNCF ont manifesté devant le siège d'Ile-de-France Mobilités mercredi matin à l'appel de la CGT, Sud Rail, et Solidaires. Le syndicat Solidaires RATP a appelé à « une convergence RATP/SNCF » afin de maintenir la pression sur le gouvernement.

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