Analyses
Arménie
Le déshonneur et la guerre Abonnés

OPINION. L’abandon du Haut-Karabakh à la conquête turco-islamique est-il autre chose que le symbole lumineux du suicide de l’Occident ? Il paraît que l’histoire ne repasse pas les plats. Pourtant, une chevauchée éclair à travers les âges nous apprend que lorsque l’Arménie sombre, c’est l’Europe qui vacille.

Le déshonneur et la guerre

« Le Haut-Karabagh redevient un pays de l’islam et reprend sa place sereine à l’ombre du croissant ». Ainsi s’est exprimé R. T. Erdogan au terme de la guerre d’extermination qu’il a menée à l’automne 2020 – avec son vassal azéri et l’aide de ses terroristes djihadistes – contre l’Artsakh (Haut-Karabagh) et le peuple arménien. Cette campagne barbare recèle à l’instar du génocide de 1915 une prégnante dimension religieuse. Les crimes contre l’humanité – mutilations ou décapitations de soldats et de civils, tortures des prisonniers – et la destruction systématique des monuments chrétiens commis par les assaillants attestent leur fanatisme religieux. Briser définitivement les giaours arméniens qui depuis tant de siècles ne baissent toujours pas la tête devant les Turcs constitue un délicieux devoir pour Erdogan et Aliyev. Avec des relents génocidaires, ce dernier s’est ainsi vanté d’avoir « chassé les Arméniens comme des chiens » de l’Artsakh, sachant que pour un musulman être traité de chien représente un outrage indicible. Contrairement à un mensonge complaisamment entretenu, la Turquie et l’Azerbaïdjan – qui se définissent comme « une nation, deux États » – n’ont jamais connus la laïcité. Ils ont logiquement reçu durant leur dernière offensive le soutien de certains États musulmans, à commencer par le Pakistan – le « pays des Purs » – qui depuis 1991 n’a jamais reconnu l’indépendance de l’Arménie. Quoi d’étonnant venant d’un pays dans lequel un chrétien – être impur – peut être condamné à mort parce qu’il a bu de l’eau dans un puits utilisé par des musulmans !

Certes, bien que prépondérante, la grille religieuse n’est pas, en l’occurrence, exclusive. Ainsi, l’Iran – rival traditionnel de la Turquie qui à l’instar de l’Azerbaïdjan est majoritairement chiite – a observé une position prudente et entretient pour le reste des relations de bon...

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