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Pour la gauche woke, un pouce levé d’Éric Zemmour vaut condamnation morale Abonnés

ARTICLE. Invité mercredi 26 mai de l’émission « Zemmour & Naulleau » sur Paris Première, Hadrien Mathoux, journaliste à Marianne, est critiqué sur les réseaux sociaux par une partie de la gauche – du côté des Insoumis notamment. Son tort ? Avoir vu Éric Zemmour, le pouce levé, adhérer à une partie de ses propos. Quand la gauche devient incapable de répondre sur le fond, elle en est réduite à isoler une image en guise d’argument.

Pour la gauche woke, un pouce levé d’Éric Zemmour vaut condamnation morale

Hier a vu naître une énième polémique navrante, dont les réseaux sociaux se sont fait une spécialité. Invité dans l’émission de Paris Première, “Zemmour et Naulleau”, le journaliste de Marianne Hadrien Mathoux (que nous avons déjà eu le plaisir d’interroger) est devenu la cible du soir d’une partie de la France Insoumise. Qu’avait-il donc bien pu faire, bien pu dire pour mériter une telle déferlante d’attaques ? Rien du tout. S’il a été attaqué, c’est à cause d’Éric Zemmour. Car Hadrien Mathoux a eu comme seul tort de voir le polémiste adhérer à ses propos, en levant le pouce.

Voilà qui était suffisant pour cette gauche (militants LFI en tête) qui ne sait plus penser, et ne vit que par l’image et les séquences tronquées. Lors de cette courte vidéo d’environ 2 minutes, Hadrien Mathoux a déclaré que : “La gauche n’est plus le parti de la sécurité économique et sociale, mais c’est le parti de l’insécurité culturelle et identitaire”. C’est à la fin de cette déclaration que l’éditorialiste du Figaro a levé le pouce.


Un plaidoyer pour une gauche économique et sociale

Probablement que certains à gauche se sont vus un peu trop concernés par ce triste constat. C’est notamment le cas de David Guiraud, porte-parole Jeunesse de la France Insoumise qui a twitté : “Normalement quand tu es de gauche c’est censé faire tilt pendant que tu parles cette image. Mais non la le (sic) journaliste de Marianne continue tranquille sans se demander s’il n’y a pas comme un — léger — souci”. Imaginez, Hadrien Mathoux n’a pas osé s’arrêter en plein raisonnement parce que Zemmour appréciait le constat fait. Un tweet sectaire, approuvé entre autres par le YouTubeur débauché par MediapartUsul et, plus surprenant (quoique), le journaliste et présentateur d’Arrêt sur images Daniel Schneidermann.


Mais ont-ils seulement écouté la suite de la séquence ? Si tel était le cas, ils auraient entendu Hadrien Mathoux recentrer son propos sur “la première partie” qui “est importante, attention, on l’oublie trop souvent”. À savoir donc, un plaidoyer pour une gauche économique et sociale avant tout, une gauche qui retrouverait ses racines. Mais comment peut-on s’affirmer de gauche et désapprouver ce propos ? Quand bien même Éric Zemmour approuverait le constat ? À quel degré de malhonnêteté intellectuelle faut-il être pour aboutir à ce résultat ?

Un propos argumenté et concis, résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour

C’est là l’un des drames de l’époque : on traque le dérapage, on isole la petite phrase, la petite image pour ensuite dénoncer, balancer, et alimenter l’infernale machine à buzz. Le propos, argumenté et concis, d’Hadrien Mathoux se retrouve résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour. Cette partie de la France Insoumise est incapable de se défendre sur le fond, de défendre son virage sociétal. David Guiraud et ses supporters n’ont sans doute pas apprécié ce constat du journaliste : “Il y a un décalage de la gauche sur ce que pense une majorité de Français sur l’immigration, l’islamisme et l’insécurité.”


Quelque part, la suite était écrite. L’auteur de l’ouvrage “Mélenchon : la chute — Comment la France Insoumise s’est effondrée” est devenu un ennemi de la gauche insoumise. À la fin de la séquence, il avait d’ailleurs complété cette dernière citation ainsi : “Vous avez une partie (de la gauche) qui va accuser ceux qui en parlent de fascisme”. Bien évidemment, l’histoire lui a vite donné raison, l’adhésion de Zemmour étant devenu un synonyme de fascisme pour cette gauche devenue incapable de penser autrement que par raccourcis.

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