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Assimilation, en finir avec ce tabou français Abonnés

CRITIQUE. Ancienne porte-parole LR, Lydia Guirous est notamment l’auteur de Allah est grand, la République aussi (ed. Lattès). Son nouvel ouvrage Assimilation, en finir avec ce tabou français (ed. de L’Observatoire) est un livre de combat. Une ode à l’assimilation comme sursaut collectif.

Assimilation, en finir avec ce tabou français

Nombreux sont aujourd’hui les livres qui paraissent sur le malaise identitaire français. On a presque l’impression que, depuis peu, le mot « assimilation » a perdu une partie de sa charge polémique. Il est certes encore largement contesté et combattu, mais il est désormais permis d’en faire usage dans un débat contradictoire, moyennant une demi-douzaine de précautions oratoires et autant de guillemets.

Toutefois, il en va de l’assimilation comme du reste ; il y a ceux qui en parlent et ceux qui la porte en eux. C’est le cas de Lydia Guirous. On pourra d’ailleurs commencer la lecture de ce livre par les remerciements qui en l’occurrence valent bien des développements théoriques : « A ma professeure, madame Lefebvre, du lycée Baudelaire de Roubaix, qui a su briser les déterminismes et éveiller ma conscience citoyenne. Merci chère madame Lefebvre, c’est aussi grâce à vous que je suis une femme libre et engagée. Éternelle reconnaissance. »

Voilà. Vous avez une définition possible de l’assimilation. Celle donnée par une jeune femme née en 1984 à Tizi Hibel, village de Grande Kabylie au nord de l’Algérie qui est aujourd’hui l’Ancienne porte-parole et ancienne secrétaire nationale en charge des valeurs de la République et de la laïcité du parti Les Républicains. Qu’on soutienne ou pas LR a ici fort peu d’importance. On peut même ne pas aimer Lydia Guirous. Il n’en demeure pas moins que ce parcours a priori improbable a été rendu possible par la méritocratie, l’assimilation et une école républicaine jadis à la hauteur de ses prétentions.

C’est de cette assimilation dont elle est l’un des fruits que Lydia Guirous entend redorer le blason. Tout simplement parce qu’une grande partie de nos incertitudes et de nos tâtonnements actuels proviennent de ce grand renoncement originel. Un vieux peuple propice, par ses racines chrétiennes, à la culpabilité, qui n’a plus le courage d’assimiler à lui les populations d’ailleurs est une bombe à retardement dont chacun mesure aujourd’hui le potentiel de déflagration. « Le cocktail rancune-rejet-vengeance est redoutable », insiste Lydia Guirous.

Pourquoi faudrait-il en finir avec ce tabou très français ? Parce que c’est à la France de se montrer ferme et de défendre son héritage. Le déclin d’une structure est presque toujours endogène. Vous ne pouvez enfoncer la porte avec votre épaule que parce que le bois était pourri. Une ville assiégée est prise parce qu’elle était prenable. De même, l’islamisme prospère d’abord sur les faiblesses de ses adversaires et compte bien blesser au cœur une vieille civilisation millénaire présentement essoufflée.

Ce petit livre est un programme de combat et de reprise en main. Lydia Guirous y propose un diagnostic de notre situation et des pistes pour reprendre pied. Une pierre de plus portée à l’édifice d’une réhabilitation qui ne sera peut-être pas une baguette magique, mais sans laquelle nous ne pouvons rien.

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