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Reconstruction de Notre-Dame : un « écocide » selon une pétition adressée au ministère de l’Écologie Abonnés

ARTICLE. Plus de 41.000 personnes ont signé une pétition adressée à la Ministre de la Transition écologique Barbara Pompili pour dénoncer la coupe de chênes centenaires pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il s’agirait pour eux d’un « écocide ».

Reconstruction de Notre-Dame : un « écocide » selon une pétition adressée au ministère de l’Écologie

C’est une pétition anonyme qui réunit désormais 41.788 signatures. Elle est adressée directement au gouvernement et en particulier à Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique et dénonce un « écocide ». La présentation de la pétition estime en effet qu’un « arbre centenaire fait partie de notre patrimoine et représente un écosystème à lui tout seul » et que s’en servir pour reconstruire Notre-Dame est une « aberration ». À la place, il faudrait, selon les pétitionnaires, « choisir des techniques d'ingénieries plus responsables et moins dégradantes pour notre environnement ».

Souvenons-nous, dans la nuit du 15 au 16 avril, une grande partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, dont sa charpente du XIIIème siècle, part en fumée. Le gouvernement a, suite à l’incendie, décidé une reconstruction à l’identique de la cathédrale (non sans certaines tergiversations loufoques), y compris concernant les matériaux. Le chêne l’a donc emporté sur le béton et le ferraille. La charpente ou « forêt » nécessite ainsi 1324 chênes pour une reconstruction à l’identique. Sélectionnés selon des critères très particuliers, certains d’entre eux sont centenaires (5% selon France Bois Forêt), alors que les autres « sont âgés d’environ 60-80 ans ».

Alors que le gouvernement, dont Barbara Pompili, a retenu la notion de « délit d’écocide » dans son projet de loi climat, la pétition la prend à son propre jeu. Chargé symboliquement, le mot dresse un parallèle avec le terme de génocide et veut faire du crime contre l’environnement un équivalent du crime contre l’humanité. Mais si des pratiques relèvent bel et bien de la destruction planifiée et désastreuse pour l’environnement, ce ne semble pas être le cas pour la coupe des chênes pour Notre-Dame.

En effet, selon l’Office National de la Forêt, interrogé par Le Figaro, « mille chênes équivalent à 0,1 % de la récolte annuelle de bois de chêne destiné à la construction ou l’ameublement ». Et, en réalité, « il en pousse plus qu’on en récolte, soit 3 millions de mètres cubes, contre 2 millions, chaque année ». De plus, le bois est ordinairement très plébiscité par les mouvances écologistes. Hier par exemple, EELV a fait savoir à travers un communiqué qu’ils soutenaient la filière bois censée « accompagner la construction, la rénovation et l’isolation de bâtiments ».

Ce n’est pourtant pas la première fois que la coupe d’arbres suscite des réactions virulentes de la part d’opposants. Songeons par exemple au maire de Bordeaux qui avait décidé de ne pas installer de sapin de Noël sur la place de la mairie, au motif qu’il ne voulait pas « d’arbres morts » dans sa ville.

La reconstruction de la cathédrale de Notre-Dame de Paris a également alimenté de vives réactions de la part de ceux qui ne voient dans le lieu de culte qu’un vulgaire « tas de pierres » alors même qu’il faudrait « éradiquer la faim dans le monde » ou « lutter contre le réchauffement climatique ». C’est bien simple, il y a toujours un meilleur moyen d’employer les ressources, les financements, il y a toujours une cause plus « noble », plus « juste », plus équitable. Mais ces causes sont toujours mises en avant, bizarrement, à l’encontre du savoir-faire, des traditions et de la civilisation française.

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