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Réouverture : Hidalgo envisage de taxer les terrasses éphémères des restaurateurs Abonnés

ARTICLE. Les négociations entre les professionnels de l’hôtellerie, la restauration et la mairie sont en cours. L’enjeu des échanges porte sur la mise en place des futures terrasses éphémères. Mauvaise surprise pour les restaurateurs et les barmen, Anne Hidalgo souhaiterait les rendre payantes.

Réouverture :  Hidalgo envisage de taxer les terrasses éphémères des restaurateurs

Le 2 juin 2020, lors du premier déconfinement, des terrasses éphémères avaient fleuri au cœur de la capitale. Elles étaient les seules autorisées à ouvrir. Dans un grand geste de générosité, pas du tout intéressée par les municipales qui approchaient à grands pas, Anne Hidalgo, maire de Paris, avait alors exonéré de taxes ces nouveaux aménagements. Presqu’un an plus tard, alors que l’histoire bégaie, il n’est plus question de cadeaux financiers.

À partir de juin 2021, les restaurateurs et autres barmen devraient mettre la main à la poche. À partir de juillet, la municipalité souhaite instaurer un nouveau règlement des étalages et des terrasses (RET). Olivia Polski, adjointe chargée du commerce à la mairie de Paris, a expliqué dans le Parisien que : “Nous avons fait un gros effort depuis le début de la crise (…) Mais à partir de juillet, les terrasses et les extensions éphémères seront payantes et les tarifs seront harmonisés”.

Une taxe autour de 425 euros annuels

La mesure n’est pas officiellement entérinée. Depuis une semaine, le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés discute avec les riverains et la municipalité. L’objectif est de parvenir à un consensus sur l’utilisation des terrasses éphémères, qui devraient être à nouveau les premières autorisées à rouvrir lors du déconfinement de mai. Le sort financier de ces aménagements, qui prennent place sur les trottoirs où les places de stationnements ne sont pas fixées, mais la formulation employée par Olivia Polski laisse peu de place aux doutes.

D’après le figaro, la médiane payée par les restaurateurs et les barmen de Paris s’élèverait à 425 euros par an, soit environ 35 euros mensuels par professionnel. Cette information, donnée par la mairie elle-même, vise à minimiser l’ampleur de l’effort. Mais la municipalité oublie à quel degré de fragilité financière se situent ces professions, éreintées par plus d’un an de contraintes et de fermetures. Ce qui pousse l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie à réclamer à nouveau cette exonération.

Anne Hidalgo en appelle à l’État

Face à la grogne qui commence à s’installer, Anne Hidalgo tente d’expliquer sa position : les finances de Paris sont exsangues. La mesure représenterait un manque à gagner de 34 millions d’euros pour la mairie. La médiatisation de ces échanges et les polémiques naissantes sur les réseaux sociaux ont rendu le sujet encore plus sensible. D’autant que la mairie est fortement attaquée pour l’enlaidissement de la ville à laquelle elle contribue avec un zèle indéniable qui explique en partie l’état de ses finances.

Alors Anne Hidalgo tente de refiler la patate chaude à l’État : "Pour l’instant, c’est la ville qui paye et j’entends bien demander à l’État des compensations sur toutes ces recettes que nous n’avons pas pu percevoir", explique-t-elle. Tout en précisant que "la décision n’est pas prise". Au passage, elle fait ainsi d’une pierre deux coups, en se mettant en position d’attaquer l’État alors qu’elle envisage une candidature pour les futures échéances présidentielles.

Un petit jeu électoraliste auquel elle s’est déjà livrée. Lors de la mise en place, de l’exonération fiscale des terrasses en juin 2020, Rachida Dati (LR) l’avait accusée d’utiliser la crise du Covid pour sa campagne municipale. Force est de constater que, curieusement, un an plus tard, il n’est plus question d’être généreux. Pourtant, les finances parisiennes n’étaient guère plus reluisantes déjà à l’époque. Et la situation a certainement empiré pour les barmen et restaurateurs de la capitale.

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