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Pédophilie : Sonia Mabrouk, intraitable face à Jack Lang Abonnés

ARTICLE. « On a fait une connerie et basta ! » Jack Lang est quelque peu sorti de ses gonds ce matin lors de l’interview politique d’Europe 1. Interrogé sur l’affaire Duhamel et les mœurs d’une certaine gauche caviar, l’ancien ministre a été malmené par les questions percutantes de Sonia Mabrouk.

Publié le 18 janvier 2021

L’entretien était pourtant plutôt bien parti pour l’ancien ministre de la Culture, qui a d’abord étalé son dégoût sans nuance de Trump et de ses partisans. Toutefois, il est vite relancé par Sonia Mabrouk qui ne manque pas sa transition : « Vous gardez intacte votre capacité à vous indigner. Que pensez-vous alors de l’affaire Olivier Duhamel ? » A partir de là, les choses vont commencer à se compliquer pour M. Lang. Cette affaire, poursuit la journaliste « éclabousse une certaine gauche soixantehuitarde, un certain milieu intellectuel. Là, je n’ai pas vu d’indignation de votre part. » Le ton est donné.

« Je ne peux pas m’indigner à chaque minute… », répond Jack Lang, dans une tentative maladroite de noyer le poisson. « C’est à géométrie variable ? », relance la journaliste, tenace. Ne pouvant pas se défiler, Jack Lang condamne fermement les agissements d’Olivier Duhamel, ajoutant qu’il a été son collègue en tant que juriste et qu’il a travaillé avec lui sur la réforme constitutionnelle sous Nicolas Sarkozy. Une proximité déclarée ouvertement qui ne l’empêche pas d’ajouter derechef, pour nier toute connivence, et sans soucis du paradoxe : « Je ne fréquente pas ces milieux, je vis en dehors de tout ça (…) je ne participe pas à des mondanités qui me sont totalement étrangères (…) Je n’ai rien à voir avec ça madame », ajoute-t-il alors que Sonia Mabrouk pointe un « entre-soi culturel de la gauche caviar parisienne ».

Jouant sur une incrédulité quelque peu suspecte, Jack Lang affirme qu’il a découvert dans la presse, tout comme Sonia Mabrouk, les accusations contre Olivier Duhamel. Peu satisfaite des tentatives d’esquives du président de l’Institut de Monde Arabe, la journaliste n’entend pas en rester là et rétorque : « Sauf que vous avez signé une tribune, M. Jack Lang, à la différence de moi, avec des grands noms mais aussi Gabriel Matzneff, pour décriminaliser les rapports sexuels avec les enfants, et vous ne l’avez jamais regretté. » Sentant que la pente commence à devenir glissante, Jack Lang rappelle que « c’était une connerie » et qu’il était à l’époque « porté par une sorte de vision libertaire…euh…fautive (…) Je n’ai plus la mémoire exacte de cette pétition qui remonte à plus de 40 ans…60 ans… » (ndlr : 43 ans exactement, la tribune date de 1977)

« Si on ouvre le débat…à l’époque…nous n’étions pas seuls à dire cela », tente de se justifier Jack Lang, constatant que la journaliste d’Europe 1 n’a pas l’intention de le brosser dans le sens du poil. Il essaie alors de mettre en avant ses faits d’armes et son combat pour le féminisme, quitte à dévier du sujet et ajoute : « Écoutez, je vous ai répondu, je ne vais pas en dire plus. » « Alors pourquoi vous retrouve-t-on à la défense de ceux qui sont accusés, et rarement de ceux qui souffrent ? » Un peu interloqué et à court d’arguments, Jack Lang laisse échapper un lapsus qui ne vas pas beaucoup l’aider : « Aujourd’hui nous sommes en lutte les uns et les autres contre l’inceste et…les atteintes (sic) à la pédophilie. » Sonia Mabrouk poursuit son angle : « Donc il ne faut plus, quand on fréquente un Jeffrey Epstein, dire de lui qu’il est charmant, courtois et très agréable ? » (ndlr : c’est ce qu’avait déclaré Jack Lang, proche à l’époque du criminel sexuel américain).

Après un dernier laïus défensif, Jack Lang se croit enfin sorti d’affaire. C’est une erreur car la journaliste s’apprête à porter l’estocade : « Jack Lang, vous savez ce qu’on dit : la vérité, cette rumeur qui se promène comme un mensonge…Il peut y avoir aussi des rumeurs sur beaucoup de personnes, il y en a également sur vous. Comment vous réagissez ? »

Habitué des plateaux, des émissions et des joutes verbales, Jack Lang retrouve un calme relatif et tente de conclure cette interview d’une dizaine de minutes qui a dû lui paraître longue…

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