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La convention citoyenne pour le climat sanctionne Emmanuel Macron, le mauvais élève de l’écologie Abonnés

ARTICLE. Lors de sa dernière réunion, la convention citoyenne pour le climat a noté sévèrement l’action gouvernementale. Emmanuel Macron est attaqué de toutes parts pour son action écologique, cause qu’il a abondamment instrumentalisée. Il en paie aujourd’hui le prix.

La convention citoyenne pour le climat sanctionne Emmanuel Macron, le mauvais élève de l’écologie
Publié le 2 mars 2021

Un camouflet, voilà ce qu’a infligé la convention citoyenne pour le climat (CCC) au Président de la République. Appelé à noter l’action gouvernementale sur chacun des six thèmes qui ont composé leurs actions et propositions, ils ont attribué la note moyenne de 3,3 sur 10. Un jugement sévère, exprimé ce week-end, lors de la 8eme et dernière session de cette convention citoyenne qui clôturait les 17 mois de travaux de ses membres.

Une note de 2,5 pour juger les décisions de l’exécutif destinées à diminuer d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Une note de 3,4 sur la thématique du logement, 4 pour la consommation, 2,8 pour la régulation du trafic aérien… peu, très peu d’actions du gouvernement ont trouvé grâce aux yeux du collectif. La principale mesure qui a recueilli les faveurs de suffrages positifs est la proposition d’un référendum d’Emmanuel Macron visant à introduire la lutte contre le changement climatique dans la Constitution.

Une déception paradoxale. Car si trois mesures (dont celle phare, de la limitation de la vitesse à 110km/h sur autoroute) ont été balayées du revers de la main par l’exécutif, les 146 autres propositions ont été validées. 75 sont déjà mises en œuvre, via décret ou grâce au plan de relance, et 71 devraient l’être prochainement en grande partie par le bais de la loi Climat et résilience qui commence à peine à être débattue à l’Assemblée.

De quoi ravir tout le monde en apparence. Mais voilà, les membres de la convention citoyennes considèrent que si Emmanuel Macron a globalement respecté l’engagement qui était celui de reprendre les propositions du collectif, ils lui reprochent de ne pas avoir honoré l’autre promesse associée, celle d’une application “sans filtre” des propositions. Pierre, l’un des membres, a expliqué : “Notre travail a accouché d’une souris et on ne peut pas s’en contenter” poursuivant, tout en nuance : ”Tout retard pris sur nos engagements nous précipite vers l’emballement climatique et la fin de l’humanité. C’est criminel”.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, tente de jouer les pompiers de service. Si elle reconnaît que le texte est imparfait, elle déclame qu’elle refusera “toute baisse d’ambition à l’Assemblée nationale”. Ce à quoi rétorque de façon cinglante ce proche d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand : “Intention louable, étant précisé que le Parlement est souverain dans l’élaboration et le vote de la loi”. Une tension palpable au sein de LREM qui se déchire sur la thématique de l’écologie, à un an de l’élection présidentielle.

Emmanuel Macron en paie le prix. Il s’est voulu président “écolo”, lavant plus vert que vert, du moins en apparence. Après avoir voulu donner l‘illusion du pouvoir à 150 citoyens, peut-être espérait-il que ces derniers, reconnaissant de l’obole, ne réagissent pas face à l’entourloupe que constituait une telle opération de communication. Il faut dire qu’avec des témoignages de cet acabit “ Vous savez, on aurait pu présenter ces 149 mesures au référendum, mais on a voulu faire confiance au législatif, en les mettant devant leurs responsabilités”, certains membres de la CCC ont peut-être cru au-delà du raisonnable à leur mandat.

Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron ne sera pas le président de l’écologie. La plupart des militants de cette cause, de Greenpeace à Reporterre, l’attaquent de toute part, sur toutes les défections, les retards et la timidité des mesures proposées. Le Haut Conseil pour le climat a également critiqué le projet de loi Climat et Résilience, trop peu ambitieux à ses yeux. Les Français, eux, observent, perplexes, ce cirque médiatique, inquiet de la radicalité et des conséquences de certaines mesures. Quelle que soit l’intensité de leur teinte de vert qui colore leurs convictions, personne n’est satisfait. En cela, on peut difficilement donner la moyenne au gouvernement.

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