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La vie associative et sociétale en danger Abonnés

OPINION. Ancien maire d’une petite commune du Cantal, notre contributeur s’inquiète de la disparition de la vie associative causée par les restrictions sanitaires. Il plaide pour un sursaut, afin de sauver le lien social, si essentiel en milieu rural.

La vie associative et sociétale en danger
Publié le 21 février 2021

Cela va bientôt faire une année que le rythme de notre vie est perturbé par une pandémie imprévue. Le monde occidental avait été ébranlé le siècle dernier par deux guerres rapidement devenues mondiales, décimant des millions d’hommes et de femmes. Les ambitions démesurées de quelques dirigeants s’appuyant sur des idéologies décadentes et guerrières furent à l'œuvre.

Ce début de XXIème siècle est secoué par un virus digne des pestes du moyen âge. A l’époque, on cloua les portes et les fenêtres, on ensevelit les cadavres dans des fosses, on fit même des bûchers. Notre civilisation contemporaine est en train de mettre en œuvre une nouvelle méthode que certains appellent distanciation et confinement. À y réfléchir, je crains que l’on n’ait pas encore mesuré les graves conséquences sociétales générées. Il nous suffit de constater la baisse du volume des rubriques locales de la presse pour mesurer l’amplitude de la mise en sommeil total de la vie associative, partielle de la vie municipale, politique et syndicale.

Il faut rappeler que l’individu trouve son épanouissement et sa liberté dans la créativité et l’échange, ainsi que son enrichissement moral en s’inscrivant dans le cadre collectif de la société hors d’un espace dévoué à la « pensée unique ». Les pratiquants d’activités sportives ne s’entraînent plus, les musiciens et autres passionnés de la culture perdent leurs motivations pour se produire devant leur public, chaque corporation (restaurateurs, commerçants, artisans) est confrontée à des mesures différentes et restrictives, ce qui empêche de fédérer toutes réactions ; comme si l’on souhaitait « diviser pour mieux régner » et décourager toutes démarches collectives venant du « terrain ».

Cela donne l’impression que l’on pense à votre place.... On vous donne la parole officielle tous les jeudis soir dans les médias. Les élus, à qui nous avons délégué les actes de gestion collective, ne se rencontrent plus ou peu, réduisant souvent leurs échanges par skype ou visio-conférences.

Nous savons qu’il faut des semaines, des mois, voire des années pour construire une association, la faire vivre en recrutant et formant de nouveaux dirigeants. Si la pandémie se poursuit, les dégâts sanitaires et économiques risquent de ne pas être les seuls... Afin d’éviter une rupture sociétale irréversible il faut s’en préoccuper. Notre ruralité pouvait s’enorgueillir de la richesse de son monde associatif, participant souvent à rompre l’isolement dû à la baisse démographique, à la disparition des services publics et au développement incroyable de nouveaux modes de communication imposés (internet, codes d’accès et divers échanges virtuels).

Pour sortir des simples propos d’analyses et de constats, il me semble opportun, tout en respectant les directives gouvernementales de distanciation, de se réunir, réfléchir localement et proposer aux représentants locaux de l’Etat des mesures dérogatoires pratiques applicables dans nos zones à faible densité de population, afin de faire revivre ainsi la vie associative, nos commerces locaux et la vie publique et citoyenne. Pourquoi ne pas ouvrir une boîte à idées ouverte à la population à l’échelle de la commune, du canton ou de l’arrondissement ?

Pour conclure : « nous ne sommes rien si nous ne croyons pas à l’avenir ».

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