Menu
Nation
Ecologie
Fermer l’aéroport du Bourget ? Le projet inapplicable des écolos pour les régionales Abonnés

ARTICLE. Julien Bayou, tête de liste EELV à la présidence de l’Île-de-France, a annoncé vouloir fermer l’aéroport du Bourget… pour le remplacer, entre autres, par l’extension du marché de Rungis, et par un « grand parc ». Mais cette fermeture étant du ressort de l’État, la proposition n’a pratiquement aucune chance d’aboutir. Alors, simple promesse de campagne inapplicable ?

Fermer l’aéroport du Bourget ? Le projet inapplicable des écolos pour les régionales

L’aéroport du Bourget va-t-il survivre à ces régionales ? Plusieurs candidats à la présidence de la région Île-de-France, Clémentine Autain (LFI), Audrey Pulvar (Île-de-France en Commun, liste soutenue notamment par le PS) mais surtout Julien Bayou (EELV) souhaiteraient le faire disparaître, comme ils l’ont confirmé en débat le 13 juin sur LCI. Pour le candidat écologiste, il s’agit de mettre fin aux pollutions et aux nuisances sonores provoquées par le site.

Des formations à l’économie circulaire ou à l’agroécologie ?

Le candidat EELV souhaite donc effacer une infrastructure reconnue mondialement. Au-delà du symbole, ce sont également 3500 emplois directs qu’elle abrite et qui seraient appelés à disparaître. À la place, le Bourget serait transformé « en dix ans ». Il accueillerait l’extension du Marché d’intérêt national de Rungis, situé dans le Val-de-Marne. Cette extension est d’ores et déjà prévue dans la zone du triangle de Gonesse (Val-d’Oise), mais les écologistes s’opposent au bétonnage de la zone.

L’autre partie des 500 hectares du Bourget serait consacrée, d’après le Parisien, à « des formations à l’économie circulaire ou à l’agroécologie ». Des formations certainement très intéressantes, mais dont on peine à comprendre exactement ce dont il s’agit. Enfin, les pelouses environnantes pourraient « trouver une fonction nourricière et récréative avec des espaces de maraîchage et de loisirs. »

Les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient…

Même si Bayou se raccroche à l’exemple de l’aéroport berlinois de Tempelhof, fermé en 2008, difficile de ne pas parler d’utopie. Dans le cas allemand, l’aéroport a été par la suite reconverti en parc municipal. Mais en France, il n’est pas dans les pouvoirs de la région de prendre une telle décision. Et ça, le secrétaire national d’EELV n’est pas sans l’ignorer, puisque lui-même reconnaît que « la décision de fermer un aéroport est au final du ressort de l’État ». Preuve de l’amateurisme de cette idée démagogique : une absence totale de chiffrage des coûts et de plan de financement. Un mécanisme qui n’est pas sans rappeler la proposition de Benjamin Griveaux de remplacer la gare de l’Est par un « Central Park », lors de sa campagne pour les municipales parisiennes de 2020…

Car le Bourget n’est pas un emplacement anodin, ou désaffecté. Jusqu’à présent, près de 180 000 passagers y transitaient chaque année. En 2019, 54 646 mouvements d’avions y ont été relevés. Si de tels chiffres peuvent paraître faibles, mais qui s’explique par la nature même de cet aéroport : celle du premier aéroport d’affaire d’Europe. Outre son activité quotidienne, le Bourget est reconnu mondialement pour son salon international de l’aéronautique et de l’espace. En réaction, les élus ont pointé du doigt l’absurdité de la mesure. Comble de l’ironie, même l’association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar) s’est déclarée défavorable à la proposition de Julien Bayou.

L’écologie ne mérite-t-elle pas mieux que ce genre de proposition uniquement placée dans un programme pour faire parler d’elle ? EELV, suivi par l’ensemble des forces de gauche progressiste, nous offre ici sa réponse.

commentaireCommenter