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L’affaire Cesare Battisti, symbole de l’aveuglement idéologique de la gauche parisienne Abonnés

OPINION. Le terroriste italien d’extrême gauche, condamné à la perpétuité pour sa responsabilité dans quatre assassinats durant « les années de plomb », avait bénéficié de la doctrine Mitterrand ainsi que du soutien moral de la gauche intellectuelle parisienne. Retour sur une affaire symptomatique.

L’affaire Cesare Battisti, symbole de l’aveuglement idéologique de la gauche parisienne

Après son arrestation et son transfert en Italie en février 2019, Cesare Battisti a reconnu devant le procureur de Milan être coupable des deux assassinats (un policier et un gardien de prison) et des deux complicités d’assassinat commis à la fin des années 1970 en Italie et pour lesquels il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il a aussi admis être impliqué dans de nombreux vols à main armée et « jambisations » (tirs à balles réelles aux jambes) de magistrats, policiers, chefs d’entreprise, journalistes.

Ces aveux constituaient l’épilogue d’un long psychodrame typiquement parisien, au cours duquel, pendant près de vingt ans, la quasi-totalité de ce qu’il est convenu d’appeler l’intelligentsia parisienne politique, culturelle et médiatique a apporté son soutien sans faille à un assassin de droit commun, mais porteur de tous les fantasmes post-soixante-huitards de la lutte armée prolétarienne et du grand soir révolutionnaire. En retracer les principales étapes permettra peut-être d’en tirer quelques leçons utiles pour le temps présent.

Un parcours sanglant jugé et condamné dès 1993

Cesare Battisti est né en 1954. Il verse très jeune dans la délinquance (vols, braquages). En prison il rencontre des militants d’extrême gauche et rejoint alors la clandestinité et la lutte armée dans le cadre du groupuscule Prolétaires armés pour le communisme (PAC). En compagnie d’autres membres de ce groupe mi-braqueur mi-terroriste, il commet de nombreux hold-up et, personnellement, deux assassinats : ceux du gardien de prison Antonio Santoro le 6 juin 1978 à Udine, et du policier Andrea Campagna le 19 avril 1979 à Milan, en tirant plusieurs fois au visage. Il est complice des assassinats du bijoutier Pierluigi Torregiani le 16 février 1979 à Milan et du boucher Lino Sabbadin le même jour à Mestre. Il est arrêté le 26 juin 1979 et condamné en...

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