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OTAN arabe, les US tentent une OPA militaire sur le Moyen-Orient Abonnés

En 2017, Américains et Saoudiens annonçaient la création du « Middle East Strategic Alliance » (Alliance stratégique du Moyen-Orient). Les US souhaitent en prendre le commandement afin de réduire leur présence militaire tout en gardant le contrôle de la nouvelle structure. Assez décrié au lancement, ce projet aura-t-il la chance de voir le jour ?

OTAN arabe, les US tentent une OPA militaire sur le Moyen-Orient

Lors du sommet arabe islamo-américain de 2017, Américains et Saoudiens ont annoncé la création du « Middle East Strategic Alliance » (Alliance stratégique du Moyen-Orient) dont l’objectif est de « contribuer à la paix et à la sécurité de la région et du monde. » Riyad déclare vouloir lutter contre le terrorisme, la piraterie et l’influence de l’Iran. L’objectif de Washington est de mettre l’alliance sous commandement américain afin de réduire sa présence militaire tout en gardant le contrôle de la nouvelle structure. En janvier 2020, Trump employa le terme de NATOME (OTAN du Moyen-Orient). Cet Otan arabe serait composé d’Etats musulmans sunnites (essentiellement ceux du Conseil de coopération du Golfe : Qatar, Koweit, Oman, Arabie Saoudite, Bahreïn et les Emirats arabes unis). Assez décrié au lancement, ce projet aura-t-il la chance de voir le jour à l’aune de la nouvelle présidence américaine ?

Le projet est ambitieux et les Américains doivent également composer avec les tensions locales notamment entre le Qatar d’un côté et l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis de l’autre. La position concernant Israël est cruciale également et Trump n’a pas ménagé ses efforts pour tisser des relations entre les puissances sunnites et Tel-Aviv. Tout en assurant un partenariat fort avec les pays du Golfe, la mise en œuvre du projet doit permettre aux Etats-Unis de respecter les conditions du « mémorandum d’accord » sur l’assistance militaire signé avec Israël. Dans le même temps, Washington craint que la suppression progressive de la présence militaire américaine ne créé un vide que l’Iran pourrait combler. L’«Alliance stratégique du Moyen-Orient » deviendrait un contrepoids à l’Iran, avec lequel Tel Aviv est en confrontation ouverte, et pourrait unir les Etats arabes autour de l’opposition à Téhéran. Mais en cas de situation litigieuse pouvant survenir à la fois au sein de l’alliance elle-même et le long de ses frontières extérieures, les Etats-Unis prendraient le parti qui leur est le plus avantageux pour des raisons politiques et économiques. En cas de conflit entre Israël et l’un des pays participants à l’OTAN arabe Washington soutiendrait sans aucun doute Israël.

Le projet peine à avancer mais en raison de leurs intérêts géopolitiques au Moyen-Orient, les Etats-Unis sont contraints d’accélérer le processus de formation d’un nouveau bloc militaire.  La création d’un OTAN du Moyen-Orient répond exclusivement aux intérêts géostratégiques américains. Après avoir soumis les forces armées de nombreux pays européens, dont la France, au sein de l’OTAN, Washington compte étendre son emprise militaire sur les pays arabes et notamment sur les pays producteurs de pétrole.

Cette initiative permettrait à Washington de fixer le cap militaire et politique régional de ses alliés tout en réduisant le nombre de ses troupes. En outre, la Maison Blanche, en imposant l’interopérabilité entre les différentes armées, augmenterait considérablement sa part de marché dans la vente d’armements procurant d’énormes profits à ses entreprises de défense au détriment des industries d’armement française, russe et chinoise. Il est certain que Biden ( comme l’aurait fait Trump ), tentera de poursuivre la mise en place du programme. A Washington, si un président peut partir au bout de quatre ans, les faucons de guerre aux manettes du complexe militaro-industriel, eux, ne partent jamais.

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