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La Poste se convertit au souverainisme numérique Abonnés

ARTICLE. La Poste et INRIA viennent de conclure un accord de collaboration. Une nouvelle opération pour la Poste, qui multiplie ses investissements dans le but de devenir le champion souverain du numérique.

La Poste se convertit au souverainisme numérique

Un partenariat vient d’être conclu entre La Poste et INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique). L’accord, d’une durée de trois ans et signé le 26 mars, vise à conforter la puissance de l’investissement du groupe postal dans le numérique. Un numérique qui se veut plus souverain, plus innovant et plus respectueux des normes environnementales.

Toujours en pleine mue, la Poste a initié le 25 février, son plan “La Poste 2030, engagée pour vous”. Sept priorités avaient été fixées, dont l’affirmation des réseaux “physiques, numériques et humains”, mais aussi et surtout l’accélération de :”la transformation digitale, développer les services de confiance numérique et contribuer à l’inclusion numérique”. Un vaste programme qu’il fallait concrétiser par des investissements stratégiques.

Le partenariat conclu avec INRIA en fait partie. L’Institut dispose de plus de 3 500 chercheurs et ingénieurs dédiés à la recherche et l’innovation numérique. La Poste entend ainsi soutenir la recherche française. Une vingtaine d'équipes de l’Inria collaborera sur des recherches avec des experts du groupe La Poste. Pour les deux organisations, il s’agit ni plus ni moins à contribuer à la souveraineté numérique française. Pour Bruno Sportisse, Président-Directeur général d’Inria et Président de la Fondation INRIA, il s’agit avant tout de :” Maîtriser notre destin numérique (...) Cela passe par la mobilisation d’un écosystème d’acteurs qui veulent construire notre souveraineté numérique.

La Poste a déjà procédé à un investissement similaire, le 7 décembre, en devenant, via sa filiale Docaposte, majoritaire au capital d’Index Éducation, leader français des logiciels de vie scolaire. L’entreprise conçoit des programmes d’emploi du temps, de gestion de planning et de vie scolaire. Pour La Poste, Il s’agissait de mettre en avant son savoir-faire en matière de signature électronique, et de création de plateformes numériques et documentaires. Des compétences acquises notamment en octobre 2020, avec le rachat de l’activité de certification pour les personnes physiques de DocuSign France. En mai 2020, Docaposte devenait le leader de l’archivage numérique en France avec l’acquisition de CDC Arkhinéo.

Le partenariat avec INRIA se situe dans la continuité de ce développement d’activité, qui vise à faire de Docaposte (et de la Poste, plus généralement) un champion du numérique souverain. Le Groupe se fixe également l’ambition de devenir la première plateforme européenne du lien et des échanges, humaine et digitale. Le tout coloré, bien sûr, de vert et d’inclusif, les maîtres mots de notre époque communicante.

En trois ans, les ingénieurs et chercheurs de INRIA et de la Poste devront travailler sur la préservation de l'environnement “ à travers, par exemple, l’écoconception des services numériques”. Ils étudieront également des concepts un peu moins obscurs comme l'utilisation des données personnelles, la cybersécurité, les algorithmes, ou encore l’intelligence artificielle.

Philippe Wahl, Président-Directeur général du Groupe La Poste est enthousiaste : “les travaux menés dans le cadre de ce partenariat serviront à anticiper les ruptures technologiques à venir et seront un catalyseur d’innovations”. Après des années de déclin, en multipliant ses investissements dans le numérique, la Poste semble enfin s’être fixé un cap ambitieux.

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