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Après la pandémie, une commune sur trois envisage d’augmenter la taxe foncière Abonnés

ARTICLE. L’Association des maires de France et la Banque des territoires de la Caisse des Dépôts et Consignation chiffrent à six milliards d’euros, sur trois ans, le coût du Covid pour les municipalités. Privées de certaines recettes pendant la pandémie, un tiers des communes envisage une augmentation de la taxe foncière.

Après la pandémie, une commune sur trois envisage d’augmenter la taxe foncière

L’Association des maires de France (AMF) et la Banque des territoires de la Caisse des Dépôts et Consignation ont estimé les dépenses supplémentaires engagées par les municipalités pour faire face aux conséquences de la crise du COVID. Bilan : six milliards d’euros sur trois ans. Cette estimation est le résultat d’une enquête réalisée auprès de 1 869 communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), soit une représentation d’environ 20 % de la population française. Réalisée tout au long de l’année 2020, et publiée le 21 avril 2021, cette enquête (SYN) met en avant, les conséquences financières.

En 2020, le Covid a fortement ébranlé l’économie nationale, avec une chute du PIB avoisinant les 8 %. À un échelon inférieur, les finances des collectivités locales ont également souffert – il leur a fallu faire face aux restrictions sanitaires d’urgence. Les dépenses nouvelles ont principalement concerné l’achat de masques (30 %) ainsi que de gel hydroalcoolique (27 %). Au-delà de ces équipements, d’autres dépenses exceptionnelles sont venues se greffer. À titre d’exemple : l’aménagement des postes de travail du personnel communal amené à télétravailler, mais aussi le paiement de primes exceptionnelles ou d’heures supplémentaires. Tous ces éléments ont représenté en tout une augmentation brute des dépenses de 5 % par rapport aux budgets initiaux. Une hausse maîtrisée, grâce à quelques économies réalisées pendant la pandémie : baisse des frais de déplacement, moins de frais de restauration, postes de saisonniers inutiles, donc supprimés…

Un tiers des communes envisage d’augmenter la taxe foncière

Pour autant, si la hausse des dépenses a été contenue, elle s’est accompagnée d’une baisse des revenus. En 2020, les communes interrogées ont ainsi enregistré 46 % de baisse de leurs produits tarifaires. Les confinements les ont forcés à fermer les musées, les châteaux, ou autres aménagements sportifs, scolaires ou touristiques comme les campings. Également, elles ont pris note d’une baisse sensible des activités de montagne, avec la quasi-annulation des recettes sur les remontées mécaniques. Le secteur touristique a fortement souffert des diverses restrictions – la taxe de séjour, indicateur pertinent, a ainsi notablement baissé dans 40 % des communes.

Fatalement, les maires s’inquiètent des conséquences à venir de cette conjoncture économique. Pour récupérer ces six milliards d’euros manquants sur trois ans, il va falloir trouver l’argent là où il se trouve : dans la poche du contribuable. Si 93 % des communes n’ont pas augmenté leurs taux en 2020, elles sont 36 % à envisager de le faire en 2021. La hausse se ferait principalement sur le foncier bâti. Autres victimes, les entreprises ou les associations bénéficiant d’exonération et d’abattements fiscaux. Un tiers des sondés pense à une réduction de ces avantages. Ils sont plus de la moitié, à savoir 57 %, à envisager une politique tarifaire à la hausse.

Emmanuel Macron avait dit vouloir soutenir l’économie française “quoi qu’il en coûte”. Malheureusement pour eux, les Français vont devoir mettre la main à la poche, à cause de décisions parfois prises en dépit du bon sens.

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