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Le retour discret de Manuel Valls en politique Abonnés

OPINION. Dans son dernier livre, l’ancien Premier ministre de François Hollande témoigne de son amour pour la France, tout en écartant toute volonté électorale. Mais pour notre abonné, cela a davantage l’allure d’une opération de marketing politique.

Le retour discret de Manuel Valls en politique
Publié le 9 avril 2021

Manuel Valls a récemment publié un livre intitulé Pas une seule goutte de sang français (Grasset, 2021), Il s’agit sans doute d’une tentative de retour en politique. Suite à son échec cinglant à l’élection pour la mairie de Barcelone, l’ancien Premier ministre a vécu une véritable traversée du désert. Revenons brièvement sur le personnage. Lorsque « le matamore d’Évry », comme le qualifie l’hebdomadaire Marianne, était ministre de l’Intérieur, la gauche l’accusait d’être de droite. Pour ce qui était du démantèlement des camps de Roms, il était en effet implacable. Les Guignols avaient même créé un clip vidéo dans lequel Manuel Valls chantait : « les caravanes je les dégomme », « il ne reste plus que le klaxon ». Mais il n’en était pas de même pour l’immigration clandestine. La fameuse circulaire Valls du 28 novembre 2012 a entrainé une régularisation massive de sans-papiers.

D’après un sondage récent de l’IFOP (2020), une majorité de Français seraient pour la suppression du droit du sol (58 %), pour la suppression du regroupement familial (55 %) et pour une immigration choisie (78 %). Jusqu’à preuve du contraire, l’IFOP n’est pas une officine d’extrême droite. Le fait de poser le débat de l’immigration sans tabou est nécessaire, malgré les charges répétées de la bien-pensance contre ceux qui osent commettre cette atrocité. Nous autres souverainistes sommes souvent traités de « fachos » ou de « néo-nazis ». Nous nous faisons crucifier par la gauche progressiste, ayant pour credo une pensée unique qui étouffe tout débat démocratique. Cette volonté du peuple français de reconquérir sa souveraineté n’est pas nouvelle (elle remonte au référendum de 2005), et n’a pas été prise en compte par le gouvernement Valls. Il s’agit de faire face à la réalité de l’opinion publique. Ce n’est même plus une question de clivage gauche-droite, mais une question de souveraineté.

Manuel Valls considère qu’il appartient à la gauche dite républicaine. Dans son livre, que Marianne décrit comme étant « deux-cents pages de marketing politique », ce dernier explique qu’il n’est candidat à rien, mais qu’il est prêt à assumer des responsabilités politiques. Au début de son livre, l’ex-député s’exprime sur son expérience de la politique et du pouvoir, des hauts et des bas, ainsi que du recul pris avec l’âge. Puis il ajoute que ce n’est pas l’objectif de son livre d’effectuer un retour en politique. S’ensuivent des références littéraires, une supposée passion pour le football qui sonne faux, et des faits divers sur sa personnalité, tel que son amour pour les chiens. L’homme politique déchu raconte sa vie, dans une démarche de marketing personnel. Et il parle de la nécessité de lutter contre l’islamisme avec bravoure.

Ce qui est paradoxal, c’est que la traversée du désert de Manuel Valls est intimement liée à l’abandon de son poste de député de l’Essonne en 2018. Abandonner son poste de député, c’est une rupture du contrat démocratique avec les électeurs. Les électeurs font confiance à un homme politique pour qu’il aille au bout de son mandant, au bout de ses engagements. Il se fait élire sur un programme, et doit faire de son mieux pour l’appliquer. Mais Manuel Valls a rompu ce contrat pour des raisons politiciennes. Il a trahi ses électeurs dans l’unique but de tourner la page de la politique française pour tenter sa chance à Barcelone. Et maintenant qu’il a échoué en Espagne, il fait une opération marketing pour revenir sur la scène politique française. Que de manœuvres politiciennes.

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