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Souverainisme : donner à nos idées la légitimité qu’elles méritent Abonnés

OPINION. Aujourd’hui encore, le souverainisme agit comme un épouvantail, accablant toute personne s’en réclamant des pires anathèmes. Pour échapper à cette manipulation sémantique, la section Front Populaire & Cie des Yvelines veut mettre à disposition une stratégie de défense rhétorique afin de faire avancer les idées souverainistes.

Souverainisme : donner à nos idées la légitimité qu’elles méritent
Publié le 27 avril 2021

La scène est connue : vous dînez avec des amis (pour les besoins du tournage, la scène se déroule hors période de crise sanitaire). Les Français étant, quoi qu’ils en disent, passionnés de politique, des sujets d’actualité jaillissent de part et d’autre de la table : Covid-19, Union européenne, éducation, économie… Autour de vous se manifestent les mêmes inquiétudes, la même exaspération. Faillite des élites, impuissance politique, règne de l’argent : quelles que soient les orientations politiques des convives, les constats sont les mêmes. Vous vous sentez alors pousser des ailes : entre la poire et le fromage, vos amis ne seraient-ils pas mûrs pour une pincée de souverainisme ?

Et là, c’est le drame. Pour avoir évoqué le concept, vous voilà assimilé aux pires fascistes. Vous envisagez de restaurer des frontières ? Vous voilà un isolationniste, prêt à vous fermer au monde — et aux autres. Vous suggérez qu’une reprise en main de notre industrie aurait eu quelque vertu face à la crise sanitaire ? Vous devenez le communiste de la table, prêt à nationaliser tout ce qui bouge. Et la mention de vos doutes sur le traitement équitable de l’information finira par convaincre vos amis qu’ils ont rompu le pain avec un fieffé complotiste.

En un mot comme en cent, pour avoir mis des mots sur des constats partagés par un grand nombre de Français, vous voilà mis au pilori. Et ceux qui se plaignaient de leurs gouvernants à l’apéritif se font leurs plus grands laudateurs quand arrive le dessert, comme s’ils préféraient encore l’aimable certitude de leurs récriminations aux risques qu’ils pourraient courir en entrebâillant la porte menant à leur résolution.

Cette scène, nombreux sont ceux qui l’ont vécue dans le camp souverainiste, au point de ne plus oser dire franchement ce qu’ils pensent — ou de ne plus être invités à dîner. Pourtant, dans nos entourages, ce que nous avons à dire pourrait facilement trouver écho, tant sont grandes la déception, la frustration, la sensation d’avoir été trahis par plusieurs décennies d’une fausse alternance gauche-droite. Il suffirait d’un rien pour que nos thèmes résonnent chez nos proches et qu’ils y trouvent, sinon une réponse, du moins matière à réflexion.

Mais pour cela, il faut reconquérir les mots.

Depuis de nombreuses années en effet, nombre de médias et de politiques ont rendu toxiques un certain nombre de mots (nation, souveraineté, populisme, frontières…) ou en ont détourné le sens (racisme, fascisme…) dans le but de disqualifier leurs adversaires et, plus encore, de rendre impossible la réflexion à leur sujet. Imposez votre vocabulaire à vos opposants, et ceux-ci ne pourront penser que dans le cadre que vous avez posé. Maîtrisez les mots, et les règles du jeu vous appartiennent. Aussi, tout combat culturel pour restaurer l’idée de souverainisme en France et, à terme, susciter l’adhésion des Français, suppose de se réapproprier ces mots bannis pour leur rendre leur sens véritable.

L’objectif, pour les souverainistes, est de ne plus être systématiquement sur la défensive, obligés de s’excuser ou sommés de s’expliquer quand ils osent utiliser un de ces termes tabous. Pour être offensifs, nous devons cesser de nous cacher et de louvoyer, et être capables d’utiliser les mots les plus appropriés quand nous débattons en famille, entre amis ou avec des inconnus. Ce qui demande d’être préparé. Quand nous « choquons » notre interlocuteur en parlant de frontière ou de nation, et que celui sent monter en lui les réponses pavloviennes inculquées par les médias, nous devons être prêts, ce qui suppose :

• une maîtrise des concepts : de quoi parlons-nous exactement (non, les frontières ne sont pas un mur. Non, dire qu’il serait préférable que les étrangers installés en France parlent français n’est pas raciste…) ?

• une posture facilitant l’échange : pourquoi penses-tu qu’une frontière soit mauvaise ? Pourquoi estimes-tu que donner au peuple la possibilité de choisir par lui-même soit un problème ?

L’objectif est ainsi de sortir l’interlocuteur de ses schémas préconçus pour l’amener à un véritable échange. À la fin de celui-ci, peut-être ne serons-nous pas pour autant d’accord, mais au moins nous serons-nous compris, et nos idées auront ainsi gagné la légitimité qu’on essaye de leur dénier. Tel est le travail que nous, Compagnie des Yvelines, avons lancé, en nous saisissant de ces concepts tabous pour les décliner en quatre étapes :

• définition académique telle qu’on peut la trouver dans les dictionnaires usuels

• définition admise par les médias et le politiquement correct

• définition réelle

• façon de répondre aux attaques portées quand on aborde le thème

À terme, notre objectif est de constituer un « kit de survie en milieu glissant » pour tous les souverainistes qui aimeraient partager leurs idées dans leur entourage, afin de les aider à éviter les chausse-trappes et à susciter l’intérêt de leurs interlocuteurs.

Nous vous tiendrons informés de l’avancée de nos travaux : d’ici là, n’hésitez pas à nous contacter (fpetco78@laposte.net) si vous avez des exemples de situations dans lesquelles vous avez eu du mal à partager vos idées — ou, au contraire, dans lesquelles vous vous êtes brillamment sorti de l’échange. Vos expériences pourront nous aider ! 

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