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Manifestations LGBT de Tours : l’époque et ses symptômes Abonnés

ARTICLE. Ce samedi, une manifestation LGBT devait se tenir dans la ville de Tours pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Son annonce a rapidement fait polémique pour son espace interdit aux blancs. Le maire a soutenu l’association LGBT, laquelle a plaidé l’erreur de communication. Finalement, la marche a été annulée.

Manifestations LGBT de Tours : l’époque et ses symptômes

La polémique enfle du côté de Tours. À vrai dire, elle dépasse allègrement le cadre de cette seule ville, à tel point que le mot “LGBT” a été en tendance ces derniers jours, avec déjà plus de 60 000 tweets consacrés. L’objet du conflit ? L’organisation d’une marche LGBTI organisée samedi à Tours. Des militants zélés souhaitaient des espaces « non mixtes » au sein du cortège.

C’est une publication sur Instagram qui a mis le feu aux poudres. Relayée notamment par la revue de presse d’extrême droite Fdesouche, elle y montrait un ensemble de messages spécifiques à cette journée. Sur l’un d’entre eux, on pouvait lire : “Un cortège de tête en NON-MIXITÉ pour les personnes LGBT+ racisées est prévu lors de la marche du 15 mai”. Un second message enchaînait : “La non-mixité n’est en aucun cas négociable et toute personne blanche qui essaiera de s’incruster dans ce cortège se fera cordialement (ou non) dégager”.

Un collectif antiraciste légèrement… raciste

Ségrégation de couleur, appel à peine déguisé à la violence, on a connu des manifestations interdites pour moins que ça. Le racisme des “anti-racistes” autoproclamés est toujours autant sidérant, tout comme l’est l’apathie des pouvoirs publics. En guise de réaction à ce sujet, Emmanuel Denis, maire écologiste de la ville a renouvelé sa confiance au centre LGBTI de Touraine. Tout en n’oubliant pas d’attaquer l’extrême droite au passage, coupable selon elle d’instrumentaliser la polémique. Cette pratique de “non mixité raciale” vous choque ? Vous êtes d’extrême droite. Une dialectique usée jusqu’à la corde par les membres d’EELV et de la LFI.

Interrogé, Johan Yagger, co-président et porte-parole du centre LGBTI de Touraine, qui avait relayé cette publication, s’est défendu : c’est le collectif antiraciste de Tours qui a réalisé ce montage Instagram, que le centre a partagé… sans le vérifier – « car c’est un partenaire en qui on a confiance » (sic) -, ni même le supprimer immédiatement, preuve qu’il n’était pas si choqué que ça au départ. "Nous prônons la non-violence donc personne ne sera "dégagé", avait alors tenté de rassurer Johan Yagger, interrogé par franceInfo.

Non-mixité et « incompréhension »

Le racisme indéniable du texte envers les blancs n’était manifestement pas assez violent pour le centre de Touraine. "Il n’y aura bien entendu aucun contrôle basé sur la couleur de peau, ce n’était pas du tout l’esprit de ce cortège", poursuit-il. On aimerait le croire, mais alors, pourquoi s’apprêterait-il a tolérer cette association manifestement raciste et guère en accord avec “l’esprit de ce cortège” ? Il n’y aura pas de réponse à cette question. Si ce n’est que le Centre LGBTI avait tout de même décidé d’accepter la requête du collectif antiraciste de Tours : “Nous avons accédé à la demande de personnes qui souhaitaient une place réservée dans le cortège en non-mixité afin de se sentir plus à l’aise et libérées pour porter leurs revendications”, a expliqué Johan Yagger.

Depuis, la polémique a pris une telle ampleur que le centre LGBT a décidé d’annuler sa marche, visiblement victime d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux. Insultes et menaces évidemment déplorables, mais malheureusement attendues puisqu’il en va de la logique reptilienne des réseaux sociaux. Toute l’époque est là. « Nous tenons à réaffirmer nos valeurs de lutte contre toutes les discriminations dans la non-violence », a rappelé le centre LGBT mercredi pour annoncer l’annulation. Mais un espace de la marche était bien interdit aux Blancs, puisque tel est le principe d’un espace de « non-mixité » (raciale).

On parle d’« incompréhension », d’« instrumentalisation » par l’extrême droite. C’est possible, mais le problème de fond demeure. Les « progressistes » trouvent aujourd’hui normal de discriminer les « blancs » (considérés comme étant dominants par essence) sur la base de leur couleur de peau et prétendent être « incompris » lorsqu’on leur en fait le reproche. Cela veut dire qu’il n’existe plus de monde de dialogue commun, que les uns se croient victimes des autres et que ce climat conflictuel de « tranchées » idéologiques est, malheureusement, appelé à durer.

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