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Abandon de la proportionnelle : le pluralisme aux oubliettes ? Abonnés

ARTICLE. Le mode de scrutin des prochaines élections législatives (2022) ne sera pas modifié. La réforme institutionnelle, annoncée en grande pompe en mai 2017 par le candidat Macron, n’aura donc pas eu lieu.

Abandon de la proportionnelle : le pluralisme aux oubliettes ?

Les grandes écuries politiques devraient conserver encore quelques années leur droit de préemption sur les sièges de députés. L’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives (20%, soit 87 députés sur 577) a été définitivement enterrée par la macronie.

Manque d’opportunités ? Manque de temps ? Les opportunités n’ont pas manqué en début de mandat. Le temps aussi, du reste, mais ce qui est sûr, c’est qu’il est désormais trop tard. Il est interdit de réformer un mode de scrutin moins d’un an avant la prochaine échéance électorale concernée. Or les élections législatives auront lieu à la fin du printemps 2022. Il faudrait donc que le projet de loi passe par un examen devant la commission de contrôle du découpage électoral (nouvelles délimitations des circonscriptions législatives) avant d’être soumis au vote et à la navette parlementaire, le tout dans un mouchoir de poche temporel.

Voilà qui est dommage. Les « projets de lois pour un renouveau de la vie démocratique » auraient permis de redorer une partie du blason de ce que certains ne se cachent plus pour appeler le libéralisme autoritaire macronien. Car les projets de loi (organique et ordinaire) existent. Ils avaient été présentés par le ministre de l’Intérieur en Conseil des ministres en mai 2018, puis en août 2019, suite au mouvement des Gilets jaunes. Ces projets de loi découlaient du triple engagement pris par le président de la République durant sa campagne, puis devant les parlementaires réunis en Congrès en juillet 2017 : réduction des effectifs parlementaires (25%), introduction d’une dose de proportionnalité législative (20%), limitation du cumul des mandats dans le temps (trois cumuls maximum).

Évidemment, la macronie peut toujours arguer que son calendrier a été bouleversé, d’abord par le mouvement des Gilets jaunes, puis par la crise sanitaire, ce qui en soi n’est pas...

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Publié le 19 janvier 2021
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