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Face au harcèlement des Sleeping Giants, Valeurs Actuelles et CNews contre-attaquent Abonnés

ARTICLE. Harcelés en ligne par le groupe militant Sleeping Giants, Valeurs Actuelles et CNews ont décidé de contre-attaquer. Ils ont tous deux porté plainte contre ce collectif qui incite les grandes entreprises à cesser le financement de ces médias via leurs annonceurs publicitaires. Et qui, de fait, n’ont qu’un but : museler la liberté d’expression.

Face au harcèlement des Sleeping Giants, Valeurs Actuelles et CNews contre-attaquent

Après avoir subi des mois d’attaque sur les réseaux de la part des Sleeping Giants, Valeurs Actuelles et CNews ont décidé de contre-attaquer. Sur les réseaux sociaux, le “collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine” ne cesse de dénoncer les entreprises qui financent les deux médias par le biais de la publicité. Le manque à gagner est devenu si conséquent qu’il plonge Valeurs Actuelles – un des rares organes de presse écrite à vivre de ses lecteurs sans subvention – dans l’embarras financier.

La plainte a été déposée le 4 juin dernier par le groupe Valmonde et Cie, propriétaire de l’hebdomadaire. Le motif : dénoncer des “faits de discrimination, à raison des opinions politiques, et de nature à entraver l’exercice normal d’une activité économique”. CNews a également fait de même, comme il l’a confirmé au quotidien Le Monde. De son côté, Sleeping Giants nie être au courant : “Nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer quoi que ce soit puisque nous n’avons rien reçu”, déclarent-ils. Évidemment.

La police de la pensée sur les réseaux sociaux

L’antenne française du groupe, qui a vu le jour en 2017 sur les réseaux sociaux, est une émanation du même mouvement initié aux États-Unis. Lancés en 2016, après l’élection de Donald Trump, les Sleeping Giants partagent des objectifs similaires dans tous les pays où ils sont implantés : “alerter ces marques qui, en achetant de la publicité programmatique, ignorent le plus souvent où leurs annonces sont diffusées”. Comprenez : les médias et entreprises qui ne correspondent pas à leur cadre idéologique.

En France, Valeurs actuelles, CNews, ou bien encore Boulevard Voltaire, sont dans leur collimateur. Ils véhiculeraient selon eux des idées “nauséabondes”, rappelant le “vocabulaire de la fachosphère”.

Alors, ils dénoncent, ils balancent. Comme ce 15 juin, où ils ont tweeté :”Regardez où Google a placé votre pub, nous ne pouvons imaginer que #ValeursActuelles soit un média en phase avec votre entreprise ou votre image de marque. Svp, agissez”. Sur les réseaux sociaux, ils ne pèsent pourtant pas bien lourd. 31.200 d’abonnés à peine. Mais ils disposent d’un pouvoir de nuisance considérable. Pourtant, ils jurent ne pas être mal intentionnés : “Nous ne les (ndlr, les annonceurs) interpellons jamais deux fois. Si elles ne réagissent pas, ou choisissent de rester, nous n’allons pas plus loin”.

Un combat militant et hypocrite

L’hypocrisie est totale. Le collectif, proche de l’extrême gauche, sait bien qu’il dispose d’une armée de militants, de comptes plus ou moins influents, qui ne se priveront pas de faire pression à mainte reprise sur ces annonceurs. Lesquels se trouveront alors submergés par une vague contestataire – qui tient plus, en réalité, du miroir déformant. Alors, elles prennent peur. Il est bien plus simple de créer un hashtag #BlackLivesMatter pour bien se faire voir des consommateurs, que d’assumer un bad buzz sur internet.

Sur le pluralisme du paysage médiatique français, les conséquences de leurs agissements sont tout à fait concrètes. Tugdual Denis, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, déclarait ainsi que les Sleeping Giants leur faisaient “perdre beaucoup d’argent”.

De fait, l’entreprise Taboola, qui gérait une partie des réclames de l’hebdomadaire, s’est rétractée à l’issue de l’une de ces campagnes de dénigrement qui a suivi « l’affaire Obono », en août 2020. Le manque à gagner a représenté quelque trois millions d’euros sur trois ans. Quant à elle, CNews a vu les entreprises déserter les créneaux publicitaires jouxtant l’émission Face à l’info. La présence du polémiste Éric Zemmour est devenue insupportable aux yeux de Sleeping Giants.

Quand Le Monde demande à la porte-parole du groupe si elle craint l’aboutissement des plaintes déposées par les victimes, elle botte en touche, dans un inversion des valeurs assez osée : “Ces procès-baillons sont d’abord faits pour nous intimider”. Et conclut : “il faudrait d’abord que l’on nous identifie”.

La lutte, oui, mais sous couvert d’un anonymat lâche. La justice, oui, mais sur Twitter, pas devant une cour. En somme, tout ce que charrient de pire les réseaux sociaux, sous l’œil d’entreprises obsédées par leur image de marque, mais dont dépend malheureusement la liberté d’expression.

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