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La Fédération française de rugby autorise les personnes transgenres à participer aux compétitions Abonnés

ARTICLE. Hier, la Fédération Française de Rugby a autorisé les « trans-identitaires de genre » à participer aux compétitions officielles de rugby en France. La mort programmée du rugby féminin ?

La Fédération française de rugby autorise les personnes transgenres à participer aux compétitions

À l’occasion de la « journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie », la Fédération française de rugby a annoncé dans un communiqué « l’inclusion des Trans Identitaire (TI) au sein de ses compétitions officielles à partir de la saison prochaine ».

Une décision qui va dans le sens de la législation française

Une décision saluée par Serge Simon, Vice-président de la FFR : « Le rugby est un sport inclusif, de partage, sans distinction de sexe, de genre, d’origine, de religion. La FFR est intraitable contre toute forme de discrimination et œuvre au quotidien pour que chacun puisse exercer sans contrainte son libre-arbitre dans le rugby ».

Déjà en mars dernier, nous alertions sur le vote par l’Assemblée nationale d’un amendement visant « à offrir les mêmes garanties de protection aux personnes transgenres dans l’accès à la pratique sportive que celles déjà offertes aux femmes ». Cet article nous avait valu un rappel à l’ordre de Libération, de Arte et de Franceinfo. Ces médias avaient alors expliqué que l’amendement concernait seulement « le sport de loisir et pas la compétition de haut niveau » ; affirmation que nous avions contestée dans un droit de réponse.

Or visiblement, les faits nous donnent raison. Il n’aura pas fallu longtemps pour qu’une fédération sportive nationale s’appuie sur la nouvelle législation française, si bienveillante vis-à-vis des dérives de la théorie du genre, pour inclure les athlètes transgenres dans son règlement. Car le comité directeur de la Fédération Française de Rugby, à la lumière de l’étude « en toute objectivité » de sa « Commission Anti-Discriminations et Egalite de Traitement » a voté à l’unanimité l’inclusion des Trans dans ses compétitions officielles.

Concrètement, la FFR autorise tous les transsexuels (c’est-à-dire les personnes qui ont changé de sexe, par la prise d’hormones et/ou de la chirurgie) à « évoluer dans toutes les compétitions officielles organisées par la FFR, dans la catégorie du sexe administratif, sans aucune condition préalable ». En plus des transsexuels, la FFR autorise les transgenres (c’est-à-dire les personnes qui se sentent du sexe opposé mais qui n’ont pas changé de sexe) à évoluer dans toutes les compétitions officielles, sous conditions.

Une question de testostérone ?

Parmi les conditions imposées par la fédération, la personne transgenre (personne née homme qui se sent femme, et pas l’inverse) doit notamment prouver qu’elle suit « un traitement hormonal depuis a minima 12 mois » et qu’elle ne doit pas dépasser le seuil de 5 nanomole/Litre du taux de testostérone. Ce seuil de 5nmol/l a déjà été choisi par la fédération internationale d’athlétisme ou par l’Union cycliste internationale.

On pourrait effectivement penser qu’en limitant le taux de testostérone des personnes transgenres, les risques de blessures dans les compétitions féminines pourraient être limitées, la testostérone jouant pour beaucoup dans le développement musculaire. Mais si le taux moyen de testostérone chez les hommes de 20 à 45 ans est de 10 à 30 nmol/l, le taux moyen est seulement de 0,5 à 3,1 nmol/l chez les femmes de 20 à 45 ans, soit bien moins que le plafond de 5nmol/l prescrit par la FFR.

Mais ce n’est pas tout. La décision de la FFR va également à l’encontre de la recommandation de la Fédération internationale de rugby (World Rugby).  Cette dernière, dans un communiqué l’an dernier, avait déconseillé aux transgenres de participer aux compétitions féminines, études à l’appui. Dans le résumé de ses recherches, World Rugby avait notamment souligné les différences de performance entre les femmes et les personnes nées homme : « Les hommes ont une masse musculaire supérieure, une plus grande section transversale musculaire, des leviers plus longs (squelette différent), moins de masse grasse, une rigidité tendineuse supérieure et une capacité cardiovasculaire supérieure (cœur et poumons plus gros, plus d'hémoglobine) ».

Dans la conclusion de son étude, la fédération internationale ajoute que : « La réduction de la testostérone ne supprime qu'environ un cinquième des avantages musculaires et de force. » Par exemple, la masse corporelle, le volume, la force et la puissance ne sont que peu affectées par la suppression de la testostérone.

Par sa décision, la Fédération Française de Rugby ouvre donc une dangereuse boîte de Pandore et pourrait mettre en danger les athlètes engagées dans les compétitions nationales de rugby, sport de contact déjà concerné par de nombreuses blessures chaque année.

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