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Le mystère des éoliennes des Quatre seigneurs Abonnés

ARTICLE. Un mystère entoure le parc éolien des Quatre seigneurs, situé en Loire Atlantique. Depuis presque 10 ans, des études s’enchaînent sans arriver à déterminer si, oui ou non, le comportement anormal des animaux des fermes alentours est provoqué par les éoliennes.

Le mystère des éoliennes des Quatre seigneurs
Publié le 13 février 2021

Ce rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable aurait pu régler une polémique de presque dix ans en Loire Atlantique. Dans les communes de Saffré et de Puceul, deux familles d’agriculteurs se battent contre des moulins à vent, ces huit éoliennes de 16 MW qui composent le parc éolien des Quatre seigneurs. Sitôt les immenses engins installés, fin 2012, deux élevages, principalement laitiers, ont connu des troubles de production du lait ou de comportement de leurs animaux.

L’une des exploitations a vu ses 37 vaches changer d’attitude dès 2013. Des mammites inguérissables, des troubles de la fécondité, du comportement des animaux sujets à des crises d’angoisses et toute une série d’autres problématiques sanitaires, ont fortement impacté la production laitière. L’autre exploitation a vu, d’une part, sa production laitière diminuer également, et d’autre part, la mortalité de l’élevage progresser à la hausse. Des troubles constatés par l’école vétérinaire de Nantes qui a noté l’état dégradé du second élevage en nuançant toutefois l’aspect « mortalité », lequel était antérieur à l’installation des éoliennes.

Face à ces problèmes, les éleveurs ont saisi le Préfet dans les derniers mois de 2014. En 2015, une série d’expertises et d’études ont été menées. Les éoliennes étaient-elles, oui ou non, responsables de la détérioration sanitaire alentour ? Malgré les analyses, aucun examen n’a pu prouver que les éoliennes avaient factuellement un lien avec le comportement des animaux des éleveurs, d’autant que les autres élevages environnants ne constataient pas d’évolutions significatives de leur côté.

Alors que tout semble finalement innocenter les éoliennes, le doute reste de rigueur. Car certaines phases d’arrêt ont permis de constater une amélioration du comportement des bêtes. Les analyses des traites relevées par robot ont démontré une fréquentation supérieure de 43 % et une baisse de 62 % des traites incomplètes. L’un des éleveurs a ainsi pu produire 11% de lait supplémentaire, durant les quatre jours qu’a duré l’une des pannes.

Deux facteurs de perturbation ont été soulevés : soit une problématique de courant électrique, autrement appelé “courant vagabond”, ou la situation hydrogéologique du terrain. Là non plus, les études du Groupe permanent pour la sécurité électrique (GPSE) n’ont pas réussi à démontrer un lien de causalité entre les élevages et les éoliennes. En tout, une trentaine d’études ont été réalisées, sans trancher la question.

Afin de résoudre le mystère qui entoure les éoliennes des Quatre Seigneurs, le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable préconise un arrêt total, pendant dix jours, du parc pour réaliser un « test ». En parallèle, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), va rendre au premier semestre 2021 un avis relatif à l’imputabilité des éoliennes sur la dégradation des deux élevages. Guères optimistes, les auteurs du rapport recommandent d’ores et déjà un plan d’accompagnement à la reconversion ou à la relocalisation de ces deux élevages. L’enjeu est de taille. En cas de cause avérée, les éoliennes seraient légitimement pointées du doigt pour leur conséquences néfastes sur l’environnement et les élevages. Il y a urgence à trancher : la Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) prévoit de construire environ 6 500 éoliennes supplémentaires.

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