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Michel Onfray : Plaidoyer pour un homme que d’aucuns voudraient faire taire Abonnés

OPINION. Le texte d’un abonné, parvenu à la rédaction alors que Michel Onfray était touché par le Covid. Une contribution en forme d’hommage à la personne et à la pensée du philosophe, et plus généralement à son combat et son engagement.

Michel Onfray : Plaidoyer pour un homme que d’aucuns voudraient faire taire

Par Toutatis, les Dieux de l’Olympe et du Parthénon réunis ! Michel ONFRAY est souffrant ? D’aucuns, parmi ses détracteurs s’interrogent : faut-il faire taire Michel Onfray ? Faut-il « brûler » Michel Onfray ? Clairement Non ! Au nom de quoi une telle haine ? Il convient dès lors, de plaider pour un tel homme, courageux, généreux et intellectuellement riche. Pourquoi ce plaidoyer qui est aussi un hommage ? D’abord les hommages, c’est du vivant de la personne qu’il faut les faire, pour lui donner du courage ; quant au plaidoyer, c’est pour le remercier de sa pugnacité, de son énergie, de sa brillance, pour sa philosophie de la vie, son sens de l’humain, son enseignement. Pour partager mon ressenti en soutien à son état de santé ; pour nous avoir aidés à tenir le coup, d’être un porte-voix, pour nous éloigner de la peur de sa disparition, peut-être nous donner la force de mourir dignement.

Michel Onfray serait inquiétant ? Brûler Michel ONFRAY, en voilà une idée tordue. Soulignons son combat : d’une part, contre l’illusion, le dogme, non pas contre les êtres qui ont la foi, ni une pratique religieuse, pourvu qu’ils soient discrets conformément aux règles de la laïcité ; fussent-ils psychanalystes, ces derniers, pour les plus égarés, vénérant Freud, quand ce n’est pas Lacan comme un Dieu, s’autorisant d’eux-mêmes ; étonnant non, que de déifier un homme ? D’autre part, envers les idoles littéraires, volontiers complaisantes avec les idéologies meurtrières, « fortes avec les faibles, faibles avec les forts », il est normal que ceux qui en vivent ou en partagent les bénéfices s’en accommodent mal ; qu’ainsi les dénoncer attire les foudres sur ceux qui les critiquent « furieux d'avoir vu le voile se lever ». Peut-être pourrait-on reprocher à M. Onfray une certaine ambivalence politique ou idéologique, mais assurément pour le plaisir d'un débat contradictoire, de la « disputatio ». Sa position sur Camus qui choisit de s'occuper de sa mère plutôt que d’une "justice violente" (terrorisme) pour obtenir l’indépendance, en dit long sur son sens de l'humain et du juste, de la justice, contre les violences, les haines, les racismes, porteurs de souffrances multiples et bien inutiles, contre les milliers d'innocents sacrifiés par une violence aveugle d'intellectuels partisans, pervertissant le sens des mots et préférant avoir tort avec Sartre que raison garder avec Camus !

Le nazisme islamique, qui sévit en France, ne démentira en rien cette approche. Pas davantage les différents crimes, dont l’horrible décapitation de Mr Samuel Paty, professeur d’histoire, pour avoir fait œuvre de pédagogie en promouvant les principes républicains de laïcité, utilisé la libre expression que les lois françaises autorisent. Un stratagème surréaliste entre un « dieu islamiste » inexistant qui relève de la foi et une religion s’autorisant à imposer sa loi sur notre territoire, par petites touches de visibilité avec la complaisance des autorités, indispose autant qu’il inquiète. Car c’est au nom de la lutte contre l’islamophobie, elle aussi inexistante, car inventée par les frères musulmans, que l’islamisme s’impose (charia, voile, blasphème). La phobie de l’islamisme est devenue bien réelle et c’est heureux, car on a encore le droit d’avoir peur des idéologies destructriceset de personnes détraquées manquant d’éducation, de discernement, sans conscience, ainsi, d’avoir des ressentis ! Car enfin, au nom de quoi et comment serait-il répréhensible de dessiner librement une caricature et d’en arriver à décapiter un Professeur ? Convenons que le mode d’expression est disproportionné. Qu’en l’espèce, évoquer le délit de blasphème est donc délirant et inconséquent. En ce sens la question de Michel Santacroce « Onfray coi maintenant ? » apparait incongrue. Selon cet auteur, « L’autre ONFRAY philosophe, (…) hédoniste (…) pose plus de problème qu’il n’apporte de solutions. Cet Onfray-là est beaucoup plus terrifiant, il casse beaucoup et construit peu ». Prise ici en véritable flagrant délit d’opinion, de procès d’intention et de jugement de valeurs, par une frange « bien-pensante » culpabilisatrice d’intellectuels zélés cette thèse ne tient pas. Force est de constater que Michel Onfray Casse peu et construit beaucoup. Par ses productions, il permet à quiconque le souhaite, par l’effort, de philosopher, de s’élever à la connaissance. En cela, il n’est pas un Dominus, mais un véritable Magister, qui souhaite non seulement que son enseignement soit compris mais qu’il soit dépassé.

