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Qui veut la mort des restaurants français ? Abonnés

OPINION. Comment ne pas soupçonner dans cette interdiction qui pénalise surtout les petits restaurateurs de quartier une méfiance particulière à l’égard d’un lieu de convivialité et de liberté ? Le roi Hérode, voulant établir sa tyrannie, avait en son temps fait fermer les auberges…

Qui veut la mort des restaurants français ?
Publié le 18 février 2021

Si l’on disait que nos restaurants sont victimes d’un complot international, ce serait mal vu, à un moment où l’accusation de complotisme a remplacé celle de fasciste ou de populiste !

Mais un complot se passe dans l’ombre ; or c’est au grand jour que le livre de Klaus Schwab, président fondateur du Forum de Davos, sur le Great reset (en français, la grande remise à zéro, après le Covid) annonce à la page 2I7 (version anglaise) qu’en France et en Angleterre, «  75 % des restaurants indépendants ne survivront pas au confinement et aux  mesures de distanciation » mais que « les chaînes et les fast-food, eux, vont survivre ». Comme par anticipation, il y a quelques jours, à la gare Montparnasse et autour, je m’étonnais que tous les restaurants et cafés ordinaires aient été fermés, seul le Starbucks des départs étant resté ouvert.

Pourquoi les restaurants anglais sont-ils mis dans la même charrette à Davos, on se le demande. Leurre pur ne pas avoir l’air de viser que les Français ? La cuisine anglaise n’avait, en tous les cas, jamais prétendu s’inscrire au patrimoine commun de l’humanité.

Mais la cuisine française, si. La disparition des trois quarts de nos restaurants traditionnels ou simplement normaux, serait une perte irréparable. A commencer par celle de nos « restaurants ouvriers » de quartier qui sont, de plus en plus, dont les seuls où on trouve de la cuisine bourgeoise !

Dès lors, comment ne pas penser qu’ils sont victimes d’un acharnement particulier si le gouvernement les maintient fermés alors que depuis la fin du confinement strict, les autres commerces, les usines, les bureaux et, non sans mal, les lieux de culte sont ouverts, ce qui est très bien. Ils seraient, dit-on, un lieu de contagion particulièrement dangereux. On ne voit pourtant pas pourquoi, une fois les précautions prescrites prises, la promiscuité y serait plus grande que dans le métro, l’autobus, voire le supermarché.

Comment ne pas soupçonner dans cette ségrégation, une méfiance particulière à l’égard d’un lieu de convivialité et de liberté ? L’historien Flavius Josèphe nous dit que le roi Hérode, voulant établir sa tyrannie, fit fermer les auberges. Qui ne sait quel rôle essentiel jouèrent durant la Révolution française les cafés comme le Procope ? Après la mort de Franco, ne disait-on pas en Espagne que pour créer un parti politique, il suffisait d’une tertulia (une bonne table entre amis) ?

Les rapporteurs du Forum de Davos, réunion de toutes les puissances financières et politiques du monde, croient nous indiquer le sens de l’Histoire. Ils vont pourtant, sur ce sujet, à l’inverse de ce qui se disait il y a quelques années sur l’émergence d’une économie de services. Les gains de productivité réduisant au minimum les besoins de main d’œuvre dans tout ce qui est production, agriculture et industries classiques, le reste de la société  rendrait des services : aide  aux personnes âgées, formation, commerces, conseils en tout genre, et bien entendu restaurants : quelle meilleure illustration de la société de services que l’on nous promettait que le restaurant où des professionnels servent des clients, le serveur pouvant à son tour se faire servir ? Le restaurant classique est une entreprise de petite dimension. L’idée marxisante selon laquelle l’artisanat devait disparaitre devant les grandes unités, qui traine depuis un siècle et demi, avait un moment cédé le pas au culte légitime du small business. Le nombre d’entreprises artisanales, au demeurant, se maintenait. Or voilà le big business de retour ! Les prospectivistes du Forum de Davos retardent. De tels pronostics, venant de gens si puissants, qui peuvent devenir des self realizing propheties, n’en sont pas moins dangereux.

Dangereux quand on sait la réceptivité, quasi spongieuse, de l’actuel gouvernement et de beaucoup de dirigeants français à tout ce qui vient de l’international (mondial ou européen, ce qui est à peu près la même chose), dans tous les domaines, au point qu’on se demande s’ils sont capables de lancer une seule politique qui soit purement nationale. Comment s’étonner que, imbibés de l’esprit de Davos, sous prétexte de COVID, il fasse la guerre aux restaurants français ? Même quand ces directives sont, on le pressent, dirigées contre la France, en ce qu’elle est, y compris dans sa cuisine, symbole de civilisation et de liberté - et donc de résistance à un ordre mondial, décidé par les puissants, qui tolère de moins en moins l’une et l’autre !

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