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Crise Sanitaire
« Enfermez-les tous ! » : une stratégie anti-covid aussi inefficace que liberticide Abonnés

OPINION. L’application des restrictions sanitaires à l’ensemble de la population, sans aucune distinction, constitue pour notre abonné une atteinte injustifiée aux libertés fondamentales. Sans minimiser l’épidémie, une autre stratégie était, selon lui, possible.

« Enfermez-les tous ! » : une stratégie anti-covid aussi inefficace que liberticide

Dans une société civilisée et démocratique, que se passe-t-il quand un citoyen représente un danger pour le reste de la population ? On le met à l’isolement pour éviter qu’il nuise à autrui, que cette nuisance soit volontaire, ce qui conduit à un emprisonnement, ou qu’elle soit involontaire (malade mental criminel), auquel cas sa mise à l’écart est accompagnée de soins dans des établissements spécialisés.

Ce fonctionnement est clairement défini par l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à laquelle la Constitution de 1958 proclame solennellement son attachement dans son préambule : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi ».

Ce principe fondamental est totalement remis en cause depuis l’apparition du virus SARS-CoV-2. En effet, les gouvernements nommés par Emmanuel Macron, que ce soit celui d’Édouard Philippe ou celui de Jean Castex, ont décidé d’appliquer des mesures collectives de restrictions de liberté, soit à l’échelon national soit à l’ensemble des habitants de certaines régions, et ceci sans distinction de leur état de santé, mélangeant donc dans une même mesure les malades et les bien-portants. Donc ceux qui peuvent « nuire à autrui » et les inoffensifs.

Que se passe-t-il lorsqu’une personne est testée positive au Covid-19 ? Les services de santé lui conseillent de se mettre à l’isolement pour « protéger ses proches », mais l’État ne la contraint en aucune manière à s’isoler pour éviter de contaminer d’autres personnes autour d’elle, alors que sa liberté devrait être réduite puisqu’elle peut transmettre le virus à quiconque s’en approche.

Si vous êtes en bonne santé et que vous sortez sans attestation pendant un confinement, vous êtes sanctionné d’une amende. Si vous êtes testé positif et que vous continuez de circuler avec une attestation en ordre, la loi ne vous soumet à aucune sanction. Nous sommes chez les fous !

Si le gouvernement considère que ce virus est anodin, alors son attitude est compréhensible. Mais si celui-ci considère que le SARS-Cov-2 est très dangereux, voire mortel pour une catégorie de Français, ce qui semble être le cas depuis l’apparition de l’épidémie, alors son laxisme vis-à-vis des personnes contagieuses est criminel. Des hommes de loi devraient trouver ici matière à plaider si les familles de victimes du Covid-19 les sollicitent.

Emmanuel Macron et ses gouvernements ont choisi de punir tous les Français, sans distinction, d’enfermer par la contrainte les bien-portants avec les malades, de priver leurs concitoyens sains de leurs libertés fondamentales parce qu’ils n’ont pas le courage, les moyens ou la volonté de mettre en œuvre des mesures justes et efficaces pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Le bon sens aurait voulu qu’un gouvernement responsable et soucieux de la santé de sa population s’emploie à mettre en place une campagne de détection massive, puis d’isoler et de soigner les malades, et enfin de vacciner le plus vite possible l’ensemble de la population.

Emmanuel Macron a juste été capable de copier les mesures prises par d’autres pays. L’Allemagne suspend la vaccination avec le produit fourni par le laboratoire AstraZeneca ? il en fait de même immédiatement. La Chine a confiné tout le monde au début de l’épidémie sur son territoire ? Il n'en finit plus de confiner la France entière ou ses régions.

Mais que ce serait-il passé si le virus SARS-Cov-2 était apparu pour la première fois en Suède ? Les mesures sanitaires prises par ce pays sont à l’opposé de celles adoptées en Chine. Dans un cas il s’agit d’une démocratie avancée, dans l’autre d’un régime autoritaire que certains n’hésitent pas à qualifier de dictature. Et c’est la Chine qui a donné le la des mesures sanitaires à prendre face à ce virus.

Certes, d’autres pays ont eu beaucoup plus de victimes du Covid-19 en raison d’une mauvaise gestion sanitaire et, oui, Emmanuel Macron n’est pas le seul à avoir suivi les mesures prises par la Chine. Mais comment se fait-il qu’à aucun moment, la question de savoir s’il fallait suivre les décisions d’un régime chinois critiqué de façon systématique par nos hommes politiques pour sa dureté et son manque de respect des libertés individuelles ne s’est-elle posée ?

L’épreuve que traverse notre pays aurait pu être l’occasion de démontrer la valeur des principes de notre démocratie qui en serait sortie grandie et renforcée. Au lieu de cela, nous avons eu droit à un mélange de laxisme, d’improvisation, d’autoritarisme, de tergiversations et d’incapacité à fournir des réponses rapides et adaptées à une situation sanitaire critique.

Les nerfs, la santé morale et la patience des Français sont mis à rude épreuve. Si le virus en est à l’origine, les décisions d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements en sont la cause. Hélas, la sortie du tunnel ne pourra pas être envisagée avant le mois de mai 2022.

Publié le 6 avril 2021
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