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318 « noms de la diversité » : la liste du mépris Abonnés

ARTICLE. Emmanuel Macron voudrait que les noms de rues célèbrent davantage la « diversité ». Une opération symbolique qui trahit des motivations suspectes, en l'occurrence une vision racialiste donc anti-universaliste de la société française.

318 « noms de la diversité » : la liste du mépris

On appelle cela la pensée « woke ». En décembre dernier, sur le plateau du média en ligne Brut, Emmanuel Macron n'a pas lésiné sur les outrances pour complaire aux bobos persuadés de vivre dans un pays raciste. Interrogé sur la question de la mémoire officielle, il déclarait ainsi : « une partie de notre histoire n’est pas représentée », avant de promettre un « catalogue de 400 personnes venues d'ailleurs » censé aider les élus locaux à mieux choisir les noms des rues et des bâtiments publics.

A peine trois mois après, la liste est donc prête. Elle est le fruit d'un comité scientifique d'une vingtaine d'intellectuels, dont la romancière Leïla Slimani, l'islamologue Rachid Benzine et l'historien Pascal Blanchard. Validée par l'Élysée, on y trouve 318 femmes et hommes, qui tous, à n'en point douter, méritent d'être honorés par la République... et qui d'ailleurs le sont déjà sur de nombreux frontons et plaques du pays.

Mais alors, pourquoi diable déplorer cette opération ? Pourquoi critiquer cet hommage rendu à 318 personnes admirables ? Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron leur a assigné une vocation aussi ahurissante que scandaleuse : servir de référence à « une partie de notre jeunesse qui se cherche, et qui cherche des héros qui lui ressemblent ». Oui vous avez bien lu ! Pour notre président, les jeunes Français d'origine africaine, arabe ou asiatique ne peuvent se reconnaître que dans des personnalités noires, arabes ou asiatiques...

Où l'on comprend l'extrême condescendance avec laquelle Emmanuel Macron considère une bonne frange de ses administrés. Lui qui bien évidemment peut parfaitement s'identifier à de grands auteurs comme Léopold Sédar Senghor ou Mohammed Arkoun, ne semble pas pouvoir concevoir en revanche qu'un jeune « issu de la diversité » (comme on dit dans les beaux quartiers) puisse se trouver des points communs avec Voltaire ou Marcel Proust. Sans doute s'imagine-t-il que les jeunes « racisés » (comme on dit à Sciences Po Grenoble) sont trop limités, qu'il leur est intellectuellement impossible de s'identifier à une figure universellement inspirante dès lors que celle-ci n'aurait pas leur couleur de peau... Les bonnes intentions démagogiques et vaguement électoralistes de Monsieur Macron pavent l'enfer racialiste à venir.

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