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Covid-19
Confinement : sous l’angle de la pyramide des âges

OPINION. Par amour de l’antithèse, posons-nous la question suivante : Et si le confinement pour tous n’était pas l’aboutissement de la solidarité mais de l’égoïsme individuel ? Un texte qui va faire débat.

Confinement : sous l’angle de la pyramide des âges
Publié le 14 janvier 2021

Selon le président Macron, 85% des victimes du Corona ont plus de 70 ans.

Or nous confinons tout le monde et pas uniquement les plus fragiles.

La justification donnée est principalement morale : Nos valeurs sont indépassables. L’humanisme commande de ne pas faire des distinctions. Nous sommes tous solidaires.

Il serait ainsi moralement indigne de faire un confinement différencié selon l’âge, léger pour les plus jeunes et de plus en plus strict quand on arrive dans les groupes statistiquement à risques. Il serait également scandaleux de demander que, comme pour la grippe, seuls les plus âgés se fassent vacciner. Au contraire, certains réclament que les jeunes soient les premiers vaccinés, parce que, voyez-vous, nous sommes tous dans le même bateau et ils ont plus d’interactions et propagent donc la maladie.

Quand le maire de Moscou interdit les transports en commun aux seuls plus de 65 ans, afin de maintenir le plus possible la vie économique de sa ville, il démontre son cynisme et son immoralité.

Par amour de l’antithèse, posons-nous la question suivante : Et si le confinement pour tous n’était pas l’aboutissement de la solidarité mais de l’égoïsme individuel ?

Dans une société où l’intérêt collectif prime sur l’égoïsme, où l’harmonie de la communauté prime sur le confort individuel, les personnes à risque ne se mettent-elles pas spontanément en retrait, de peur de mettre à mal cette harmonie ?

Si je ne peux plus aller au cinéma parce que je suis potentiellement allergique à l’odeur du popcorn, et que j’invoque la solidarité pour exiger que plus personne ni aille, suis-je un humaniste ou un égoïste ?

Quand l’intérêt collectif (du groupe, de la communauté, de l’espèce) prime, les anciens ne sont-ils pas prêts à se confiner seuls, pour laisser aux plus jeunes le droit de vivre leur vie le plus normalement possible ? Au lieu de les critiquer, de réclamer leur fichage et leur mise au pas, ne sont-ils pas prêts à les plaindre et à assumer seuls les désagréments qu’impose leur nécessaire et légitime protection ?

L’espérance de vie en 1945 était de 60 ans, elle est aujourd’hui de 80 ans. Dans les années 50-60-70-80, quand un politique voulait se faire élire, la majorité de ses « clients » avaient entre 18 et 60 ans. Mais depuis, la pyramide des âges s’est inversée, elle repose sur la tête. Pour être élu, il faut désormais convaincre les plus de soixante ans, quitte à marcher sur la tête.

Au-delà des blablas sur les valeurs, envisageons l’hypothèse suivante : Les retraités sont démographiquement et donc électoralement les plus forts, ils sont le groupe cible à privilégier politiquement et médiatiquement, pour rester au pouvoir. Dans la crise du Corona, il aurait été politiquement impensable de leur demander de fournir seuls les efforts.

Solidarité ou gérontocratie larvée ?

Le tableau suivant illustre quelle pourrait être une politique se souciant uniquement de l’intérêt général :


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