Menu
Région
Grenoble
À Grenoble, un « mois décolonial » parrainé par Sciences Po et par la mairie EELV Abonnés

ARTICLE. En juin devrait se tenir le “mois décolonial” à Grenoble, événement qui soutient l’existence d’un « racisme systémique » en France et qui affiche (entre autres) comme soutiens la mairie écologiste d’Éric Piolle ou encore Sciences Po Grenoble.

À Grenoble, un « mois décolonial » parrainé par Sciences Po et par la mairie EELV

Ces derniers temps, de nombreuses personnalités proches du parti d’Europe Europe écologie les verts se sont plaints du traitement médiatique réservé à chacune de leurs incartades. Mais est-ce vraiment de notre faute si ce parti, si ses élus et ses militants ne cessent de multiplier les frasques politiques ? Ne cessent de vouloir susciter l’ire de leurs opposants ? Le Tour de France et les menus végétarien avant hier, la mosquée de Strasbourg et l’aviation hier et aujourd’hui, le “mois décolonial” en juin, dans la ville du maire Éric Piolle (EELV), Grenoble.

Taha Bouhafs et Rokhaya Diallo invités

Pendant un mois, les organisateurs entendent à travers divers ateliers sobrement intitulés : “racisme systémique”, “décolonisons les arts”, “Ecologie décoloniale”, “violences policières”… réagir aux événements de ces dix dernières années :”Printemps arabes, Black Lives Matter, Me Too, Fridays For Future, la dernière décennie est secouée par une furieuse et réjouissante envie d’en finir avec le mépris. Partout dans le monde, les peuples expriment leur désir d’émancipation, de liberté, de renouveau et d’égalité“. Entourés de figures proches des mouvements indigénistes (pêle-mêle : Rokhaya Diallo, Fatima Ouassak, Said Bouamama ou bien encore Taha Bouhafs), ils “valoriseront celles et ceux qui portent une parole innovante, politique, contemporaine et pertinente”.

Bien évidemment, les associations ont prévu la suite. Conscientes des critiques qui devraient pleuvoir à la suite de l’organisation d’un événement polémique, elles ont trouvé la parade : “Partout, cette énergie stimulante et cette dynamique salutaire sont confrontées aux postures défensives”. Mais qui oserait observer cette « posture défensive » ? “Une minorité bien assise, arc-boutée sur ses privilèges hérités d’un autre âge”. La notion d’héritage n’est pas anodine. N’oublions pas qu’il s’agit de “décolonialisme” ; on imagine aisément la couleur de peau de ceux qu’ils honnissent.

Sciences Po Grenoble et la mairie parrainent le “mois décolonial

Si la mairie de Grenoble n’est pas à l’initiative du projet qui appelle à “déconstruire l’imaginaire colonial”, elle en est tout de même l’un des parrains. Le “mois décolonial” est porté par quatre associations : Peps (Pour une écologie populaire et sociale), Survie qui « dénonce la Françafrique, en menant des campagnes d’information et d’interpellation », Contre-courant, association étudiante de Sciences Po Grenoble et enfin Mix’arts, dédié à la promotion et la diffusion culturelle.

Sciences Po Grenoble avait été épinglée en mars quand des élèves de l’Institut d’études politiques (IEP) avaient taxé d’islamophobie deux de ses professeurs. L’établissement s’était défendu de tout “islamogauchisme”, alors que les syndicats étudiants s’insurgeaient contre le procès qu’il leur était fait – sans un mot de soutien pour les professeurs. Ce même Sciences Po Grenoble qui trône dans les soutiens de ce “mois décolonial”. Si l’on peut débattre sur l’existence ou non de l’“islamogauchisme”, difficile de nier la complaisance de cette école avec une idéologie qui flirteavec un racisme de gauche malheureusement toléré par l’époque.

Réaliser la présence de la mairie de Grenoble sur l’affiche de l’événement est par ailleurs tout aussi navrant. Malheureusement, cela fait bien longtemps que nous avons pu constater la porosité qui existe entre la mouvance indigéniste et une partie de la gauche, les écologistes en premier lieu. Difficile, alors, de continuer à nourrir le moindre espoir les concernant. Mais est-ce vraiment de notre faute ?

commentaireCommenter

Nation