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Faire avancer les idées souverainistes en 2022 : soyons exigeants ! (partie 1) Abonnés

OPINION. À l’aube de 2022, les Français sont dans une profonde impasse politique. Malgré de nombreux constats partagés, ils peinent à reprendre prise sur leur destin et à se sentir représentés. Dans la droite ligne de l’ADN de Front Populaire, notre abonné nous présente un plan de bataille en trois parties.

Faire avancer les idées souverainistes en 2022 : soyons exigeants ! (partie 1)
Publié le 1 mars 2021

Il n’est pas anormal de dire que les Français ne se sentent plus représentés par leurs élus, qu’ils pensent aussi que la mondialisation est tout sauf heureuse et que les instances européennes ne sont plus à l’écoute des citoyens. Ils savent aussi que les gouvernements français qui se succèdent appliquent avec constance et passivité les directives de la commission européenne, symbolisées par des Grandes orientations des politiques économiques (GOPE) de plus en plus contraignantes émises chaque année.

Cet article fera cependant l’impasse sur la description des problèmes dont souffre le pays, qui ont été expliqués et commentés maintes fois, notamment sur Front Populaire. Il est inutile d’y revenir : la répétition ad nauseam des dysfonctionnements empêche de se focaliser sur la seule chose qui est importante, à savoir identifier ce qu’il serait possible de faire pour que les citoyens retrouvent leur place naturelle dans la vie démocratique de notre pays. L’idée de cet article est donc de soumettre au lectorat de FP une proposition visant à peser vraiment sur les élections qui approchent, en tenant compte de la nécessité d’aller vite.

La ligne directrice est simple : il serait bien sûr souhaitable que des candidats souverainistes disposant d’un programme crédible (donc détaillé et chiffré), arrivent à émerger. Il faudrait pour cela qu’ils soient capables de recueillir les signatures nécessaires au dépôt de candidature et de disposer du budget nécessaire pour conduire de façon sérieuse une campagne présidentielle et une campagne législative dans la foulée. Il est cependant loin d’être garanti que cela devienne une réalité, vu le défi qui nous attend de convaincre assez de Français lors des élections pour arriver au pouvoir.

Il faut donc se doter d’un plan B au cas où cette hypothèse ne se concrétise pas. Il est extrêmement difficile de faire émerger la description claire et détaillée de la société au sein de laquelle nous aimerions vivre demain, et il est encore plus compliqué de décrire la trajectoire qui permettra d’y arriver. Sans oublier la mise en évidence des efforts que les Français devront consentir pour que les changements souhaités se concrétisent. Il est également assez notable que les opinions divergent. Certains pensent qu’il faut envisager de changer de Constitution. D’autres pensent que le Frexit dur est la principale solution. D’autres pensent que le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) a des propriétés magiques et qu’en obtenir la mise en œuvre (comment ?) résoudra tous les problèmes. D’autres pensent que le simple fait de ne pas permettre à Emmanuel Macron d’être reconduit suffira à changer la donne.

Il est inutile de lister toutes les chimères qui circulent. Il faut entendre par « chimère » non pas un jugement de valeur négatif sur les idées évoquées, mais la constatation lucide qu’aussi bonne soit-elle, une idée n’est pas suffisante à elle seule. Il est en effet nécessaire qu’elle soit accompagnée de la description claire et concrète de la méthode qui permettra sa mise en œuvre, et d’un examen lucide et objectif de ses probabilités de succès. Sans cela, les idées, mêmes les plus nobles, ne se concrétiseront pas et elles amèneront donc naturellement la reconduction des politiques suicidaires conduites depuis une trentaine d’années.

Trop peu de citoyens comprennent que les évolutions souhaitables ne pourront être portées que par des hommes et des femmes convaincus (en identifier semble à priori un objectif réalisable) et en capacité d’agir (ce qui est nettement plus compliqué). Il faudra en effet être capable d’avoir un président plutôt acquis aux idées souverainistes. Il aura aussi besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale, des sympathies chez les élus locaux et régionaux, et idéalement d’un soutien, ou au moins une absence d’opposition ouverte au Sénat et chez les fonctionnaires des ministères principaux.

On ne peut pas ignorer non plus la nécessité que des chefs d’entreprise soutiennent la démarche. Tout cela parce qu’il faudra se préparer à un combat féroce avec les institutions européennes, dont la bureaucratie ne verra pas d’un bon œil les velléités françaises de vouloir fonctionner différemment en retrouvant plus de souveraineté nationale. La France aura certes des alliés au sein de l’UE, mais elle aura aussi des ennemis. Le principal d’entre eux étant un de nos voisins directs. Il semble inutile d’insister sur le camp dans lequel les ONG, les associations et les lobbys se rangeront.

Il est donc logique d’envisager la nécessité d’une forte cohésion citoyenne. C'est-à-dire la clarté et la force avec laquelle les citoyens français s’exprimeront collectivement pour faire part de leurs exigences. Oui, exigences. Le mot est fort, mais il faut l’assumer sans la moindre honte. Si l’on admet que ce sont bien les citoyens français qui délèguent provisoirement une partie de leurs pouvoirs à leurs élus, ces mêmes citoyens sont en droit de choisir clairement les directions et les priorités dont ils veulent la mise en œuvre. Toutes proportions gardées, c’est après tout ce que font les conseils d’administration qui supervisent les entreprises.

Bref, comment faire pour arriver à se faire entendre en 2022 ? C’est précisément cela qui est l’objet de la présente proposition. Présentée en trois parties, elle fait l’hypothèse maintes fois prouvée que les citoyens n’ont jamais été en position de fixer le cap, les objectifs et les priorités. Nous avons surtout des candidats qui proposent des destinations lointaines, plus ou moins ésotériques, plus ou moins crédibles, mais qui sont surtout celles qui se limitent à de vagues promesses…. que les politiques se dépêchent d’oublier lorsqu’ils passent du statut de candidat à celui d’élu.

Dans la deuxième partie, nous développerons plus en détail cette proposition, basée sur l’idée d’amener les partis actuels à nous écouter et respecter nos exigences, au lieu d’accepter de continuer à cautionner la foire aux promesses creuses, qui est leur mode de fonctionnement actuel.

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