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ANTIRACISME
Assa Traoré condamnée pour atteinte à la présomption d’innocence de trois gendarmes Abonnés

ARTICLE. La cour d’appel vient de condamner Assa Traore à verser 4 000 euros aux trois gendarmes qu’elle avait publiquement accusés d’avoir “tué” son frère. Un jugement que l’accusée a accueilli bien moins glorieusement que le premier, qui lui était favorable.

Assa Traoré condamnée pour atteinte à la présomption d’innocence de trois gendarmes
Publié le 2 mars 2021

Condamnée ! Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré décédé au cours d'une interpellation dans le Val d'Oise en juillet 2016, vient de voir la justice trancher en sa défaveur. Les trois gendarmes, dont elle avait publié les noms sur la page Facebook “La Vérité Pour Adama”, tout en les accusant d’avoir “tué” son frère, ont obtenu gain de cause. Le 26 février la Cour d’appel a ainsi rendu un arrêt condamnant la jeune femme à verser 4 000 euros aux plaignants.

Un jugement qui vient contrebalancer une première sentence en juillet 2020. La justice avait alors exigé que les gendarmes payent “ 2 000 € pour procédure abusive suite à leur action judiciaire contre Assa Traoré pour atteinte à la présomption d’innocence des gendarmes”, comme le relevait avec un plaisir non dissimulé, Assa Traoré, sur sa page Instagram. Le juge des référés avait alors estimé qu’il était impossible de considérer que les propos relevés sur la page “La Vérité Pour Adama” étaient strictement du fait de l’accusée.

Assa Traoré peut déchanter, car, sur ces cinq publications publiées sur Facebook entre le 19 septembre et le 19 novembre 2019, la Cour d’appel a considéré que deux d’entre elles pouvaient factuellement être attribuées à l’égérie du mouvement dit “antiraciste”. L’usage de la première personne du singulier ne laissait, selon elle, aucun doute sur l’auteur du texte. Une prose par ailleurs sans équivoque, qui accusait frontalement les trois gendarmes d’avoir “tué” Adama Traoré.

Les trois militaires ont toujours nié avoir eu un comportement susceptible de provoquer la mort du frère d’Assa Traoré. Par ailleurs, la justice a toujours abondé en ce sens, étant donné qu’elle ne les a jamais mis en examen, et ce en dépit des demandes répétées de la famille Traoré. A la suite de ces publications sur Facebook, les trois hommes avaient porté plainte. Ce à quoi le comité "La vérité pour Adama", connu pour son goût de l’instrumentalisation médiatique et politique, avait dénoncé “un acharnement” contre la famille Traoré.

Après avoir reçu du juge d'instruction un avis préalable à une mise en examen pour "diffamation publique envers une personne dépositaire de l'autorité publique", Assa Traoré avait prévenu par la voix de son avocat, Youcef Brakni, vouloir faire de ce jugement un ”procès politique”. Tout en dénonçant “l’incroyable inversion des rôles” et en concluant : "Ces plaintes sont grotesques et n'ont aucune chance d'aboutir"

Un chantage émotionnel qui n’a pas rencontré le succès escompté. L’affaire Traoré ne cesse de rebondir à grand renfort d’expertises médicales destinées à déterminer si, oui ou non, le jeune homme est mort de la main des gendarmes. Chaque analyse est balayée par le camp adverse ou bien sur-interprétée. Le collectif “La Vérité Pour Adama” a bien compris que les relais médiatiques, en quête d'une figure apte à importer le mouvement “Black Lives Matter” de l’autre côté de l’Atlantique, avait choisi de l’élever au rang d’égérie. Ils s’en sont faits de puissants relais, aptes à orienter l’opinion publique. Mais la justice n’a eu que faire de ce battage médiatique. Au-delà de l’amende de 4 000 euros, elle a également condamné la jeune femme à stipuler sur la page Facebook incriminée, la mention de cette décision de justice, sous peine de devoir payer 100 euros par jour de retard. A l’heure où nous écrivons cet article, aucun message, sur la page Facebook “La Vérité Pour Adama” ou sur le compte Instagram d’Assa Traoré, n’y fait encore allusion.

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