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Projet Hercule
Le démantèlement d’EDF n’est pas une fatalité ! Abonnés

OPINION. L’association Front Populaire et Compagnie 78 (Yvelines) a décidé de mener des actions afin de s’opposer à la vente à la découpe et à la privatisation d’EDF, fleuron industriel français. Ce papier sera suivi dans la semaine par deux autres analyses complémentaires sur le sujet.

Le démantèlement d’EDF n’est pas une fatalité !
Publié le 22 février 2021

Rappelons le contexte. Depuis 1946, la France a construit son indépendance énergétique. Initialement EDF et GDF étaient une même entreprise. Notre modèle avait montré son efficacité depuis des décennies. Les synergies permettaient aux citoyens français et aux entreprises françaises de bénéficier d’une électricité parmi les moins chères du monde et d’un des meilleurs réseaux électriques en métropole comme dans les endroits les plus reculés du territoire.

A partir de 1996, l’Europe demande la libéralisation du marché de l’énergie électrique et du gaz. L’ouverture à la concurrence commence dès 1999 pour les entreprises très consommatrices d’énergie (consommation supérieure à 100 GWh) puis en 2007 pour les particuliers. En 2004, privatisation partielle d’EDF : l’État reste aujourd’hui actionnaire à hauteur de 83,68 %. En 2007, séparation d’EDF et de GDF (imposée par la libéralisation du secteur électrique et gazier), et privatisation partielle de GDF. Concernant GDF, l’état reste actionnaire à hauteur de 34,5 % suite à la fusion avec Engie. En 2010, à la demande de l’Union Européenne, l’État instaure la loi NOME (portant sur la Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité) pour favoriser la concurrence. Cette loi met en place l’ARENH qui signifie l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique. L’État français oblige alors EDF à céder à prix coûtant (sans marge, voire à perte), 25 % de son énergie nucléaire (soit 100 TWh/an) à ses concurrents pour que les fournisseurs alternatifs développent leur propre moyen de production. Aujourd’hui, le constat est sans appel : les fournisseurs alternatifs n’ont pas développé de moyen de production et le système n’a fait que pénaliser les comptes d’EDF. En effet, les investissements sont trop lourds et trop longs pour le secteur privé, qui n’a qu’une vision à court ou moyen terme, puisque souvent coté en bourse. De plus, il est plus rentable pour les fournisseurs alternatifs de se fournir auprès de l’ARENH ou des marchés.

En 2015, la restructuration d’Areva est en cours. L’état oblige EDF à aider au sauvetage. Début 2016, le gouvernement pousse l’entreprise EDF à lancer le projet Hinkley Point en Grande-Bretagne : le directeur financier d’EDF démissionne pour s’opposer à cette décision. En même temps, le chantier de Flamanville prend du retard. Emmanuel Macron alors ministre de l’économie initie le projet « Hercule » et imagine couper l’entreprise en plusieurs entreprises et privatiser les secteurs rentables. Privatisation des bénéfices et socialisation des pertes et des dettes. Le projet ne résoudra en rien les causes de l’endettement d’EDF. Mais le gouvernement persiste et Bruxelles veut découper l’entreprise. Depuis cette date, le projet a été remis sur la table plusieurs fois et abandonné plusieurs fois. Le 8 octobre 2020, des informations fuitent : le journal Reporterre explique que les négociations entre le gouvernement et Bruxelles ont repris dans le plus grand secret.

EDF reste à ce jour le deuxième plus gros producteur mondial d’électricité, avec une expertise et un savoir-faire reconnus dans le monde entier.

Au mois de novembre 2020, la compagnie du 78 de l’association « Front Populaire et Compagnie » ne peut se résoudre à voir encore une nouvelle fois cette entreprise stratégique attaquée. Elle décide alors de travailler à la rédaction d’une pétition pour s’opposer au démantèlement d’EDF. La pétition a été postée sur le site de l’assemblée nationale le 24/11/20.

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/222

A ce jour, c’est la pétition la plus signée de la plateforme de l’Assemblée Nationale.

N’hésitez pas à la signer et la diffuser.

