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Agnès Buzyn recasée à l’OMS pour gérer la crise sanitaire

ARTICLE. L’ex-ministre de la Santé, fustigée pour sa gestion lamentable de la crise sanitaire, va occuper le poste d'"envoyée du directeur général" de l’Organisation mondiale pour la santé ( OMS ) pour les "affaires multilatérales". Elle sera également en charge de la gestion de crise de la Covid-19.

Agnès Buzyn recasée à l’OMS pour gérer la crise sanitaire

L'ancienne ministre française de la Santé Agnès Buzyn a annoncé mardi 5 janvier sa nomination à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève afin d’y occuper le poste d'"envoyée du directeur général" pour les "affaires multilatérales" au sein du cabinet du directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. En clair, un rôle d'ambassadeur de l'OMS auprès du G7, de l'ONU et de la fondation Bill Gates, l'un des principaux financeurs privés en matière de santé mondiale.

Mais, plus étonnant, sa mission consistera également à "coordonner" la "diplomatie sanitaire" de l'OMS face à la pandémie de la Covid-19. Entrée en politique et au gouvernement en mai 2017 après la victoire d'Emmnanuel Macron, Agnès Buzyn avait pourtant été débarquée de son poste de ministre de la Santé en février 2020, en pleine effervescence de la Covid-19, pour une mission kamikaze : remplacer Benjamin Griveaux en tant que candidat LREM à la Mairie de Paris (elle finira 3ème,  derrière Rachida Dati). C’est dire à quel point le président de la République trouvait sa ministre compétente.

Curieux choix aussi pour une institution internationale comme l’OMS que celui d’une ex-ministre de la Santé française mise en cause et auditionnée par l’Assemblée nationale puis le Sénat l’été dernier pour sa gestion de ladite pandémie. Pour rappel, le 24 janvier 2020, Agnès Buzyn estimait le risque d’importation du virus en France « modéré » et même « pratiquement nul ». Cette légèreté ministérielle avait donné lieu à une enquête ouverte par la Cour de justice de la République (CJR)  aboutissant mi-octobre à une perquisition de son domicile. Dernier acte en date, et pas des moindres : une information judiciaire ouverte fin décembre après la plainte d’un patient atteint de la Covid-19 en Moselle, sorti de plusieurs semaines de coma, et qui attaque l’ex-ministre de la Santé et son successeur « pour l’organisation générale du système de santé par les pouvoirs publics ». Une plainte que la justice a jugé recevable, et qui pourrait donner des idées à d’autres.

Ce recasage en bonne et due forme pour celle qui a eu le privilège de symboliser à la fois l’échec de La République en marche (LRM) aux élections locales et l’incapacité du gouvernement à stopper l’épidémie de Covid-19 a dès sa confirmation provoqué de vives réactions en France. Le député RN Sébastien Chenu a dénoncé un "recasage entre copains", et le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, un "copinage" de "l'entre-soi macroniste". Le député LFI Bastien Lachaud a quant à lui fustigé l'ancienne ministre qui a réussi grâce une "oligarchie" où "la nullité, la défaite, la lâcheté sont récompensées".

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