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Le démantèlement d’EDF n’est pas une fatalité ! Abonnés

OPINION. L’association Front Populaire et Compagnie 78 (Yvelines) a décidé de mener des actions afin de s’opposer à la vente à la découpe et à la privatisation d’EDF, fleuron industriel français. Ce papier sera suivi dans la semaine par deux autres analyses complémentaires sur le sujet.

Le démantèlement d’EDF n’est pas une fatalité !

Rappelons le contexte. Depuis 1946, la France a construit son indépendance énergétique. Initialement EDF et GDF étaient une même entreprise. Notre modèle avait montré son efficacité depuis des décennies. Les synergies permettaient aux citoyens français et aux entreprises françaises de bénéficier d’une électricité parmi les moins chères du monde et d’un des meilleurs réseaux électriques en métropole comme dans les endroits les plus reculés du territoire.

A partir de 1996, l’Europe demande la libéralisation du marché de l’énergie électrique et du gaz. L’ouverture à la concurrence commence dès 1999 pour les entreprises très consommatrices d’énergie (consommation supérieure à 100 GWh) puis en 2007 pour les particuliers. En 2004, privatisation partielle d’EDF : l’État reste aujourd’hui actionnaire à hauteur de 83,68 %. En 2007, séparation d’EDF et de GDF (imposée par la libéralisation du secteur électrique et gazier), et privatisation partielle de GDF. Concernant GDF, l’état reste actionnaire à hauteur de 34,5 % suite à la fusion avec Engie. En 2010, à la demande de l’Union Européenne, l’État instaure la loi NOME (portant sur la Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité) pour favoriser la concurrence. Cette loi met en place l’ARENH qui signifie l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique. L’État français oblige alors EDF à céder à prix coûtant (sans marge, voire à perte), 25 % de son énergie nucléaire (soit 100 TWh/an) à ses concurrents pour que les fournisseurs alternatifs développent leur propre moyen de production. Aujourd’hui, le constat est sans appel : les fournisseurs alternatifs n’ont pas développé de moyen de production et le système n’a fait que pénaliser les comptes d’EDF. En effet, les investissements sont trop lourds et trop longs pour le secteur privé, qui n’a qu’une vision à court ou moyen terme, puisque souvent coté en bourse. De plus, il est plus rentable pour les fournisseurs...

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