Le 4 décembre dernier, la revue Front Populaire a publié un article pour informer les abonnées de notre action. Nous profitons de cet article pour remercier tout ceux qui ont signé la pétition (et qui vont la signer !).

Une pétition n’a pas été postée sur le site du sénat car deux pétitions étaient déjà lancées. (Les syndicats ont également posté une pétition sur le site change.org.) Néanmoins, les sénateurs se sont appropriés le sujet. Ils ont publié une note le 24 décembre, suivie d’un débat sur le sujet le 13 janvier dernier.

En fin d’année, Henri Proglio, ancien PDG EDF a publié le livre « Les Joyaux de la Couronne », dans lequel il alerte l’opinion publique sur l’ineptie de démanteler ce « joyau ». Il explique que le secteur de l’énergie est un secteur stratégique et qu’EDF-GDF aurait dû rester un monopole. Il dit également que les décisions de l’Europe sont poussées par l’Allemagne, qui voit dans notre modèle un avantage concurrentiel pour nos entreprises. M Henri Proglio écrit pages 274 et 275 à propos de l’AREHN : « Ce dispositif, outre qu’il nuit aux intérêts de la France, est amoral. Sa disparition voudrait bien à elle seule un Frexit, qui devient chaque jour plus plausible, à mon grand regret ». Sans commentaire.

Au mois de décembre 2020, le gouvernement a envisagé d’insérer le projet « Hercule" dans la Convention citoyenne pour le climat et de le valider par ordonnance pour éviter tout débat démocratique. Grâce à une large mobilisation : des agents EDF, des syndicats, des pétitions et à leurs diffusions, aux différents articles, aux parlementaires, aux sénateurs, à quelques médias, à certains politiques et quelques groupes de réflexion (think thanks), ce projet confidentiel voit son calendrier revu et va finalement être débattu publiquement. Une bataille a été gagnée !

Malgré leurs différents, des parlementaires de gauche et de droite ont su s’unir pour faire front contre ce projet. En décembre, les parlementaires PS envisageaient de lancer un RIP. Le 19/01/21, 30-35 % des agents EDF étaient en grève, une mobilisation sans précédent depuis la séparation d’EDF et de GDF au début des années 2000.

Le 26/01/21, des organisations syndicales et des partis de gauche ont annoncé la création du « collectif national pour un véritable service public de l’énergie » contre le projet « Hercule ».

Le 01/02/21, 80 députés de gauche et de droite, ont écrit une lettre au Premier Ministre pour lui demander une audience afin d’être informés des intentions gouvernementales s’agissant de la réforme de l’ARENH et d’« Hercule ».

La commission des affaires économiques a organisé avec la commission du développement durable des cessions pour discuter du « projet Hercule » :

Jeudi 4 février 2021 : audition de Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique,

Mercredi 10 février 2021 : audition de M. Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d'EDF.

Le combat n’est pas fini, c’est pourquoi la compagnie du 78 a décidé de continuer ses actions. Nous avons rédigé un modèle de courriel* à transmettre aux députés, aux sénateurs, aux participants des deux commissions et aux autres élus. A travers ce courriel, nous expliquons comment EDF est arrivée à sa situation actuelle et pourquoi le projet Hercule ne permettrait pas de répondre aux défis à venir. En nous mobilisant massivement, nous pouvons changer les choses.

Ayons le courage de nous opposer à ce projet pour défendre notre souveraineté, l’intérêt général, notre bien commun, et notre service public. La politique énergétique de notre pays est stratégique, elle n’a pas à être dictée par l’Union Européenne. Comme disait si bien Romain Rolland, prix Nobel de littérature, « la fatalité, c’est l’excuse des âmes sans volonté ». Il n’y a pas de fatalité. C’est ça l’état d’esprit de Front Populaire !

L’association FP&Co se structure, les idées ne manquent pas et nous sommes motivés. Rejoignez-nous dans l’aventure !

NB : N’hésitez pas à contacter l’association pour recevoir le modèle de courrier à envoyer à votre élu : fpetco78@laposte.net

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