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Une forêt de pins sacrifiée sur l’autel de l’écologie photovoltaïque Abonnés

ARTICLE. Un nouveau parc de panneaux photovoltaïques de 1000 hectares pourrait voir le jour en Gironde. Problème : il faudra abattre une partie de la forêt de pins qui habite actuellement le lieu.

Une forêt de pins sacrifiée sur l’autel de l’écologie photovoltaïque
Publié le 18 janvier 2021

La nature va peut-être devoir s’incliner devant la toute-puissance de l’écologisme politique. En Gironde, un nouveau parc de panneaux photovoltaïques pourrait voir le jour prochainement. Il s'agirait alors du plus grand centre en France. D’une taille de 1 000 hectares, Horizéo occuperait 4 fois plus d’espace que Cestas, actuelle plus grande centrale solaire française, située à quelques kilomètres de la futur implantation. Le site de la commune de Saucats a été choisi pour sa proximité avec un poste de transformation de RTE ( réseau de transport d’électricité ).

Principal grief qui accompagne le projet : le futur espace des panneaux est déjà occupé par une forêt de pins maritimes. Fatalement, il faudra les détruire afin de laisser place à la future centrale. 1 000 hectares, soit un peu plus que la taille du bois de Boulogne, ou l’équivalent de la commune de Bègles (27 000 habitants), devraient être sacrifiés à l’occasion. Soit 14 % du parc boisé de la commune.

Pour compenser cette perte d’espace forestier, les deux opérateurs en charge du projet industriel, Engie et Neoen, devraient être soumis à une obligation de plantation équivalente ou doublée. De quoi rassurer les associations environnementales… ou pas. La Sepanso, regroupement de diverses associations de défense de l’environnement est plus que critique envers le projet. Dans un département, l’Aquitaine, qui exporte 25% de son électricité, l’impératif énergétique du projet ne saute pas aux yeux. Pour Sepanso, les énergies renouvelables ont leur place, mais dans des terrains artificialisés. A savoir déjà bitumés ou construits. Le choix géographique de l’emplacement d’Horizeo n’aurait été fait, selon eux, que pour la topographie plate et pour le faible prix de la surface foncière.

Chez Engie, on rétorque que les bois en question sont de toute façon destinés à la production du bois et donc à l'abattage régulier de la forêt. Et l’on vante également la nature du projet et ses bienfaits : pour un coût estimé à un milliard d’euros d'investissement, les panneaux pourront alimenter l’équivalent de la consommation d’électricité de 600 000 habitants. Un argument curieux, au passage, car l'électricité sera revendue à des entreprises et non à des particuliers. Quant à la dimension écologique, on l’assure, le projet sera exemplaire et privilégiera la préservation de la biodiversité, laquelle s’épanouira sous les panneaux (et sans soleil).

La centrale de panneaux, qui représente 650 millions d’investissements, sera également accompagnée d’une unité de production « d’hydrogène vert », d’un espace agrivoltaïque et d’un espace de stockage de batterie. Le maire de Saucats, Bruno Clément a déjà donné un accord de principe au projet, lequel devrait être débattu lors d’une consultation locale au cours du premier semestre 2021. Devront être tranchées les questions de rétention d’eau et de risque d’inondation qu’un tel projet pourrait provoquer sur l’environnement proche du site.

Le préfet pourra se saisir de ces éléments pour bloquer la suppression de 1 000 hectares de pins maritimes. Mais il sera alors placé entre le marteau et l’enclume, entre l’écologie pragmatique - la sauvegarde du patrimoine forestier – et l'écologisme gouvernemental qui impose l’installation de nouvelles sources d’énergie verte à tout prix. Peu de chance, dès lors, que le projet n’aboutisse pas : entre la lutte contre le nucléaire et l’écologie de bon sens, pour Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, le débat est tranché depuis longtemps.

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