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Journée de la femme : quand l'immigrationnisme instrumentalise la cause des femmes Abonnés

ARTICLE. Le groupe grevefeministe.fr appelle à une journée de grèves et de manifestations féministes. Il entend lutter contre le sexisme, les violences faites aux femmes, mais également … contre le racisme vis-à-vis des femmes migrantes, pour qui il exige un permis de séjour illimité et sans conditions.

Journée de la femme : quand l'immigrationnisme instrumentalise la cause des femmes

NB : Il est urgent de désacraliser le sujet de l’immigration. Retrouvez nos analyses, nos diagnostics et nos prescriptions dans notre nouveau numéro Front Populaire n°4 : Immigrations, éviter le naufrage.

A l’occasion de la journée de la femme, dans toute la France, des femmes se sont mises "en grève" aujourd’hui. Elles ont répondu à l'appel d’un groupement d’association et de partis politiques qui veulent “dénoncer et arrêter une société patriarcale et raciste qui nous exploite, nous soumet et nous tue.” Vaste programme.

L’enjeu est de taille : dans son communiqué, le site grevefeministe.fr explique que “Les confinements ont mis en lumière que les femmes sont indispensables au fonctionnement de la société”. Le texte n’expliquera pas en quoi les dits confinements ont pu démontrer quoi que ce soit qui aille dans le sens de ce qui paraît, de toute façon, frappé du sceau du bon sens (qui nie encore que les femmes sont indispensables à la société à notre époque ?). De fait, elles entendent faire valoir leurs droits dans de meilleures conditions.

Dans ce gloubi-boulga indigeste, vont venir se greffer moult revendications. A trop vouloir rassembler les habituelles tendances militantes de gauche et d’extrême-gauche, les organisateurs dressent une liste de doléance à la Prévert, qui donne le tournis tant elle frise à un moment l’abscons : à l’exigence d’égalité salariale (reprenant le calcul simplet et mensonger, selon lequel “à partir de 15h40, les femmes travaillaient gratuitement”) se mêle la demande d’un “réel partage des tâches domestiques !” ou d'un milliard“pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles”.

Les revendications du collectif ne s’arrêtent pas là, loin s’en faut. L’intersectionnalité dans ce qu’elle a de plus beau : les femmes "serontdans la rue pour dénoncer les discriminations, de genre, de classe, de race, et lesbo,-bi- transphobes cumulées par certaines.” La journée de la femme transformée en journée LGBT et racialiste, il fallait y penser. Et le combat ne s'arrête pas là. Grevefeministe réclame - et il s’agit de sa dernière revendication, donc de la principale - vouloir lutter contre “la violence sexuelle, raciste et institutionnelle faite aux femmes migrantes, contre leur exploitation”. Pour vaincre ce fléau : une seule solution à leurs yeux : “La liberté de mouvement à travers les frontières et un permis de séjour illimité et sans conditions !”. Rien que ça !

Alors vont fleurir aujourd’hui tout un tas de manifestations locales, certaines prêtant franchement à sourire. Notamment à l’idée que ces personnes s’imaginent que ces actions puissent avoir un quelconque effet sur la société. Un flashmob ou une chorégraphie “El violador eres tu” (« le violeur c'est toi ») à Compiègne et à Alençon, un atelier décoration et de rebaptisation de noms de rues à Gap, ou bien encore la participation du collectif “Rosie” à Paris, grâce à qui l’Assemblée pourra chanter et danser au rythme des tubes “Stop Patriarcat”, “A cause de Macron” , “l’hymne des femmes”... Rappelons que ce mouvement est soutenu par la CGT, l’UNEF, EELV, la FI, Generation.s.

Le site Internet est géré par Fabien Marcot, un militant radical du 18èmearrondissement de Paris prétendument “anti-raciste”. Le même qui avait contribué à exclure (l’époque voudrait qu’on emploi l’anglicisme “cancel”) les militants du groupe “JR Hébert”, de la France Insoumise. Il avait accusé le groupe de se focaliser “sur les questions de laïcité avec vraisemblablement une obsession pour l'islam", et avait contribué à une action d’intimidation lors d’une réunion organisée dans un café par “JR Hébert”, placée sur le thème de "l’entrisme de l’islamisme dans le mouvement syndical".

Les femmes gagneraient à que l’on se batte réellement pour une amélioration de leurs conditions de travail et d’accès au marché du travail. Mais confier (ou se voir spoliée de) leur destin et leur luttes à des opportunistes qui viennent greffer leur intersectionnalité toute droit importée des États-Unis, c’est se tirer une balle dans le pied. Ce soir, les photos et les vidéos de ces mouvements seront décortiquées et moquées sur les réseaux sociaux. La cause des femmes, elle, passera très largement au second plan. Pourtant, assurément, ces dernières mériteraient d’être mieux représentées

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