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Défense : La France va se doter d’une filière souveraine de bouées anti sous-marins Abonnés

ARTICLE. Le ministère des Armées a choisi Thales et plusieurs autres entreprises françaises pour développer « SonoFlash », bouée acoustique anti-sous-marins. Une bonne nouvelle pour l’industrie française et pour cette filière de la défense nationale, qui était loin d’être souveraine jusqu’à présent.

Défense : La France va se doter d’une filière souveraine de bouées anti sous-marins

C’est un contrat qui s’élève à « quelques millions d’euros » qui devrait assurer l’indépendance française dans la filière des bouées acoustiques de lutte anti-sous-marins. La Direction générale de l’armement (DGA) a accordé à Thales un marché pour « le développement, la qualification et l’industrialisation de la bouée acoustique SonoFlash au profit de la Marine nationale ».

C’est un domaine peu connu de la défense mais ô combien important à l’heure où la menace sous-marine prolifère. Rappelons que les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) sont pour l’heure le moyen le plus efficace et performant d’assurer une dissuasion nucléaire – en raison de leur indétectabilité – ; ils peuvent être partout, contrairement aux avions. Seules les ondes acoustiques sont à même, sur une portée limitée, de détecter ces sous-marins. C’est pourquoi le ministère des Armées, pour se prémunir des menaces de ce type et sécuriser ses propres SNLE « aux abords de leur base de Brest », a choisi de faire développer SonoFlash.

Il s’agit d’une bouée qui pourra être embarquée sur des aéronefs de lutte anti-sous-marine, comme par exemple l’avion de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2) ou encore l’hélicoptère tactique NH-90 Caïman Marine, et qui pourra être larguée en mer et dévoiler son fonctionnement à la fois actif (impulsion sonore et transmission d’informations à la surface) et passif (captage de signaux acoustiques longue distance).

De plus, l’atout de cette bouée est d’être compatible avec les autres familles de sonars proposées par le groupe français comme le sonar trempé FLASH qui permettra, selon Thales, « à une plateforme aérienne d’assurer une recherche dans un rayon d’action plus important, tout en étant plus réactive face aux manœuvres évasives d’un sous-marin », ou face aux sonars de la famille Captas qui équipent les frégates.

Depuis les années 1950, la France dépend de la firme américaine Sparton pour ce type d’équipements. Désormais, à l’horizon 2025, les quelques 4.500 à 7.000 bouées utilisées annuellement par la Marine nationale seront fabriquées par Thales, en coordination avec des PME et ETI françaises comme Télérad (PME de 82 personnes spécialisée dans les systèmes radios et basée à Anglet, Pyrénées-Atlantiques), Realmeca (fournisseur industriel basé à Clermont-en-Argonne, Meuse), ou encore SelhaGroup, (groupe de 900 personnes, expert de l’électronique situé à Renazé, Mayenne).

En plus de la Marine nationale, Thales projette d’exporter son nouveau prototype et de le transformer en un succès commercial auprès des puissances dotées d’aéronefs de patrouille maritime. C’est notamment le cas de nombreux pays dotés de l’hélicoptère NH90 : Australie, Allemagne, Espagne, Grèce, Norvège, Oman, Portugal, pour ne citer qu’eux. Atout de taille : selon le ministère des Armées, la France serait capable de « produire une meilleure offre que la concurrence sur le plan technologique », et ce à moindre coût.

En plus de retrouver notre indépendance dans cette filière particulière de la défense nationale, la production des SonoFlash est un coup de pouce pour l’activité industrielle du pays, à l’heure où la France cherche à relocaliser et réindustrialiser l’économie sur le territoire. En matière de défense comme ailleurs, l’autonomie et la souveraineté font une fois encore la preuve de leurs vertus.

(Source illustration : © Thales)

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