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Le confinement aurait brisé plus de vies qu’il n’a permis d’en sauver Abonnés

ARTICLE. Une étude du cabinet libéral Génération Libre critique — sans le dire — le confinement et ses effets. Selon le think tank, il aurait fait perdre deux fois plus d’espérance de vie aux Français qu’il n’en a préservé.

Le confinement aurait brisé plus de vies qu’il n’a permis d’en sauver

Les confinements successifs auraient fait perdre aux Français 1 200 000 d’années d’espérance de vie. À l’inverse, les restrictions sanitaires auraient permis de préserver 500 000 années d’espérance de vie. Le ratio gain/perte serait ainsi largement en défaveur du principe du confinement. C’est la conclusion à laquelle aboutit une étude de Génération Libre, travail conjoint du politiste Kevin Brookes, de l’économiste Maxime Sbaihi et du médecin spécialiste en santé publique Henri Leleu.

Le principe qui a présidé à la réalisation de l’étude est celui de l’égale valeur de toutes les vies humaines. Ce principe veut qu’une personne décédée de façon indirecte pour cause de faillite économique vaut une personne décédée du Covid, même si l’une est moins spectaculaire que l’autre. Ce principe « doit inciter les pouvoirs publics à prendre en considération toutes les conséquences de leur action au bout d’une année de crise sanitaire ».

Le confinement a sauvé des vies…

Le groupe de réflexion dirigé par Gaspard Koenig, qui se définit comme “indépendant” et “qui vise à promouvoir les libertés, toutes les libertés“ a publié ces données début mai. Fruit d’une réflexion basée sur plusieurs scénarios internationaux, l’étude analyse les conséquences de la stratégie sanitaire française depuis le début 2021. Actant que “ces mesures de restrictions ont permis de prolonger des vies”, Génération Libre explique qu’elles “en ont aussi raccourci d’autres par une crise économique qui a aggravé les inégalités socio-économiques de santé”. Ces vies détruites par les confinements ne seraient pas moins précieuses et il convient dès lors de mesurer l’ampleur du phénomène.

S’appuyant sur un “modèle d’agent” de la COVID-19 développé pour la France, le thinktank estime que les confinements auraient permis d’éviter entre 60 000 et 100 000 décès“. L’étude s’appuie finalement sur la fourchette haute, 100 000 vies sauvées, en prenant en compte l’appropriation des gestes barrières par les citoyens. Reste à calculer le gain d’espérance de vie associé à ce chiffre. D’après l’étude, qui s’appuie notamment sur des publications de l’INSEE et de Santé Publique France, il tournerait autour de 5 ans.

… mais il va en détruire deux fois plus

Pour Génération Libre, les confinements ont lourdement pénalisé l’espérance de vie des Français les plus fragiles. En 2020, le PIB a chuté de 8,3 % et d’après le Secours catholique et d’autres associations caritatives, la crise aurait fait plonger un million de Français dans la pauvreté. C’est sur ce point que s’appuie la note.

Le groupe de réflexion estime que l’espérance de vie est profondément liée au revenu. Il ne nie pas pour autant qu’une partie de ces pertes individuelles puisse se résorber avec le temps, mais il estime que cette période de pauvreté aura des conséquences, qu’elle soit courte ou longue. Une baisse de revenu engendrerait une baisse du recours à la médecine, un déclassement social, une dégradation de l’environnement de vie. Tout ceci raccourcirait la vie de ceux qui sont victimes de cette chute économique.

Ainsi, Génération Libre considère que cet accroissement de la pauvreté entraînerait la baisse de 5,5 années d’espérance de vie pour ceux qui la subissent. Considérant que la perte de revenus ne va pas affecter l’espérance de vie des victimes pour une durée limitée de 5 ans, ils évaluent ainsi une perte d’années de vie à 1,2 million. Un chiffre probablement minoré, car les statistiques de base datent d’octobre 2020 et ont probablement évolué à la hausse.

Pour le groupe dirigé par Gaspard Koenig, le doute n’est alors pas permis. S’il ne le dit pas explicitement, il semble clair que pour lui, le confinement a eu des effets plus que néfastes, dégradant l’économie et faisant plus de victimes que de vies sauvées.

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