Menu
Nation
Covid-19
200 000 créneaux libres.. mais Olivier Véran n’assouplira pas les règles de vaccination Abonnés

ARTICLE. Les créneaux libres sur la plateforme Doctolib sont nombreux, tout comme les médecins qui se voient obligés de jeter des doses de vaccins périmées. Pourtant, Olivier Véran n’entend pas assouplir les règles d’éligibilité à la vaccination…

200 000 créneaux libres.. mais Olivier Véran n’assouplira pas les règles de vaccination

Pour Olivier Véran, il n’est pas question d’assouplir la stratégie vaccinale dans l’immédiat. Mardi, en marge d’un déplacement à l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, le ministre de la Santé a tenu à défendre sa politique sanitaire. “Nous devons vraiment prioriser et protéger les plus fragiles", explique-t-il, tout en poursuivant : “Si on se fixe une cible de 80 % d’une tranche d’âge qui doit être vaccinée pour être protégée, il y a encore 4,3 millions de Français qui relèvent de la vaccination qui n’a pas encore été vacciné.

234 532 créneaux disponibles au mardi soir

Alors que le Royaume-Uni affiche mardi 33 843 580 millions de personnes ayant reçu au moins une injection, la France n’en est qu’à 14 316 501 millions. Soit, respectivement, 50,78 % contre 21,36 % de la population totale. Et pourtant, malgré ce retard, la France observe un étrange phénomène : des vaccinodromes qui peinent à voir se remplir tous les créneaux de réservations. Selon le site "Vite ma dose !", 234 532 créneaux de vaccination étaient toujours disponibles le mardi soir. En parallèle, plusieurs professionnels de santé s’inquiètent sur les réseaux sociaux : les patients refuseraient de se faire vacciner, autrement que par le vaccin Pfizer/BioNTech. Des médecins ont témoigné avoir jeté des doses d’AstraZeneca périmées.

Le calendrier de vaccination a fixé un objectif de 70 % de population immunisée, par tranche d’âge. Une fois ce taux atteint, la barrière minimale peut être abaissée. Mais des voix s’élèvent et réclament de la souplesse administrative. À Auch, dans le Gers, où la moitié des créneaux sont toujours disponibles, Philippe Martin, président (PS) du conseil départemental, réclame l’élargissement à l’ensemble de la population du département. À Paris, Anne Hidalgo exige, au micro de France Info, du pragmatisme et de la souplesse.

L’exemple du Royaume-Uni

Olivier Véran considère que ces vidéos et ces témoignages ne reflètent pas convenablement la réalité. La situation varierait en fonction des départements. Il faudrait alors que les communes proposent des créneaux aux patients des villes alentour. Une souplesse de façade : depuis le début de la campagne de vaccination, les citoyens français n’ont pas attendu cette proposition pour se faire vacciner dans des départements limitrophes. En février, des communes de Seine-Saint-Denis avaient même limité les rendez-vous sur Doctolib. Les centres de vaccinations étaient alors envahis par des patients d’origine parisienne ou des départements environnants.

Dans le cas extrême où les professionnels de santé ne trouveraient pas de public prioritaire, le ministre de la Santé autorise cette dérogation : ils peuvent alors contacter des personnes plus jeunes… mais avec commorbités uniquement. Une énième restriction qui contraste à nouveau avec la stratégie vaccinale du Royaume-Uni, qui semble pourtant porter ses fruits. De 1200 morts environ en moyenne hebdomadaire fin janvier, le pays de Boris Johnson est tombé à une vingtaine ces dernières semaines. Le Royaume-Uni n’applique pas de limite d’âge. Mais, libéré des contraintes administratives de l’Union européenne, il a, contrairement à la France, disposé de doses de vaccin en abondance. Et ce dès le début de la campagne vaccinale.

Olivier Véran n’en démord donc pas : pas question d’abaisser l’âge minimum, aujourd’hui fixé à 55 ans. La priorité reste de prioriser les publics les plus fragiles. Une position qui étonne, car elle sous-entend que ces personnes ont été confrontées au virus pendant quatre mois, pour devenir aujourd’hui prioritaires. Si elles étaient si fragiles, elles auraient, en toute logique, déjà dû être vaccinées à ce jour. En vérité, le ministre peine à dissimuler les évidences : l’absence flagrante de cap, et les tares de l’approvisionnement européen en vaccins.

En attendant une réaction du ministère de la Santé, les établissements hospitaliers s’adaptent. Les citoyens aussi. Au vaccinodrome du Stade de France, des volontaires patientent et se font vacciner le soir, grâce aux doses restantes. Si l’État reste engoncé dans son dogme administratif, il est heureux de voir que le bon sens continue de l’emporter malgré tout.

commentaireCommenter

Nation