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Malgré les critiques, la France est un bon élève de l’écologie mondiale Abonnés

ARTICLE. La France fait partie des pays les plus à la pointe de l’écologie. Alors que des manifestants défilent pour critiquer la loi climat, et que la ministre de l’Écologie fustige le nucléaire, le Green Future Index place la France au 4e rang mondial.

Malgré les critiques, la France est un bon élève de l’écologie mondiale

Non, la France n’est pas une mauvaise élève en matière d’écologie ! Le Massachusetts Institute of Technology a publié son Green Future Index le 27 mars. La France occupe le quatrième rang des 76 pays analysés dans ce classement, qui prend en charge les politiques nationales qui favorisent une baisse des émissions de carbone.

La multiplication des polémiques liées à la loi climat, laquelle omet le nerf de la guerre, à savoir l’énergie, n’y feront rien. Pas plus que les manifestations des militants écologistes qui reprochent à la France de ne pas être assez ambitieuse. Ils n’ont pas tout à fait tort, d’ailleurs. La signature de l’accord de Paris sur le climat le 4 novembre 2016 imposait une baisse annuelle de 2,2 % des émissions de gaz à effets de serre. La France n'atteignait l’année dernière que 1,7 %. Avec un tel écart, la France devait forcément être un mauvais élève.

Mais la vérité est plus complexe. Le nucléaire a habituellement mauvaise presse. Dans son bilan annuel 2020, RTE (Réseau de transport d'électricité) avance une part du nucléaire s’élevant à 67,1 % du mix énergétique, suivi par l’hydraulique (13 %) et les énergies renouvelables. Grâce à une énergie nucléaire majoritairement décarbonée, la part de l’énergie dans les émissions de CO2 en France ne s'élevait qu’à 12 %, contre 50 % en Chine et 41 % dans le monde. La France est un bon élève, mais pour une raison qui tient en partie du fantasme et de l'ignorance, Barbara Pompili, fervente opposante au nucléaire, pousse vers un abandon de cette technologie. Du côté des citoyens, on suit cette croyance : en 2019, 69 % des personnes interrogées par BVA considéraient que le nucléaire contribue au dérèglement climatique.

Une opinion que l’étude du Massachusetts Institute of Technology ne risque malheureusement pas d’ébranler. Ses détracteurs, Greenpeace en tête, auront beau jeu de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un classement scientifique. Il n’en demeure pas moins que le Green Future Index, élaboré à partir de 18 indicateurs, utilise des sources officielles et reconnues. On y retrouve, notamment, l'Agence internationale de l'énergie, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, la Banque mondiale ou bien encore les Nations Unies.

Le Massachusetts Institute of Technology n’est d’ailleurs pas le seul à voir dans la France un bon élève. Tous les 2 ans, l’Université de Yale publie son Indice de Performance Environnementale. Le 4 juin 2020, la France y était classée 5e sur 180 pays. Le Danemark y était premier, là où il est second dans le Green Future Index. L’Hexagone y voyait sa politique sanitaire environnementale plébiscitée. Elle était même au quatrième rang de l’indicateur “changement climatique” avec un score de 81,9 sur 100.

Bien évidemment, la France a des efforts à faire en matière d’écologie : isolation thermique, transport, consommations électriques, démondialisation des échanges, production locale… Les pistes ne manquent pas. Mais, d’après les données du ministère de l’Écologie, en 2016, elle ne pesait que 0,9 % du total des émissions de CO2. Il est certes illusoire d’imaginer qu’une baisse de 1,7 %, comparé à 2,2 %, soit indispensable pour sauver le climat. En revanche, un abandon du nucléaire risquerait de contribuer à faire augmenter les émissions de CO2. Il est dommage que les citoyens ne défendent pas plus l’excellence française face au lobby de l’écologisme.

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