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Quelles sont les villes moyennes les plus dynamiques de France ? Abonnés

ARTICLE. Un palmarès des centres-villes des villes moyennes les plus fréquentés de France a été établi ce lundi 22 mars par l’association Villes de France et la start-up Mytraffic. Il recense les 30 villes de moins de 100.000 habitants les plus dynamiques. Comment se rendent-elles si attractives ?

Quelles sont les villes moyennes les plus dynamiques de France ?
Publié le 26 mars 2021

Quand on ne parle pas de Paris, on parle des grandes villes ou « métropoles », censées être les pôles d’attractivité de leur région respective. Mais on parle peu des villes dites « moyennes ». C’est pour cela que l’association d’élus « Villes de France » qui rassemble les villes de 10 000 à 100 000 habitants et leurs agglomérations, c’est-à-dire 30 millions d’habitants, a décidé de mettre à l’honneur ces villes dans un classement des villes les plus attractives.

Avec l’aide de Mytraffic, entreprise numérique qui analyse les flux des passants grâce à la géolocalisation des smartphones (tout en garantissant l’anonymat des données), l’association est parvenue à comptabiliser les passages dans plus de 180 zones de centres-villes de villes moyennes en France métropolitaine (hors Île-de-France, outre-mer et villes touristiques).

Le résultat du classement indique que c’est Villefranche-sur-Saône (Rhône), ville de 36.000 habitants qui occupe la première place du classement avec 2,50 millions de passages par mois dans le centre-ville. Les villes de Chambéry, 59.000 habitants (Savoie) et Pau, 76 275 (Pyrénées-Atlantiques) complètent le podium. Le reste du classement montre une répartition plutôt disparate des villes dynamiques, même si l’on peut distinguer une forte attractivité de la vallée du Rhône et du Nord.

Le rapport souligne que les villes récompensées « se démarquent par leur résistance face à la crise sanitaire. Elles ont affiché entre mars 2020 et janvier 2021 un flux moyen équivalent à 76 % de leur niveau pré-Covid (mesuré en janvier-février 2020), malgré deux confinements, un couvre-feu et des fermetures de restaurants et sites culturels ». Le graphique ci-dessous détaille le cas de Villefranche-sur-Saône, qui a particulièrement bien résisté avec un flux moyen à 83% du niveau pré-covid.

Parmi les explications avancées par le palmarès qui favorisent l’attractivité des centres-villes, on trouve :

- La reconcentration des activités : éviter les zones commerciales en périphérie, les logements vides dans les centres-villes et inciter les commerces à investir.

- Accessibilité et pacification : faciliter le stationnement pour les voitures tout en développant les zones piétonnes.

- Rénovation du patrimoine historique : réhabiliter des sites remarquables.

- Recours à des « managers de centre-ville » : organiser de manière « transversale » et/ou utilisation de foncières publiques

- Tissu de commerçants actifs : favoriser des associations de commerçants et le dialogue public-privé.

Par exemple, le maire de Colmar Éric Straumann explique qu’il faut faciliter au maximum le stationnement à proximité des commerces des centres-villes : « [à Colmar], il y a 5 000 places de parking dans un rayon de 5 minutes à pied de la Cathédrale ». En même temps, « la Ville ne souhaite pas développer les centres commerciaux en périphérie urbaine ».

Plus généralement, ce palmarès pose la question de l’aménagement du territoire, du tissu urbain, et de la répartition grandes villes/villes moyennes. La pandémie de covid-19 semble avoir rebattu les cartes pour de nombreux Français dans leur conception de leur mode de vie et de l’espace. Envie d’air, d’espace, d’accès rapide à la nature, tout en étant proche d’une ville dynamique, les villes moyennes remplissent le cahier des charges de nombreux Français qui souhaitent désormais y jeter leur dévolu.

Cependant, on ne peut pas encore parler d’« exode urbain ». Si Paris a perdu ces dernières années des habitants (et notamment avec la crise du COVID), beaucoup de Français s’installent encore, selon un rapport, dans les grandes métropoles. Au même moment, « plus une ville est petite, plus elle perd des habitants ». En effet, seulement douze métropoles françaises concentrent plus de la moitié des emplois en France…

(Source images : © Mytraffic et Villes de France)

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