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À Lyon, des menus uniques et sans viande à la cantine Abonnés

ARTICLE. Les cantines scolaires de Lyon ne distribueront plus de repas avec viande, au moins jusqu’aux vacances de Pâques. L’opposition s’insurge et craint que la mairie ne veuille en réalité instaurer cette mesure de façon permanente.

À Lyon, des menus uniques et sans viande à la cantine

C’est un mail envoyé par Stéphanie Léger, déléguée à l’éducation et adjointe au maire EELV de Lyon Grégory Doucet, qui a mis le feu aux poudres. Afin de faire face aux contraintes sanitaires instaurées dans les cantines scolaires, la mairie a décidé de ne plus distribuer qu’un seul menu unique dans les selfs. Rien de scandaleux à ce stade, si ce n'est que ce menu ne comportera pas de viande.

Un choix qui fait bondir les élus de l’opposition, comme le sénateur LR Étienne Blanc, président du groupe « Droite, centre et indépendants à la ville de Lyon », pour qui “le maire et ses adjoints imposent avant tout leur idéologie aux enfants lyonnais”. Les contraintes sanitaires auraient bon dos et serviraient d’accélérateur à la politique alimentaire végétarienne prônée par EELV à Lyon. Pendant la campagne municipale, Grégory Doucet, actuel maire de Lyon s’était engagé à proposer un menu végétarien au choix tous les jours de la semaine dans les écoles.

Une décision appliquée à marche forcée. Face aux critiques, la mairie lyonnaise rappelle que pareille mesure avait déjà vu le jour lors du premier confinement. Le maire était alors Gérard Collomb. Cette décision n’avait pas soulevé l’ire de la foule, mais il faut dire que la mairie n’avait guère souhaité communiquer sur le sujet. Interrogée par Le Progrès, Stéphanie Léger rappelle que ce menu unique n’a pas vocation à perdurer et pourrait disparaitre après les vacances de Pâques, laissant à nouveau place aux deux menus sans viande par semaine.

Mais pourquoi alors avoir crié haro sur la viande? D’après la mairie, le protocole santé et la distanciation sociale qui impose deux mètres entre chaque élève a forcé les cantines à élargir leurs plages horaires. Un menu unique permettait une restauration plus rapide. Quant à la viande, Stéphanie Léger explique pourquoi elle disparaît des assiettes : “Pour correspondre au goût du plus grand nombre, on a décidé d’enlever la viande.” Les poissons et les œufs seront donc utilisés en remplacement.

Des éléments de langages parfois discutables : une enquête de l’Observatoire Société et Consommation, publiée en 2018, révélait que 97% des Français consommaient de la viande. 97%, pas assez pour satisfaire “le plus grand nombre” ?

Les 3% restants doivent donc guider les choix des politiques municipales. En réalité, la mairie EELV paie ici la réputation de sectarisme idéologique dans lequel elle sombre régulièrement.

À ses débuts à la mairie lyonnaise, Grégory Doucet avait fixé comme priorité de son mandat l’alimentation : “Si on veut faire appel à de grands chefs lyonnais, c’est pour réduire la consommation carnée et habituer, éduquer tous les consommateurs à des repas végétariens de qualité, qui donnent envie". Difficile, en prenant la décision d’exclure la viande des menus scolaires, de ne pas faire le lien avec cette volonté, par ailleurs  surprenante, “d’éduquer” la population des 206 écoles qui peuplent la ville.

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