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Bordeaux : Un journal anti-racailles censuré par KissKissBankBank et par Twitter Abonnés

ARTICLE. En raison de sa ligne éditoriale musclée, le tout jeune média «Rodéo», qui dénonce la délinquance à Bordeaux, vient de se faire confisquer 1.500 euros par la cagnotte en ligne KissKissBankBank avant de se faire exclure temporairement par le réseau social Twitter. Vous avez dit censure?

Bordeaux : Un journal anti-racailles censuré par KissKissBankBank et par Twitter

Nos lecteurs connaissent sans doute le nouveau journal «Rodéo», lancé en octobre 2020 et dont nous avons salué le lancement en janvier dernier. Animé par un trio de journalistes bordelais, ce mensuel gratuit se spécialise dans l’actualité des violences urbaines au sein de la capitale girondine, en constante hausse depuis plusieurs années.

Avec un tirage de 12.000 exemplaires et 140 points de distribution à travers la ville, Rodéo a rencontré un vif succès dès sa première parution. Pour se développer, les fondateurs (tous trois bénévoles) ont entamé une campagne de levée de fonds sur le site Web français « KissKissBankBank ». En quelques jours à peine, la somme de 1.500 euros a ainsi été récoltée grâce aux internautes.

Hier pourtant, coup de tonnerre. La direction de KissKissBankBank a signifié à la rédaction la suppression immédiate de la cagnotte et de son contenu. Motif invoqué: le projet Rodéo déplait a leur «comité d’éthique»... Mais le scandale ne s'arrêta pas là. On apprenait ce matin que le réseau social Twitter bloquait à son tour le compte du mensuel bordelais, au motif que celui-ci a reproduit un extrait de l'e-mail envoyé par KissKissBankBank! Il ne s'agissait pourtant que d'une simple citation, que tout journal est évidemment fondé à publier afin d'accomplir sa mission d'information.

Ce n’est pas la première fois que l’équipe du journal rencontre l’hostilité des bonnes âmes. Déjà il y a quelques semaines, la direction de la communication de la police de Bordeaux avait demandé le retrait des exemplaires mis à disposition dans les commisariats de la ville. Il faut dire qu’en alertant ses lecteurs sur la montée de la délinquance locale, Rodéo dérange en haut lieu.

Ainsi fonctionne aujourd’hui la police de la pensée. Alors qu’ils n’ont jamais été suspectés par la justice de relayer quelque contenu haineux ou propos diffamatoire que ce soit, les créateurs de Rodéo voient leur avenir hypothéqué par deux entreprises numériques privées, qui se sont attribué un absurde brevet d’autorité morale en matière de journalisme. Souhaitons que cette triste affaire leur donne une publicité inespérée et que les censeurs se repentent bientôt de leur geste contre la liberté d'expression.

Il est possible d’apporter une aide financière au journal bordelais en se rendant sur le site Tipee.

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