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Racialisme : quand le New York Times fantasme sur l’Unef Abonnés

ARTICLE. Dans un style qui lui est propre, le New York Times vient de publier un article sur l’Unef. Un papier qui se veut neutre et factuel, mais qui cache mal l’attaque du système universaliste à la Française.

Racialisme : quand le New York Times fantasme sur l’Unef

Il est des traditions qu’on se doit de respecter. C’est ce que se disent probablement les rédactions du Washington Post et du New York Times. À chaque polémique impliquant au choix la thématique de l’islam ou du racisme en France, il leur faut écrire un article sur le sujet. Le Washington Post a réglé la question depuis plusieurs mois en faisant appel à Rokhaya Diallo, l’égérie du wokisme soft à la Française. Le New York Times, lui, a recours à ses correspondants français, Norimitsu Onishi et Constant Méheut, lesquels viennent de publier un article, ce dimanche 4 avril, retraçant les récents déboires de l’Unef. Un récit haut en couleur !

Le quotidien américain revient sur la crise du syndicat, et la volonté affichée par le Sénat, jeudi 1er avril, de dissoudre les organismes (dont l’Unef) organisant des réunions non mixtes - à savoir des réunions interdisant la participation d’une personne à une réunion en raison de sa couleur ou son origine. L’article cite alors Aurore Bergé, qui fustige les actions discriminantes du syndicat : “On est en train d’évincer les autres, comme s’ils n’avaient pas le droit à l’expression”, raconte-t-elle. Premier tacle des journalistes qui rappellent alors que cette dernière “a récemment échoué à faire passer un amendement qui auraient interdit le port du voile dans l’espace public par les musulmans mineurs.

C’est un exercice de style comme un autre. En faisant mine d’exposer les faits, les deux auteurs multiplient les commentaires déguisés pour orienter le lecteur. Revenant sur l’interview de Mélanie Luce, présidente de l’Unef par Sonia Mabrouk (non citée) sur Europe1, le 17 mars, Norimitsu Onishi et Constant Méheut écrivent :”Mme Luce a expliqué à la journaliste radio qu’aucune décision n’était prise au cours de ces réunions non mixtes, que ces dernières permettaient simplement aux femmes et aux minorités raciales de partager leurs expériences de discrimination”. Qui n’a pas vu l’interview en question ignorera à quel point la présidente de l’Unef a été secouée et poussée dans ses retranchements par la pugnacité de la journaliste d’Europe 1. Le New York Times n’en a cure, et préfère s’attarder sur les conséquences :”L’interview a néanmoins déclenché un torrent de menaces de mort sexistes et racistes”. Comme si ces conséquences collatérales éteignaient l’enjeu de la séquence.

Pour le journal américain, l’évolution du syndicat reflète “les changements considérables qui s’opèrent au sein de la jeunesse française, qui a des attitudes bien plus décontractées sur le genre, la race, l’orientation sexuelle ”. Vraisemblablement, les auteurs de cette phrase ne vont jamais sur les réseaux sociaux, car sur ces thématiques, difficile de mettre en avant la “décontraction” des échanges. Plus révélateur, le NYT poursuit et met en avant “un récent sondage sur la religion et le strict principe de laïcité”. Le sondage en question publié par l’IFOP le 2 mars mettait en effet en avant une jeunesse imprégnée d’une laïcité “à l’Américaine”. Ce qui n’empêche pas la jeune Mila de vivre recluse chez elle, après avoir insulté l’Islam. Elle est bien étrange, la société apaisée fantasmée par nos deux journalistes.

Ce qui est frappant, également, c’est cette obsession malsaine que manifeste l’article pour la couleur des intervenants. Là où l’universalisme à la française veut qu’un journaliste ou un homme politique soit uniquement qualifié tel quel, le New York Times va passer les acteurs de la polémique au nuancier de couleur. Audrey Pulvar ? “Adjointe noire à la maire de Paris “. Mélanie Luce ? “La fille d’une femme noire de Guadeloupe et d’un homme juif du sud de la France”. Majdi Chaarana ? “Trésorier de l’Unef et fils d’immigrés tunisiens”.  Les (anciens) dirigeants de l’Unef ? “Des hommes blancs financièrement privilégiés issus des “grandes écoles” françaises”. Les militants du syndicat ? ”eux, venaient majoritairement de familles ouvrières, immigrées et non blanches”. Bruno Julliard, ancien dirigeant de l’organisation syndicale, interrogé par le NYT n’a certes pas le droit au rappel de sa couleur de peau, mais de sa sexualité : “premier président de l’Unef ouvertement homosexuel”.

Les articles de Rokhaya Diallo dans le Washington Post ont le mérite de la franchise : ce sont des papiers écrits par une militante, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Les articles du New York Times sont plus vicieux. Sous couvert d’un traitement neutre de l’information, ce sont des papiers militants, qui offrent une vision et une version biaisées de la France à leurs lecteurs. Quant à l’Unef, c’est Mélanie Luce qui offre le dernier mot : “On fait peur parce qu’on représente l’avenir”.

C’est exact : cet avenir, promu par le journal américain, fait d’analyses sur les couleurs de peau, le genre, ou le sexe, qui pose un regard bienveillant sur les réunions interdites aux Blancs, fait peur !

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