Osons le dire Michel Onfray frappe juste. Il cherche par-delà Nietzsche à penser, selon l'esprit de Spinoza, vers une philosophie du bonheur, pour ainsi nous conduire vers une réflexion constructive, contenue dans l'idée de son traité sur l’éthique de « ne pas juger, ne pas se lamenter, mais de comprendre ». Hélas ! Comme il le dit lui-même selon l’esprit de Nietzsche : « les gens préfèrent des mensonges qui les rassurent, que des vérités qui les dérangent. », tout cela bien souvent parce qu’ils n’aiment pas être contredits. Michel Onfray permet de guider la pensée hors des sentiers battus. Ancré dans le réel d'un appareil d'État profond et de ses apparatchiks qui nous font prendre des vessies pour des lanternes, les symboles forts, ne manquent pas. Comme Molière, il châtie les mœurs en riant ! Rions-en !

De son côté en effet, convenons-en, il s’attache, par sa pertinente impertinence à déboulonner les idoles, Sartre, Freud, et bien d’autres ; aussi les religions en tant que leurres de l’esprit et de la pensée, en ce qu’elles vénèrent l’invisible, toutes veuleries et tendances addictives, qui ont anesthésié notre esprit critique et toutes réflexions depuis des siècles. C’est ce que tendent à démontrer aussi, par leurs rancœurs tenaces, les "bobos" parisiens, notamment parmi eux, ceux issus des provinces, voulant faire tendance, faisant en fait le lit de la « terreur ». Tel un esprit scientifique il démonte méthodiquement preuve à l’appui, les vérités révélées au profit de vérités acquises, fustigeant avec humour acerbe, les idoles donnant à voir leur crépuscule et en bon philosophe la petitesse de leur grandeur.

En cela nous pouvons mettre chapeau bas à Michel Onfray, qui ne crie pas avec les loups. Il démonte la fabrique du pouvoir et du consentement construisant une "bien pensance" dont nos sociétés ont le secret, relayant la pensée unique au nom de l'unique pensée. Par média et réseaux interposé, charlatans et usurpateurs en tous genres, se réunissent confondant excellence et médiocrité, intelligence et bêtise sous couvert de pseudo science et d’experts. La mentalité twitter est née. C’est cela que dénonce Michel Onfray, après les religions, les idéologies moralistes, d’autres coachs du « bien-être », du bonheur font leur apparition au service d'un pouvoir suffisant et pédant ; la « moraline » qui découle d'un "savoir pouvoir", sphère de l'entre-soi, dont le seul but à atteindre est précisément le pouvoir. Comme une nouvelle religion. De nouvelles professions naissent, s’affublant du nom de sciences, ce qu’elles ne sont pas, arnaquant les pauvres gens ayant besoin d’être rassurés (tels les psychothérapeutes, tombant sous le coup de l’amendement Accoyer ; voire certains psychologues, utilisant des pratiques qui n’ont rien de scientifique, telle la psychanalyse, à savoir qu’en qualité d’experts les psychanalystes sont désormais interdits de prétoire aux Assises. Et pour cause, après une « formation » pour le moins floue, les gens s’adoubent entre eux. Chez ces gens-là, on convoite à l’envie une position de clinicien sans ordre, ni contre-ordres, ni contrôles. Visant aux mêmes habilitations, quoiqu’ils s’en défendent que les médecins psychiatres. L’exemple de l’expertise aux assises en dit long sur les limites de leur rôles respectifs souvent ambivalents. Un « miroir aux alouettes » de plus s’est brisé. Même chez de prétendus juges « impartiaux » indépendants s’exprimant par « murs des cons » interposés, impulsés par une ultra gauche désireuse d’abolir tous privilèges hérités de la révolution française. La délation leur va si bien, y compris au sein de nos institutions. Il suffit pour comprendre, de lire le texte d’Hervé Lehman, « La harangue du juge Baudot reste la bible de la gauche judiciaire » (Le figaro - 24 06 20 à 12 :14). « Il fixe Trois lignes directrices dont la plus forte est la suivante : soyez partiaux (…) Examinez toujours où sont le fort et le faible qui ne se confondent pas toujours avec le délinquant et sa victime ; Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour le fils contre le père… ; nous sommes loin on le voit, de la recherche de la vérité sans préjugé.

