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Alors que l’UE patine face au Covid, le Royaume-Uni amorce son déconfinement Abonnés

ARTICLE. Ce lundi, le Royaume-Uni entame la deuxième étape de son plan de déconfinement. Une victoire pour un État stratège de Boris Johnson ; dans le dur, il a su s’organiser face à la crise qui le frappait et offrir des perspectives à ses concitoyens.

Alors que l’UE patine face au Covid, le Royaume-Uni amorce son déconfinement

Le Royaume-Uni aperçoit-il enfin le bout du tunnel ? Après des mois de confinement, ce 12 avril, Boris Johnson vient de lever une partie des restrictions qui frappaient l’île. Le Premier ministre britannique a ainsi autorisé l’ouverture d’un certain nombre de commerces, et les pubs et restaurants sont désormais aptes à servir les clients à l’extérieur. Les coiffeurs, les salons de beauté ou de manucure, ainsi que les spas ou encore les gymnases sont également ouverts… Tout comme les bibliothèques, les zoos et les parcs à thème.

Durement touché par le Covid – avec plus de 4,3 millions d’infections signalées et plus de 127 000 personnes décédées – le Royaume-Uni avait durci son dispositif de lutte contre la crise dès janvier. En parallèle, en bon état stratège il avait élaboré un plan soutenu par deux piliers : tout d’abord, une campagne de vaccination massive et rapide – à ce jour, 32 millions de personnes ont reçu une première dose d’un vaccin et plus de 7,4 millions ont reçu une deuxième dose. Ensuite, une “feuille de route” de déconfinement en quatre étapes. Il a ainsi pu offrir de la visibilité à moyen terme à ses citoyens, tandis qu’en France, le gouvernement semble toujours naviguer à vue depuis novembre.

Une feuille de route en quatre étapes

Pour que cette feuille de route soit activée, le gouvernement avait décidé de se baser sur quatre critères. La progression statistique de la campagne de vaccination, la preuve que celle-ci réduit les hospitalisations et les décès, la baisse des hospitalisations et enfin, l’évaluation des risques posés par les nouvelles variantes du virus. Boris Johnson avait donc déclaré la semaine dernière qu’il n’y avait “rien dans les données actuelles” qui n’autorisait pas le passage à l’étape 2.

Le Royaume-Uni a donc basculé dans la deuxième étape de cette “feuille de route”. L’euphorie n’est cependant pas de mise, et les Britanniques n’en font pas non plus qu’à leur tête. Le Premier ministre, prudent, a lancé une campagne de détection, autorisant les citoyens à passer un test de détection du Covid, deux fois par semaine. Et de nombreuses contraintes demeurent : les voyages internationaux restent limités aux strictes “raisons essentielles”, les mariages sont limités à 15 personnes, et les funérailles à 30 personnes. Les rassemblements en plein air sont toujours limités à 6 personnes, et les gens ne peuvent inviter à leur domicile d’autres personnes que leurs proches. Boris Johnson a exhorté chacun à “se comporter de manière responsable”.

La fin des restrictions le 21 juin ?

Dans le cas où la pandémie continuerait sa décrue outre-Manche, les Britanniques savent à quoi s’attendre : un prochain assouplissement, le 17 mai. Les pubs et restaurants seront alors ouverts à l’intérieur, les rassemblements extérieurs limités à 30 personnes, les cinémas et les musées ouvriront. Et si, là aussi, le Covid ne vient pas se mettre en travers de la dynamique positive du pays, ce dernier verra toutes les restrictions levées, le 21 juin.

De quoi mettre du baume au cœur d’un pays qui a particulièrement souffert de cette crise. Preuve de ce besoin d’assouplissement, les restaurants et pubs sont déjà réservés par les clients depuis plusieurs semaines. Boris Johnson avait d’ailleurs promis de se rendre dans un pub pour consommer une pinte festive à cette occasion. Malheureusement, la mort du prince Philip, mari de la reine Elizabeth II, l’a forcé à remettre ce déplacement à plus tard. En France, il n’est pas question de pintes, mais de restaurants clandestins, et nul ne sait véritablement quand, ni comment, aura lieu la fin des mesures prises, çà et là, au gré des intuitions jupitériennes de notre président.

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