Menu
Nation
culture
Malgré les confinements, les Français ont moins lu en 2020 Abonnés

ARTICLE. Un baromètre de l’Ipsos pour le Centre national du livre révèle une baisse moyenne du lectorat national par rapport à l’année 2019, en dépit des restrictions sanitaires. Le sondage fait toutefois remarquer que les Français sont toujours nombreux à lire et attachés aux valeurs du livre.

Malgré les confinements, les Français ont moins lu en 2020

Le Centre national du livre (CNL), en association avec l’IPSOS, a publié mardi 30 mars les résultats d’une étude portant sur les habitudes de lecture des Français en 2020. Cette année, marquée par la pandémie de COVID-19, aurait pu amener les Français à lire davantage, notamment à la faveur des confinements et autres couvre-feux.

Mais ce n’est malheureusement pas le cas. Sur l’échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française de plus de 15 ans, 81% des Français se déclarent lecteurs (c’est-à-dire répondent « un peu, moyennement, ou beaucoup » à la question « diriez-vous que vous êtes plutôt quelqu'un qui lit... ») contre 88% en 2019.

Autre conséquence des restrictions gouvernementales : les Français ont moins acheté de livres en 2020, que ce soit pour eux-mêmes (-4 points) ou pour offrir (-6 points). Une conséquence probable des fermetures et/ou des contraintes imposées par les restrictions sanitaires contre les librairies et les bibliothèques.

Mais selon le CNL, le chiffre reste haut. Le baromètre indique que 86% des Français ont lu « au moins un livre au cours du dernier mois » (hors lectures professionnelles). La notion de « livre » est à prendre ici au sens large, puisqu’elle inclut tous les formats : du roman à la bande dessinée en passant par la littérature scientifique ou les mangas. Parmi ces lecteurs, 67% ont lu au moins un roman, 47% un livre « pratique, arts de vivre » et 45% un livre sur l’histoire. Ces trois genres connaissent cependant une baisse par rapport à 2019. Seuls les livres de « reportage d’actualité » connaissent une hausse d’intérêt (+6 points)

Une grande majorité des lecteurs préfère toujours le format papier (83%) au format numérique (tablettes, liseuses, ordinateurs…). Parmi ceux-là, 22% ont lu 20 livres ou plus lors de l’année 2019. Le profil de ces « grands lecteurs » se caractérise par un public plutôt féminin et diplômé.

Le CNL fait également remarquer que les Français associent beaucoup plus qu’avant la lecture à des valeurs positives : 72% au « plaisir », 66% à « apprendre et découvrir de nouvelles choses », 49% à « être heureux et épanouis dans la vie ». Les circonstances sanitaires y sont peut-être pour quelque chose – notamment le 1er confinement qui a particulièrement limité les activités – en ce qu’elles ont permis aux Français d’apprécier l’évasion procurée par les livres et de reconsidérer le caractère essentiel des livres et des librairies (notamment lorsqu’ils étaient perçus comme « non-essentiels » par le gouvernement).

Enfin, concernant les circonstances de lecture, 96% des lecteurs lisent chez eux et 65% lisent en dehors de leur domicile, et notamment dans les transports (48). Cela pourrait expliquer en partie la baisse du lectorat l’année dernière. Autre élément important : le développement du télétravail qui a décuplé l’usage de l’ordinateur (et son lot de lecture électronique : mails, documents…) et donc le sentiment des Français d’avoir plus lu l’année dernière (26% ; + 6 points par rapport à 2019). De fait, les Français interrogés souhaiteraient, s’ils avaient plus du temps, sortir avec des amis (31%) plutôt que de lire un livre (13%).

La France reste tout de même un des pays où on lit le plus dans le monde (9ème pays) avec 6h54 en moyenne par semaine, loin derrière l’Inde (10h42), mais en tête des pays européens avec la Suède.

Dans cette perspective et dans les circonstances actuelles, rappelons les mots de Montesquieu : « Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. »

L’étude intégrale du Centre national du livre est disponible ici.

commentaireCommenter