Michel Onfray n’est donc pas inquiétant. Force est de constater qu’il y a plus inquiétant que lui, n’en déplaise à Michel Santacroce, l’autre Onfray, « intellectuel, philosophe, hédoniste, etc… » ne pose pas de problèmes, il apporte des solutions, en cultivant un art de vivre, l’intelligence de la raison, en développant un esprit critique. Trouvant est-il besoin de le rappeler, dans les paroles de Léo Ferré la synthèse la plus aboutie : « ni dieu, ni maitres » !

Être citoyen ! Penser par soi-même !tout est là. Qui sait aujourd'hui que le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne faisant école encore aujourd’hui ? (Cf. Johan Chapoutot – « libres d’obéir »). Rien d’étonnant que les méthodes de management ne soient devenues de nos jours un "spoil-system" (gestion des dépouilles à la française) avec ses lanceurs d’alerte, ses tortionnaires, ses suicides, ses tentatives de meurtre (Cf. F. Nicolas, diplomate au Benin, victime du devoir pour le bien public) ; Autant d’énigmes non résolue, de souffrances au travail, il conviendrait d’ouvrir les placards ! C’est cela, me semble-t-il, que propose Michel Onfray, en voulant décoloniser les provinces, dépoussiérer nos croyances et certitudes, ouvrir les yeux sur la réalité visible du monde de cette bourgeoisie dépravée, passéiste qui offense et détruit pour son seul confort et de constater que les moutons ne sont pas tous blancs. Qu'ils sont peut-être des loups pour l'humain, au plus profond de son humanitude. Qu’enfin la compétence n’est pas que centralisée à Paris, par un jacobinisme outrancier, qui ne tient pas compte de la réalité locale des Provinces. Voilà pourquoi Michel Onfray ne doit pas se taire et encore moins être brûlé.

Qu’ainsi, serais-je devenu agnostique, volontiers athée, j’espère avec force et vigueur que Toutatis, les Dieux de l’Olympe et du Parthénon réunis le garderont près de nous, pour notre grande joie et notre grand bonheur. « Soyons heureux malgré tout ! » comme nous incitait naguère feu Renée Boviatsis (mon professeur de philosophie), avant que Michel ONFRAY « désavoue pour notre bonheur et notre honneur les pédants, les minus, les minables ». Autant de mots forts pour lutter contre nos maux, qui ne vont pas sans nous rappeler que la vie est courte et le sens hédoniste qu’il convient de lui donner « Livrons-nous au plaisir d’exister ». Carpe diem !C’est ce sens-là que nous invite à prendre en digne pédagogue Michel Onfray, en ce qu’il nous empêche de mourir idiot. Ainsi devenir tout un programme de vie, de longévité, en cette période de confinement imposée par des hommes et des femmes servant de faire valoir, sans compétence, devenus fous, face à un ennemi commun. Car ne nous y trompons pas, Michel Onfray invite tout autant au combat qu’à la réflexion ; Il incite à apprendre à vivre, en conscience et dignité, c’est-à-dire à mourir en Romain !

Pour toutes ces raisons, il ne faut pas faire taire, pas davantage brûler Michel Onfray. Il est celui en qui, par sa mentalité, son comportement, son action, je me retrouve Citoyen. Avec Michel Santacroce, dire finalement « je ne suis rien, au plan institutionnel, rien au plan scientifique, rien au plan philosophique, non ! Rien de rien… ». Qu’un simple spermatozoïde devenu humain, lequel après de nombreuses métamorphoses, devenu Dren Droit, censé « intéresser la société toute entière » ; Cherchant bien modestement à se rendre utile jusqu’à vouloir devenir avocat. C’est au fond en pur « produit » de la civilisation « post moderne », qu’enfant de Marianne, par l’éducation reçue d’un père officier de marine et d’une mère infirmière ; j’ai assimilé les valeurs humanistes. Voilà au nom de quoi j'apprécie les ouvrages de Michel Onfray et maintenant « Front populaire ». Les analyses qui y sont produites, ainsi que les différents contributeurs, même si je ne les apprécie pas tous, la qualité réflexive certaine, m’a encouragé à produire modestement cette bien moins talentueuse, mais sincère contribution.

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