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Masque en extérieur : bientôt la fin de la blague ? Abonnés

ARTICLE. Alors que la Creuse et l’Ardèche voulaient mettre fin à l’obligation absolue du port du masque en extérieur, ils y ont renoncé, en attente d’une harmonisation nationale. Lundi, Olivier Véran persistait à l’interdire, malgré son inutilité en extérieur, l’associant au succès de la campagne de vaccination.

Masque en extérieur : bientôt la fin de la blague ?

Le 20 mai, les habitants de la Creuse auraient pu à nouveau se promener sans masque sous certaines conditions. La préfète du département, Virginie Darpheuille l’avait annoncée au micro de France Bleu Creuse. Les habitants du département se voyaient offerts un grand bol d’air. Si le masque restait obligatoire dans les commerces ou au marché, il devenait facultatif dans la rue, dans le cas où ces dernières auraient été peu fréquentées. La préfète promouvait ce qui faisait tant défaut à notre époque et nos gouvernants : le bon sens. Avant, malheureusement de faire marche arrière.

Seulement 5 % des contaminations en extérieur.

La Creuse n’était pas la première à vouloir assouplir les directives gouvernementales sur le masque. Depuis le 4 mai, les habitants des Alpes-Maritimes peuvent s’en priver dans les espaces verts, mais aussi au bord des plans d’eau ou du littoral. Des mesures qui peuvent s’appuyer sur les constats de l’Institut Pasteur. L’Ardèche souhaitait également rendre le masque facultatif, avant, elle aussi de se rétracter. Seule la Charente-Maritime persiste à passer outre la directive nationale portée par Olivier Veran.

Des restrictions en extérieur qui font toujours polémiques. Dans son “Étude des facteurs sociodémographiques, comportements et pratiques associés à l’infection par le SARS-CoV-2”, publiée le 9 mars 2021, l’Institut Pasteur avait jeté déjà un pavé dans la mare. Analysant la période d’octobre 2020 au 31 janvier 2021, il avait abouti à cette conclusion : seulement 5 % des contaminations avaient lieu à l’extérieur. Et force est de constater que, malgré les manifestations et regroupements illégaux en extérieur, aucun foyer de contamination n’a été constaté.

Au-delà d’une étude franco-française, de nombreuses publications de par le monde ont abouti à une conclusion similaire : les restrictions en extérieur sont trop strictes. Interrogé par National Geographic, Jonathan Proctor, chercher postdoctoral à la Harvard Data Science Initiative et au Center for the Environment explique que : « L’une des conclusions les plus probantes [à tirer] de la littérature scientifique c’est que la transmission en extérieur est moindre que celle en intérieur » . Seuls les cas d’une trop grande proximité physique associée à la longue temporalité de cette situation pourraient être favorables à la diffusion du virus en extérieur.

Le sort du masque à l’extérieur lié à la campagne vaccinale

Malgré ces constats, malgré cette demande de bon sens, le gouvernement ne compte pas en finir avec cette obligation générale. Interrogé le 4 mai par Europe 1, il s’était refusé à fixer une date tout en précisant “j’espère que ce sera cet été”. Mais qu’attend-il pour se décider ? “Nous pensons très fortement c’est qu’elle (ndlr : la vaccination) protège des risques de contamination et donc de diffusion du virus et du risque d’épidémie. Ainsi, quand suffisamment de Français seront vaccinés, nous pourrons baisser la garde”. Des propos qu’il a réitérés par la suite, au micro de BFMTV.

Le sort du masque extérieur se retrouve donc associé à la vaccination. Preuve en est que le gouvernement, après une gestion désastreuse en début de crise, a décidé d’appliquer le principe de précaution jusqu’à l’extrême. Même si les études confirment que le bon sens civique suffirait amplement à limiter la prolifération du virus en extérieur. Mais ce serait responsabiliser les Français. Et ça, le gouvernement, si apte à les infantiliser, s’y refuse.

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