Menu
Nation
Racisme
À Cergy, l’agression d’un livreur illustre la montée des tensions communautaires en France Abonnés

ARTICLE. Un livreur noir a été agressé par une personne magrébine se définissant comme : “Algérien”. Filmé par une voisine, il s’est alors mis à déverser un torrent d’insultes racistes à son encontre. Une expression de ce fléau qui détonne, et met en lumière la violence du racisme intercommunautaire.

À Cergy, l’agression d’un livreur illustre la montée des tensions communautaires en France

Le racisme s’est ouvertement exprimé, ce dimanche soir. Il a été d’une violence verbale inouïe, sidérante, mais pas uniquement. Il s’est aussi exprimé sous la forme d’une agression physique qui a fait couler le sang, maculant le trottoir d’un restaurant à Cergy. Un homme passablement agressif frappait à plusieurs reprises un livreur noir de la société Uber Eats. Jusqu’alors, tout dramatique que fut l’altercation, rien n’en attestait le caractère raciste. Mais quand une voisine, noire également, s’est mise à filmer la scène, le jeune homme de type magrébin s’est mis à déverser un flot d’insultes raciste à son encontre.

La vidéo postée le lendemain sur twitter est vite devenue virale. La victime et l’auteur de la vidéo ont tous deux porté plainte au commissariat de Cergy-Pontoise. À l’origine de l’altercation, une incivilité du quotidien. Joseph, le livreur, attendait de récupérer une commande aux portes d’un restaurant. Portable à la main, il avait mis sa musique sur haut-parleur. À quelque pas de lui, l’agresseur lui a demandé de réduire le son. Après l’avoir fait une première fois, la victime a refusé de se soumettre à une deuxième injonction. S’en est suivi un coup de poing par derrière et une avalanche de coups et de cris, devant un restaurant où personne n’a daigné lever le petit doigt pour tenter de faire cesser l’altercation. La voisine, réveillée, a appelé la police et filmé la réaction de l’assaillant.

“Nous les Algériens on vous a vendu comme du maïs"

Ce dernier, passablement excité, s’est mis à l’insulter haineusement : “espèce de négresse” “ Grosse chienne “sale pute””… Puis il a enchaîné en mettant en avant ses origines “je suis algérien et je nique ta mère, toi et ton mari”, “Pendant 800 ans on vous a vendu comme du bétail”, “nous les Algériens on vous a vendu comme du maïs". La diatribe immonde ne pouvait que sidérer les bonnes âmes qui découvraient ainsi l’existence de ce qu’elle niait jusqu’alors : l’existence d’un racisme qui n’impliquerait pas les blancs.

Sur twitter, l’égérie de la pensée racialiste bien-pensante, “Mélusine”, a ainsi exposé son analyse : “Ces derniers jours, plusieurs agressions racistes et négrophobes mobilisant l’esclavage comme levier d’humiliation et de déshumanisation. Une actualité qui montre bien le danger qu’il y a à relativiser son héritage, au nom de la distance temporelle ou du roman national.” Que vient faire le roman national dans cette affaire ? Et le roman de quelle nation ?

Quant à la figure de proue du mouvement woke français, Rokhaya Diallo, aucune réaction sur twitter. À peine deux retweets : l’un de l’inénarrable Aurélien Taché et le second, de Redwane Telha, journaliste pour France Inter qui a écrit “Comment peut-on se présenter fièrement comme algérien tout en étant négrophobe ?” Comme si l’un devait naturellement empêcher l’autre ! Au-delà de son essentialisme pseudo-bienveillant, cette interrogation absurde est caractéristique des œillères idéologiques d’une certaine gauche bien-pensante.

“Un jeune homme qui lui aussi venait du continent africain, c’est quand même bizarre”

Dans cette époque qui tend au “woke”, le racisme se doit d’être “systémique”, “patriarcal”, en clair, être l’apanage des blancs occidentaux. Si ces derniers sont traités de “sales français”, “sales blancs”, “face de craies”, ce ne sont aucunement les preuves de l’existence d’un racisme “anti blancs”, nous serine-t-on. Mais que faire dans le cas du racisme exprimé par une personne magrébine vis-à-vis d’une personne noire ?

Invitée à s’exprimer chez Cyril Hanouna, dans l’émission “Touche pas à mon poste”, la voisine insultée a raconté : “il n’avait pas bu d’alcool, il était motivé par la rage, je ne sais pas d’où elle venait. En plus, c’était un jeune homme qui lui aussi venait du continent africain, c’est quand même bizarre”. Une analyse qui en dit long sur la désinformation qui sévit dans notre pays. Il faut dire que nos gouvernements n’ont pas aidé. En 2006, Christiane Taubira estimait qu’il ne fallait pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane lorsqu’on parlait d’esclavage.

Au Maghreb sévit un racisme « ordinaire » vis-à-vis des noirs

Une manipulation qui date de la loi 21 mai 2001, appelée “loi Taubira” sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Elle avait pris soin de la résumer à la “traite négrière transatlantique” et “l’esclavage d’autre part, perpétré à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes”. Plus tard, cette même Christiane Taubira considéra explicitement dans l’Express qu’il ne fallait pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane en évoquant l’esclavage. Pire encore, elle reprochait à Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur d’université, “payé par l’Éducation nationale sur fonds publics”, d’enseigner “la traite arabo-musulmane” et “la traite intra-africaine”, à ses étudiants.

Comment en vouloir dès lors à cette voisine de tomber des nues face à ce tombereau d’insultes qui lui a été adressé ? Pourtant, le racisme au Maghreb est traité en France, comme l’atteste cet article du Monde, paru le 21 juillet 2020, titré le “Black Lives Matter mobilise peu au Maghreb malgré un racisme « ordinaire »”. Chez certains Algériens, Marocains ou Tunisiens, il existe un véritable mépris, un véritable racisme envers les personnes de couleur noire. Le mythe d’un continent africain uni dans l’oppression n’est qu’une histoire, une fable auxquelles veulent se rattacher certains Occidentaux paternalistes versés dans l’autoflagellation. L’antiracisme et l’indigénisme sont un business qu’il leur faut préserver, au mépris du réel.

commentaireCommenter