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Accusé de favoriser ses propres services, Google paiera 220 millions d’euros d’amende à la France Abonnés

ARTICLE. Le géant américain Google a été condamné par l’Autorité française de la concurrence française à une amende de 220 millions d'euros. Une première mondiale concernant la gestion et l’utilisation commerciale des algorithmes.

Accusé de favoriser ses propres services, Google paiera 220 millions d’euros d’amende à la France

La chose est inédite : pour la première fois, après décision administrative, l’un des GAFAM devra mettre la main au porte-monnaie pour une affaire concernant les algorithmes. Le 7 juin, l’Autorité de la concurrence a en effet publié un communiqué actant une sanction décidée contre Google, qui devra s’acquitter d’une amende de 220 millions d’euros. Le géant américain paie ici le prix de ses pratiques publicitaires. Elle a favorisé ses propres services de publicité en ligne, créant de fait les conditions d’une concurrence déloyale.

À la racine de la polémique, le serveur publicitaire de Google, DoubleClick for Publishers, utilisé pour mettre en vente des espaces publicitaires. Le problème : ce serveur donnait des informations sur les offres proposées par la concurrence à sa propre technologie d’enchères en temps réel, Google AdX. De plus, l’Autorité de la concurrence a découvert au cours d’une enquête au long cours (un an), que les outils de Google – dont AdX  – offraient de meilleures options d’interopérabilité à ses propres outils qu’à leurs rivaux. Flagrant délit d’auto-favoritisme, en somme.

Google veut éviter le procès

Face à cette injustice, trois groupes de presse, News Corp, Figaro et Rossel avaient saisi l’Autorité de la concurrence (Le Figaro n’est pas allé au bout de la démarche). Après son enquête qui a abouti en automne 2020, l’organisme indépendant au service de la compétitivité et du consommateur a conclu à la culpabilité de Google, qui n’a pas souhaité aller jusqu’au procès, et a cherché avant tout à négocier. C’est en mai 2021, lors d’une audience, que le montant de l’amende a été fixé. Montant de la facture : 2 % des bénéfices de Google en 2020.

Pour éviter qu’une telle affaire ne se reproduise, Google s’est engagé dans un accord contraignant d’une durée de trois ans. Ce n’est pas la première fois que Google est dans le collimateur de la justice ou de ses concurrents, pour des motifs comparables. La filiale du groupe Alphabet devra faciliter l’utilisation de ses outils de publicité à ses concurrents. Cinq engagements ont été pris, dont l’arrêt des transmissions des offres concurrentielles à son propre service d’enchères publicitaires. La société a expliqué rester “à l’écoute des commentaires Et de comprendre : “nous continuons d’apporter des modifications pour mieux servir les utilisateurs et l’écosystème au sens large. “

La France fait plier Google

Le géant américain fait face à de nombreuses attaques de par le monde. Notamment aux États-Unis, où les éditeurs et les sociétés de technologie publicitaire ont exprimé des inquiétudes similaires. Le marché conclu avec la France est un premier pas vers une harmonisation des pratiques au niveau mondial, comme l’explique Maria Gomri, directrice juridique de la firme sur le marché français : Google testera ses modifications “au cours des prochains mois avant de les déployer plus largement, y compris certaines à l’échelle mondiale". La France est toujours suffisamment forte pour faire plier un géant mondial. Mais jusqu’à quand ?

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