Analyses
Sarah Halimi
Après l’affaire Sarah Halimi, repenser la justice et la santé publique Abonnés

OPINION. Selon notre abonné psychiatre, l’irresponsabilité pénale du meurtrier actée par la Cour de cassation met en lumière le casse-tête juridique concernant la consommation de drogues et devrait nous emmener à remettre en question notre politique de santé publique sur le sujet.

Après l’affaire Sarah Halimi, repenser la justice et la santé publique

L’affaire Sarah Halimi, dans ses conclusions légales est d’autant plus choquante qu’elle souligne la toute-puissance de la dictature sanitaire, son incohérence et ses contradictions. Dans cette affaire il n’est de réalité incontestable que le massacre de Sarah Halimi et les propos qui l’ont accompagné. Les motivations du criminel et ses hypothétiques troubles pathologiques relèvent de l’hypothèse ou de l’interprétation. L’évocation de la prise, déterminante, de drogues et d’alcool n’est pas avérée, car si tel était le cas, les effets en terme de délinquance en seraient systématiques et validés par les études scientifiques comparatives. Ceci étant également avéré dans l’affaire que nous évoquons.

La validation du déterminisme, de la causalité entre prise de produits perturbateurs du comportement et actes délictueux ou criminels relève du rôle des experts. Or, ceux-ci n’ont pas systématiquement la preuve objective, matérielle et scientifique, des faits allégués, produits consommés et quantité, et ne font qu’interpréter la « réalité feuilletonnée ». Mais surtout, le rôle initial de l’expert tel qu’il nous a été enseigné est de définir la pathologie éventuelle du sujet selon la classification psychiatrique européenne traditionnelle.

La désignation d’un expert relève d’une faculté de choix du magistrat et non d’une obligation selon l’arrêt de la Cour de cassation de 2016, rappelant qu’aucune disposition du Code de procédure pénale ne fait obligation au juge d’ordonner une expertise psychiatrique ou psychologique. La notion de pathologie fondamentale structurelle est donc aujourd’hui minorée ou négligée avec corrélativement une pathologisation accentuée des comportements et conduites humaines, ce qui contribue, sauf situations idéologiques particulières relevant de la pensée unique et de la novlangue, à une banalisation des actes et des faits.

L’affaire Sarah Halimi, caractérisée par le meurtre sauvage d’une sexagénaire de confession juive par un voisin dans un accès de « folie » meurtrière, soulève de nombreuses interrogations. Sur le plan...

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