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"Islamophobie" : Gilles Verdez remis à sa place par la justice Abonnés

ARTICLE. Gilles Verdez a été condamné pour avoir diffamé Bernard de La Villardière. Le chroniqueur ne cessait d’attaquer le journaliste sur sa prétendue islamophobie. L’hystérie de l’ancien journaliste du Parisien a été sanctionnée, mais son patron Cyril Hanouna veille au grain. Il a lui-même payé l’amende.

"Islamophobie" : Gilles Verdez remis à sa place par la justice

Gilles Verdez vient de subir les affres de la justice. C’est lors d’une interview accordée au Monde, que Bernard de La Villardière a dévoilé l’issue de cette plainte qui était restée, jusqu’alors, secrète. Accusé d’avoir diffamé le journaliste Bernard de La Villardière, le chroniqueur de « Touche pas mon poste » (TPMP), l’émission de Cyril Hanouna, a été condamné par le tribunal à verser environ 5 000 euros au présentateur de l’émission Enquête exclusive.

Il m’a traité d’islamophobe chez Hanouna. À chaque fois qu’il peut se payer “Enquête exclusive”… Il m’accuse de ne pas faire mon travail de journaliste”, explique le journaliste de M6. C’est de notoriété publique, Gilles Verdez n’apprécie pas le travail de l’ancien présentateur de Zone Interdite. Il ne manque pas de le taxer d’islamophobie à chaque fois que s’en présente l’occasion. Le conflit était devenu criant lors de la séquence de TPMP intitulée 5 minutes de vérité, le 26 février 2018. Bernard de la Villardière avait alors dû essuyer les critiques virulentes de la militante décoloniale Rokhaya Diallo et de Gilles Verdez, lequel avait, une fois de plus, accusé son interlocuteur de stigmatiser les musulmans. "Je ne me sens pas concerné. Je trouve que c’est une accusation gratuite, dérisoire”, avait alors rétorqué l’accusé.

Spécialiste de l’indignation ciblée

Une affaire qui était montée jusqu’aux arcanes dirigeantes des deux chaînes concernées. C8 avait bien tenté de calmer le zèle de son chroniqueur, mais, en janvier 2019, Gilles Verdez avait réagi à nouveau à la diffusion d’un numéro d’"Enquête Exclusive", consacré à l’amour et au sexe au Maghreb. “Stigmatisation des musulmans, ostracisation, c’est mal ce que vous faites, j’en ai ras-le-bol”, avait déclamé le chroniqueur chez Hanouna. M6 s’était alors fendue d’un communiqué en janvier 2019, demandant à Gilles Verdez de cesser sa “campagne de dénigrement” de “ce chroniqueur dont le seul talent est l’insulte, et le fonds de commerce la polémique". Les yeux au bord des larmes, il s’était défendu dans TPMP et avait réitéré ses critiques envers Bernard de la Villardière.

"Ce sont vraiment des prises de position qui me sont chères et qui me touchent au plus profond de moi-même et de mon environnement", avait-il larmoyé. Il faut reconnaître à Gilles Verdez une persistance à pourfendre tout ce qui attaque de (très) loin l’Islam. En avril 2014, l’émission de C8 évoquait le cas de l’aventurier américain Bear Grylls, alors en train de chasser et de tuer un cochon sauvage. Gilles Verdez avait, comme à son habitude, haussé le ton pour s’indigner : “ Il y a des religions dans lesquelles on ne mange pas de porc, et je trouve ça totalement insultant (…) Ça me révolte, On ne tue pas un cochon pour le manger. Y’a des gens qui sont heurtés par ça”.

Des errements couverts par Cyril Hanouna… pourvu que ça « buzze »

Cette obsession, un brin maladive, est réapparue le 15 avril 2021, quand Gilles Verdez a réagi dans l’émission de C8, à la polémique sur Évian. La marque d’eau avait été épinglée pour avoir tweeté “RT si vous avez déjà bu 1L aujourd’hui !”, le premier jour du ramadan, le 13 avril. Des propos inacceptables, pour le chroniqueur qui avait assené, l’œil noir : "Ce qu’a fait Évian est scandaleux. La communication d’Évian, pour moi c’est de l’islamophobie commerciale". Eric Naulleau l’avait alors accusé de se comporter en “idiot utile de l’islamisme.

Gilles Verdez a été mis à l’amende par la justice certes, mais son patron, Cyril Hanouna, veille au grain : "Je m’apprêtais à faire un chèque. Je tiens à vous rendre hommage, il faut que les téléspectateurs le sachent ! Vous m’avez dit : 'Tu as été condamné en ton nom propre, mais c’était pendant l’émission donc tu ne paies rien et nous payons”, dévoile le journaliste sportif sur le plateau de TPMP, le lundi 19 avril. Mais ce n’est pas tout. Au-delà de la prise en charge de la note, le directeur d’H2O productions, ainsi que le producteur de l’émission, ont également mis à la disposition de leur chroniqueur un avocat.

Et si Éric Naulleau avait tort ? Et si finalement, il s’était trompé ? Attaquer le petit soldat zélé de l’indignation convenue était-il si nécessaire ? Ses élans de colère sont désormais si prévisibles qu’ils en sont devenus grotesques. Eric Naulleau n’aurait-il pas plutôt dû tourner son regard dans la direction de celui qui guide Gilles Verdez et qui le protège ? Force est de reconnaître que l’expression d’ «  idiot utile » convient en tout point à l’ancien journaliste. Mais, en finançant les errements de son protégé, Cyril Hanouna ne vient-il pas de dévoiler un nouveau visage ? Celui, peut-être, de l’islamo-cynisme ?

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