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Tariq Ramadan « slame » le choc des civilisations Abonnés

ARTICLE. Tariq Ramadan s'essaye douloureusement à la chanson. Dans un slam monocorde et sans âme, il pourfend les Occidentaux « coupables » et vante les « mérites » des migrants persécutés. Une occasion de faire le buzz et de tenter de s’acheter une virginité, alors que le prédicateur est toujours dans le collimateur de la justice pour des affaires – criminelles - de mœurs.

Tariq Ramadan « slame » le choc des civilisations
Publié le 7 avril 2021

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La musique a toujours servi de vecteur aux combats politiques. Brassens, Renaud, Médine et tant d’autres s’y sont souvent essayés, avec plus ou moins de succès. Tariq Ramadan, pour une raison (artistique) qui nous échappe encore à cette heure, a décidé de s’initier à la pratique. Dans un slam diffusé le 3 avril sur sa chaîne YouTube, aussi vivant et effréné que s’il était ânonné par un GPS, le prédicateur s'enflamme pendant huit (longues) minutes sur les crimes de l’Occident et le sort des immigrés. Il en profite pour se livrer à un exercice qu’il maîtrise mieux que la chanson : le double discours.

Car tel est ainsi Tariq Ramadan. Dans une biographie qu’il lui a consacrée, le journaliste suisse Ian Hamel le peint comme un spécialiste du double discours. D’une douceur apparente lorsqu’il s’agit de parler en public dans les grands médias, il se mue en âpreté lorsqu’il s’agit de s’adresser à ses fidèles musulmans. Dans cette chanson intitulée “Qu'est-ce que vous croyez ?”, Tariq Ramadan appelle de ses vœux, en préambule de sa chanson, “des sociétés humaines et fraternelles, accueillant la diversité, et célébrant notre commune humanité”. Tout en défendant les “Migrants qui cherchent à échapper à la misère et qui finissent enfermés, criminalisés et dont des milliers meurent, noyés dans les eaux de la mer ou déshydratés dans les chaleurs du désert.

L’introduction du slam donne le la : “Ça fait des siècles que vous volez et mentez (...) vous avez méprisé nos religions, nos cultures/Humilié nos mémoires, souillé nos traditions”. Opposant le “vous” sans jamais le définir précisément (on imagine donc sans trop de peine qu’il évoque l’Occident), Tariq Ramadan s'inclut dans le “nous”, lorsqu’il évoque les migrants et les victimes de la colonisation. Ce qui est cocasse, de la part du petit-fils du fondateur des Frères musulmans, né en Suisse, originaire de la bourgeoisie égyptienne et titulaire d'un doctorat de l'université de Genève. Bref, de la part d’une personnalité favorisée, faisant pleinement partie de cet occident qu’il voue aux gémonies.

Tout au long de la chanson, Tariq Ramadan souffle le chaud et le froid : “entendez le souffle des révoltes qui grondent/porteuses d'espoirs d'amour et de vie ”. Mais il se fait bien plus menaçant par moment : “Vous avez le choix, nous ne l'avons pas/soit vous partagez, soit on se servira (...) demain, entendez, la fraternité et la diversité/seront seuls garants de votre sécurité”. La conclusion se veut apaisée (“nous ne sommes venus ni pour remplacer ni pour voler (...) nous sommes une bonne nouvelle, un vent de liberté”). Elle peine pourtant à cacher la teneur globale du texte, à savoir un pamphlet anti-occidental assumé.

Un texte qui saura séduire les fidèles du prédicateur, ceux qui n’ont pas quitté le bateau Ramadan, à la dérive depuis que se sont multipliées les affaires d’ordre sexuel et les accusations de viols. Il saura plaire également à cette gauche immigrationniste, qui flirte avec l’islamo-gauchisme et qui se voit offrir ici un pamphlet à son goût. L’intellectuel polémique s’offre ici un retour sur la scène pour le moins inattendu. Qu’il n’ait manifestement pas le talent de son ambition artistique importe peu. Il fait à nouveau parler de lui pour autre chose que ses mises en examen dans des affaires de viols. Au fond, c’est sans doute tout ce qui lui importe.

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