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L’Évangile selon Saint Finance Abonnés

CRITIQUE. Louis Bachoud est Ingénieur Arts et Métiers, architecte, urbaniste. Il a vécu et construit dans de nombreux pays d’Occident et d’Afrique.

L’Évangile selon Saint Finance

L’évangile selon Saint Finance est un ouvrage sans concession. Un fusil à deux coups qui tire à vue sur cette humanité domestiquée par l’argent et sur celui qui les tient en laisse, ce Dieu Monnaie universel qui réconcilie la laïcité avec les religions, quelques créanciers à une pléiade de débiteurs. Comme l’indique Jean Baptiste de Foucaud, ancien commissaire au Plan, dans sa préface : Dieu Monnaie « a son moteur, l’esprit du profit ; ses moyens d’action, la finance, ses troupes, ses évêques, ses prêtres et fidèles. »

Pour conjurer la peur, exacerber ses plaisirs, s’imposer des rites, l’humanité a créé ses dieux. Les religions ont permis les civilisations. C’est-à-dire mettre sous le même toit des cultures différentes.

Depuis, les états ont remplacé les règles religieuses par des constitutions, des lois et des droits pour l’homme. Le Judaïsme par nature ne peut s’étendre, le Christianisme est devenu religiosité et l’Islam était, jusqu’au pétrole rendu bien de consommation, une religion muette.

Les monothéismes, tous méditerranéens se sont affrontés et continuent de perpétrer aujourd’hui cet antagonisme mais au profit d’un nouveau Dieu, Dieu Monnaie, qui gère le plus grand nombre.

À la naissance du troisième monothéisme, la population sur cette terre était environ de 200.000.000 d’humains. Jusqu’au XVIIIème siècle, on pourra appeler cette époque les temps du qualitatif.

À compter du milliard et de l’exponentielle actuelle, nous sommes entrés dans une période qui est celle de la « gestion du quantitatif » de l’humanité. Le « mondialisme » est son illustration.

En 2020 nous avons atteint 7 milliards huit cent millions. Cet accroissement extravagant de l’homme sur terre a comme conséquence l’obligation de soumettre à un système de règles les populations, basées sur le plus grand commun dénominateur de tous, c’est-à-dire l’échange du consommable donc la monnaie. Dieu Monnaie est né avec la gestion du quantitatif.

L’humanité a ainsi enfanté son nouveau Dieu, le quatrième, qui à lui seul, par son clergé de financiers et son pape Saint Finance, une forme tardive du mot πάππα (pappa) déjà sanctifié, dirige le monde.

Les quatre monothéismes sont en accord avec lui et laissent prospérer la voix de ce Dieu Monnaie. La maison d’Abraham est villégiature pour Le BRI, Le FMI, et le forum de Davos. Dieu Money connait les hommes et profite de leurs appétits pour le « toujours plus » de plaisir et de pouvoir. Il joue d’un moteur qui est l’esprit de profit et de possession de l’homme et il lui fait maintenant comprendre qu’il peut se passer de lui comme « être » pour n’être qu’« existence ».

L’intelligence artificielle qu’il a commandée à son clergé va remplacer lentement « homo sapiens » pour créer « homo algorithmus », le post-humain.

L’ignorance s’étend dans le monde et par les histoires recomposées le principe dit de vérité offre à chacun sa convenance. Deux grands fondements sont enseignés par Saint Finance et qui conviennent évidemment à tous :

- chacun de vous est unique et irremplaçable ;
- chacun de vous a les mêmes besoins.

Ainsi la loi des grands nombres joue et l’homo sapiens s’abime dans une domestication où son utilité sera mesurée en fonction des besoins de Dieu Monnaie. Le sens du sacré de la vie disparait lentement et l’espoir est que la première femme d’Adam, Lilith, née de la même argile puisse donner naissance à nouveau à l’homme au Corps Vivant.

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